analyse : comme on voit sur la branche……

«Comme on voit sur la branche… »

Nouvelle continuation de amours (1556), « sur la mort de Marie »

Pierre de Ronsard

Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

 

 

Appelé par ses contemporains le prince des poètes, Ronsard est à l’origine de La Pléiade . Malgré la diversité de ses œuvres, c’est sa poésie amoureuse qui est restée célèbre jusqu’à nos jours et , bien qu’il ait reçu la tonsure, il consacre plusieurs recueils à ses muses et à l’amour. Un grand nombre de ses poèmes développe le thème du Carpe Diem et l’influence de Pétrarque est évidente.

Dans La nouvelle continuation des amours, et plus particulièrement dans « sur la mort de Marie », on pense que  poète pleure la mort de Marie Dupin, une jeune paysanne de Bourgueil ou celle de Marie de Clèves . Ce poème à la fois simple et précieux exprime la tristesse du poète.

 

LES ENTREES :  La comparaison rose/femme ; le temps ; la beauté ; la mort ; la douleur

 

La comparaison Marie/Rose

Ce sonnet se construit sur une comparaison qui respecte la traditionnelle rupture sémantique du sonnet entre quatrains et tercets. Vers 1 « comme » (la rose)  vers 9 « ainsi » (Marie)  ; les quatrains développent le comparant et les tercets , le comparé. Cependant ce poème va plus loin qu’une simple comparaison car la rose est personnifiée et Marie se métamorphose en rose. En effet les termes pour qualifier la rose sont des termes pour la femme : « jeunesse » (v2) ; « grâce » ; « amour » sont les attributs  d’une jeune fille (v5) et  l’attitude est humaine : « Languissante elle meurt » alors que pour la femme , l’expression « première et jeune nouveauté » fait écho à « première fleur »(v2) mais la métamorphose atteint son apogée au dernier vers : « ton corps ne soit que roses » il y a donc une inversion évidente à l’intérieur  même de la comparaison. Mais une comparaison se fait toujours sur un ou des points communs c’est le cas dans ce poème . Marie et la rose ont en commun la beauté : pour la rose « belle »(v2) ; « vive couleur »(v3) ; « grâce »(v5) et pour Marie : « ta beauté »  mais aussi la jeunesse : les deux vers qui y sont consacrés, l’un à la rose (v2), l’autre à Marie (v9) forment à eux deux un chiasme :

« En sa belle jeunesse, en sa première fleur » / « ainsi en ta première  et jeune nouveauté »

Ce qui donne l’impression que l’une est le miroir de l’autre et accentue la ressemblance !!!

De plus les deux meurent jeunes, arrachées malgré elles à la vie ! , La rose : « battue (…) elle meurt » (v7/8) ;  Marie : « la Parque t’a tuée » (v11). De plus la mort intervient en pleine jeunesse  ce qui est signifié par deux CCT : »Quand…. »(V4)  Et « Quand….. »(V10).

 

LA BEAUTE

 

La rose est considérée depuis l’antiquité comme la plus belle fleur symbole de l’amour

 (L’Histoire de la Rose

             » La rose est la fleur de l’amour et la plus populaire fleur de ce monde. » 
                       Elle a été créée par Chloris, la déesse grecque des fleurs, 
                                      mais du corps sans vie d’une nymphe 
                        qu’elle a trouvé un jour dans un effacement dans les bois. 
                           Elle a demandé l’aide d’Aphrodite, la déesse de l’amour, 
                                                      qui lui a donné la beauté;

                 Dionysos, le dieu du vin, du nectar ajouté pour lui donner un parfum doux, 
                           et des trois Grâces lui a été donné le charme, l’éclat et la joie. 
                                 Puis Zéphyr, le vent occidental, a soufflé loin les nuages 
                                              de sorte qu’Apollon, le dieu du soleil, 

                                         a  pu la polir et  en faire la fleur des fleurs.

                                     Et ainsi, Rose est née et était immédiatement reine couronnée des fleurs) http://boitedependore.com/fleurmois/histoirerose.htm

 

De nombreux poèmes de Ronsard évoquent cette fleur majestueuse : « Mignonne allons voir si la rose… » « Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie » etc…  

Dans ce poème elle apparait dès le premier vers avec un déterminant défini « la » qui souligne sa singularité et,  en fait un symbole associé  avec un « on » de généralité qui montre que le poète n’est pas le seul à en faire l’éloge. Le verbe « voir  » (V1) invite à voir la fleur, presque comme  une hypotypose.

C’est donc un merveilleux compliment que de comparer Marie à la Rose. Si on a pu voir que Ronsard utilise la polyptote( le même terme sous ses différentes formes) pour évoquer leur beauté respective, il utilise aussi le thème de la belle matineuse (Le topos de la « Belle Matineuse », femme dont la beauté fait pâlir l’Aurore, prend naissance avec un sonnet de l’italien Rinieri et sera repris par tous les poètes du 16ème S)   ainsi, v3/4 : « rendre le ciel jaloux » , « l’aube de ses pleurs »     et v10 : « Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté » .

De plus la beauté, pour le poète, n’a pas la porté d’une admiration platonique mais  doit être sensuelle  (mettre en jeu les sens), en effet, pour la rose on a la vue « vive couleur », l’odeur, avec le chiasme du vers 6 qui montre l’importance de ce sens pour le poète « embaumant les jardins et les arbres d’odeur » ; le toucher « dans sa feuille »(v5)  quant à la femme  « ton corps » évoque une intimité amoureuse.

 

 LE TEMPS

 

Le temps  est très important dans ce poème pour deux raisons : tout d’abord parce que Marie est morte trop jeune, au printemps  de sa vie, ensuite comme l’exprime le thème (en vogue au 16ème s) du carpe diem, la vie est éphémère, le temps passe  trop vite (cf. les « vanités »). C’est pourquoi tout le champ lexical du temps se concentre sur la notion de « commencement »  avec les termes déjà  vus de « jeune » ou « jeunesse » avec la répétition de « première » mais aussi avec le « mois de mai », ou l’aube » ou l’expression  « au point du jour »  ce moment est pourtant celui que va choisir la mort  ce qui est marqué par l’emploi de prop. Sub. circonstancielles de temps : « quand l’aube…. » (v4) ; « quand la terre….. » (v10).

Pourtant , le « temps » de Marie semble être encore plus court que celui de la Rose , pour cette dernière,  6 vers pour en faire l’éloge et deux pour évoquer la mort. Alors que la jeune femme n’a que deux vers pour l’éloge et un hémistiche pour la mort . Cela donne une impression d’accélération du temps.

Quant aux temps verbaux employés dans ce poème, ils participent évidement à l’organisation temporelle.  Les deux quatrains sont au présent d’habitude (tous les mois de mai) en revanche les deux tercets qui parlent de Marie sont très différents. Le vers 10 qui représente la jeunesse de Marie est à l’imparfait « honoraient » alors que sa mort est donnée au passé composé temps de l’action terminée et rapide et sur un seul hémistiche ce qui montre la brutalité et la soudaineté de la mort « La Parque t’a tuée ». Les vers suivants sont au présent d’énonciation qui correspond à la douleur du poète dans la situation présente « tu reposes » ; « reçois » (impératif présent) ; « ne soit » (subjonctif présent). Le fait qu’il s’adresse à Marie directement et à l’impératif présent rend sa présence presque réelle.

 

LA MORT

 

Le verbe mourir n’apparaît qu’au vers 8 c’est-à-dire, à la fin des deux quatrains évoquant la Rose . C’est pourtant un poème orphique, sur la mort donc, de la femme aimée. Cependant si la mort n’est pas explicitement évoquée dès le début du poème, certains indices semblent l’annoncer. Ainsi la « jalousie » du Ciel et les « pleurs » de l’Aube semblent annoncer un dénouement tragique. De plus on reconnaîtra l’euphémisme dans « se repose » (V 5) souvent employé pour évoquer le repos  éternel. On remarque aussi l’opposition entre la violence de la nature « battue » ou « excessive » (hyperbole) (V 7) et la douceur de la mort, marquée par l’adverbe « languissante » ou l’euphémisme  « déclose » (vers 8) on a donc l’impression que la Rose accepte son sort . On remarque, d’ailleurs, que pour elle , le verbe mourir est utilisée à la forme active et au présent   »elle meurt » (V8). Alors que pour Marie les événements semblent beaucoup plus rapides puisque sa mort intervient en un seul hémistiche et non pas en deux vers comme pour la rose , et que le verbe « tuée » alors employé induit l’idée d’un meurtre d’autant plus  que l’action n’est pas faite par Marie mais bien par la Parque, Marie n’étant que le complément d’objet . Cela , bien sûr, souligne l’impuissance des hommes face à la volonté des dieux et donc l’impuissance du poète devant la mort de la femme aimée.

 

LA DOULEUR

 

le poète rend deux hommages différents à Marie,  celui de l’homme et celui du poète .

L’hommage personnel apparaît avec l’utilisation du déterminant possessif associé à la tristesse marquée par la redondance « mes larmes »,   »mes pleurs «  (V 12) ce qui montre une certaine intimité entre Marie et Pierre de Ronsard et donne plus de force à la douleur qu’il ressent. Cependant nous remarquons aussi l’hommage du poète notamment au vers 13 : l’évocation énigmatique du  » vase plein de lait et du panier plein de fleurs » peut correspondre à un rite antique existant,  mais le démonstratif « ce » laisse à penser que c’est le poème lui-même qui est une offrande et qui représente à la fois le vase et le panier. La mort mise en incise à la césure du dernier vers permet de  dépasser la mort grâce à  l’amour du poète et à  la métamorphose de la femme en rose.

Analyse Le Lac de Lamartine

Analyse de texte : le lac Lamartine                             (introduction donnée à part)

les entrées : le temps qui passe la nature la relation poète femme (l’amour, l’énonciation, lyrisme romantique

le temps qui passe

c’est un poème orphique dans lequel le poète pleure la perte de la femme aimée et regrette le temps où il était à ses côtés. Le poème va opposer l’éphémère et l’éternel, le temps organique et le temps minéral. Dès la première strophe apparaît cette opposition : « nuit éternelle »,  Le temps est donné par la métaphore « l’océan des âges » et l’adjectif « éternelle », ainsi que l’adverbe hyperbolique « toujours ». Cela s’oppose au temps éphémère « un seul jour » (S 1). L’antithèse « toujours » et « un seul jour » vient ouvrir et clore la strophe .

Cette première strophe met en place le temps qui passe trop vite pour l’homme et qu’il voudrait retenir ainsi que l’éternité de la nature. Il utilise, pour « marquer » le temps, les indices temporels « naturels »,  le champ lexical du temps,  les temps verbaux, et des adverbes  ou adjectifs de temps.

-          Les indices « naturels » temporels : « l’année » (strophe 2) « un soir » (strophe 4), « les heures », « les gens les jours » (S 7), « la nuit », « l’Aurore » (strophe sept). On remarque des temps longs tels que «l’année » et des temps courts tels que  « l’Aurore » ou « l’heure ». Ce sont des marqueurs du cycle du temps.

-           Le champ Lexical du temps : tout d’abord avec l’évocation même du temps lui même ; la jeune femme s’adresse au temps avec le vocatif « Ô temps », il est donc allégorisé, de la même manière elle s’adresse aussi aux heures « et vous heures propices ». Le temps est évoqué à travers deux métaphores premièrement la métaphore de l’eau qui revient dans le discours de Julie « coulez, coulez pour eux » et la métaphore de l’oiseau avec l’évocation du vol « suspend ton vol ». la métaphore de l’eau est utilisée dés la strophe 1 par le poète : « l’océan des âges » , « nouveaux rivages », «jeter l’ancre ».

-          les adverbes et adjectifs temporels : qui vont là encore montrer des temps courts ou longs, rapides ou lents : « toujours », « jamais », « éternelle»(S1), « à peine »(S2), « tout à coup »(S5), « rapides »(S6), « fugitive »(S9), « vitesse »(S10) on remarque que les termes qui montre la rapidité du temps sont associés à l’époque  où les amoureux étaient ensembles.

-          Les temps verbaux : le temps apparaît aussi dans l’utilisation des temps et de leur valeur. On voit tout d’abord un présent d’énonciation celui qui correspond au présent du poète « je viens » (S 2) et celui que l’on retrouve dans la parole rapportée au style direct de Julie « je demande », « je dis »  (S 8), mais aussi un présent de vérité générale pour imager  la fuite du temps « l’homme n’a point de port , le temps n’a point de rive »(S1).  On retrouve aussi un futur mais qui évoque à chaque fois une fatalité douloureuse. « Ne pourrons-nous jamais « (S1); « ne nous les rendra plus »(S11). Il utilise aussi des temps du passé notamment l’imparfait pour décrire le temps où il était avec Julie Charles «on entendait au loin »(S4) ou encore et cela est plus surprenant, le passé composé dans le dernier vers du poème « ils ont aimé » qui semblent montrer que l’amour est terminé. On remarque que les verbes qui parlent du temps sont tous des verbes de mouvement qui traduisent ainsi l’impossibilité d’arrêter le temps : « emportés » (S 1), « coulez » (S 7), « m’échappe et fuit » (S 8), « nous passons » « s’envolent » (S 10).

 

La nature :

La nature chez les romantiques a une importance capitale . Elle est à la fois le refuge, la confidente, le miroir des émotions du poète. En effet dans ce poème Lamartine se réfugie dans cette nature qui avait accueilli ses amours et qui maintenant l’accueille avec ses souvenirs

-           De plus la nature devient le refuge du poète « s’asseoir sur cette pierre » il est vraiment totalement entouré accueilli par la nature « les flots » (strophe 2), « les roches » (strophe 3). Mais aussi « coteaux », « sapin » (strophe 14) et donc une description de la nature qui l’entoure et cette nature apparaît à travers les différents sens du poète : la vue donnée par les différentes descriptions et les couleurs telles que « front d’argent qui blanchit à surface » (strophe 15), l’odorat « parfum léger » (strophe 16) le toucher « l’écume de tes ondes sur ses pieds adorés » (strophe 3) ou enfin l’ouïe « les bruits de tes bords partaient bords répétés » (strophe 15)

-          . Dès la strophe 2 le poète personnifie le lac avec le vocatif « Ô lac ». La personnification sert au poète pour se confier il s’adresse ainsi à la nature comme à une amie ainsi « regarde » (strophe 2), « t’en souvient-il » (strophe 4). On remarque que le poète tutoie la nature, il partage avec elle ses souvenirs « tu la vis asseoir ». On peut se rendre compte que non seulement il partage ses souvenirs avec la nature mais il lui demande en plus de devenir la gardienne des souvenirs !  la nature doit garder l’empreinte de leur amour. « Gardez, belle nature, au moins le souvenir ! » (Strophe 13).

-          La nature est aussi le miroir de l’âme les émotions du poète ainsi elle semble partager la souffrance. Dans la strophe 3 on relève les termes « briser », « flan déchiré » ainsi que « tu mugissais » semblent traduire un long cri de douleur. Ce lieu évoque pour le poète à la fois la beauté et les moments heureux et la douleur et la tristesse d’avoir perdu Julie Charles. Le poète alterne donc des images sombres et les images agréables, plus des telles que dans la strophe 14 « les riants coteaux » opposés à « noir sapin » « rock sauvage » ; de la même manière à la strophe 4 « les flots harmonieux » s’opposent à la description de la strophe 3 précédemment citée. Pourtant le poète reste sensible à la beauté de la nature, à sa majesté il en fait donc une description méliorative « les flots harmonieux » (strophe 4), « beau lac » (strophe 14), « belle nature » (strophe 13). Enfin notre dernière remarque porte  sur le fait que la nature est associée à l’éternel non pas l’éternité de la pierre , de la roche mais celle sans cesse renouvelé du végétal « vous que le temps épargne », « qu’il peut rajeunir » (strophe 13).

 

Énonciation :

C’est un poème dans lequel on a une énonciation complexe.

-          On retrouve de  » je  » celui du poète et celui de la jeune femme. Le « je » de la jeune femme intervient dans les paroles rapportées au style direct des strophes six à neuf.

-           Le « tu » quant à lui est utilisé de manière très différente. Le premier  » tu  » s’adresse au lac : « tes ondes », « tes flots » le second « tu  » c’est celui de Julie qui s’adresse au temps «ton vol »  . Julie, comme le poète, Utilise aussi le « vous » , elle, pour parler aux heures et lui, pour parler à la nature  .

-          Le « nous » des significations différentes. Il y a le « nous » de généralités. « Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges… » (strophe 1) Julie utilise aussi ce « nous »  de généralité à la strophe 9 « nous passons ! »

-          Enfin la troisième personne est aussi utilisé parfois au  singulier et parfois au pluriel , ainsi à la strophe 2 « qu’elle devait revoir »;   »elle » étant Julie Charles ; tandis qu’à la strophe 11 le poète  parle du temps à la troisième personne.

Avec ce système d’énonciation complexe le poète multiplie les voix et dépasse ainsi la simple évocation d’un amour particulier. Ce poème prend alors une dimension plus générale sur la difficulté d’aimer et le temps qui passe.

 

La relation poète/femme, l’amour:

Ce poème est un poème d’amour qui porte sur celui ressenti par Lamartine et Julie Charles un été,  éprouvé ensuite par la Lamartine seul après la mort de Julie.

Pourtant, dès le départ, on peut voir que,  plus qu’un  « je » et un « tu » il y a deux « je » qui n’entrent pas réellement en communion « je viens seul » (strophe 2) du poète et « je demande » (strophe 8)  de Julie. Les rares fois où est employé le « nous » qui matérialise l’unité de l’union amoureuse, il ne semble pas traduire l’intimité d’une relation comme dans « nous voguions  en silence » ou le nous évoque un vécu commun mais ne semble pas parler d’amour.

Quant à la jeune femme lorsqu’elle utilise le « nous », là encore elle ne parle pas d’amour mais de bonheur et de plaisir « laissez-nous savourer les rapides délices » (strophe 6).  Elle utilise aussi l’hyperbole avec le superlatif absolu « des plus beaux de nos jours » ou des termes tels que « les heureux » (strophe 7) qui semblent parler d’un bonheur beaucoup plus général.

D’ailleurs la prière de Julie devient très personnelle « je demande », « je dis » (strophe 8) là encore, le manque de communion et d’amour partagé  est flagrant.

La relation entre les deux amants correspond donc plus à des instants de bonheur regrettés plutôt qu’à de l’amour ou de la souffrance amoureuse.

Le poète n’évoque à aucun moment sa tristesse ou sa douleur, en réalité seule la nature renvoie à cette idée de douleur.

La seule fois où l’amour particulier qu’ils ont partagé est évoqué c’est dans le dernier vers et l’on peut remarquer qu’il utilise alors un passé composé qui montre une action terminée : « ils ont aimé ». Le verbe « aimer » n’est alors pas utilisé de manière pronominale réciproque ce qui éloigne l’idée de l’union amoureuse.

L’évocation de l’amour dans ce poème orphique est loin du concept original de la douleur d’Orphée retournant aux enfers,  il correspond plus à l’état romantique de celui qui, d’une manière un peu égoïste, ne s’intéresse qu’à sa propre souffrance.

 

Le lyrisme romantique :

Lorsqu’on  étudie le lyrisme romantique d’un texte ou d’un poème , on doit s’attacher aux caractéristiques lyriques c’est-à-dire :  la nature, l’expression de l’émotion, l’utilisation du jeu, la solitude, et la musicalité. (On peut parfois aussi s’intéresser à l’évocation des ruines) dans ce poème nous retrouvons :

-          la nature (voir entrée sur la nature)

-          l’expression de l’émotion (voir entrée sur l’amour)

-          l’utilisation du « je » (voir entrée sur l’énonciation)

-          la solitude : elle est annoncée dans ce poème dès la seconde strophe par le poète « je viens seul ». Chaque fois qu’il utilise le « nous » c’est soit au passé « nous voguions » soit c’est un « nous »  de vérité générale « ne pourrons-nous jamais ».

-          La musicalité , elle,  apparaît de plusieurs manières:  par l’évocation de la musique, par celle du bruit, par l’utilisation des sonorités, et par le rythme.

*La musique apparaît à travers des termes tels que « en cadence » ou « harmonieux » (strophe 4).

*Les bruits sont nombreux, ce sont ceux de la nature mais ils semblent parfois se transformer en plainte  « tu mugissais » (strophe 3) « le zéphyr qui frémit », ou « les bruits de tes bords par tes bords répétés » ou encore « le vent qui gémit », « le roseau qui soupire ». I l y a aussi « le bruit des rameurs ».

*de nombreuses allitérations et assonances donnent aussi une grande musicalité à ce poème tel que par exemple « qui frappait en cadence » ou « dans les bruits de tes bords partaient bords répétés ». (Il y en a d’autres)

*enfin c’est le rythme même de ce poème qui est musical avec sa structure en strophe constituées de trois alexandrins et un hexasyllabe avec un  enjambement du vers 3 sur le vers 4 qui  donne un rythme à l’oreille de 12/12/18 ce qui ressemble au rythme de la valse ….  d’autant plus que l’alexandrin en lui-même avec sa césure en 6/6 est considéré comme un vers musical.

On remarque que seule la parole rapportée de Julie Charles ne suit pas ce rythme mais un rythme plus rapide en 12/6/12/6 et avec de nombreux rejets et contre rejets qui traduisent le naturel de la parole.

La musicalité est essentielle dans la poésie orphique dont le mythe fondateur est né de la lyre d’Orphée offerte par Apollon.

 

Etude générale : Le Parfum

I) La narration

Ce roman suit une progression et un schéma narratif  classique. en effet nous suivons  grenouille de sa naissance à sa mort . L’incipit est classique, il présente les lieux, l’époque et le héros. L’histoire se finit par un dénouement qui correspond à une situation de résolution.

La première partie est l’apprentissage du héros jusqu’à ses 18 ans (22 chapitres)

la deuxième partie se passe dans la caverne, -et à Montpellier- cette « retraite » permet à Grenouille de prendre la dimension de son pouvoir. Elle dure 7 ans (12 chapitres) elle a une symbolique biblique (création du monde en sept jours).

la troisième partie se passe à Grasse et dans les alentours, elle raconte le triomphe  de grenouille dans la confection du parfum idéal et s’étale sur 3 ans . (16 chapitres)

 La quatrième partie montre le retour du héros à Paris et raconte sa mort cela dure une année et n’occupe qu’un chapitre

On remarque une accélération  18ans/7ans/3ans/1ans, comme si les évènements s’accéleraient jsqu’au dénouement inéluctable

II) La focalisation

Le narrateur est omniscient  cependant , fréquemment on passe en focalisation interne, que ce soit avec grenouille, ou Baldini par exemple….

Le narrateur se fait parfois complice du lecteur (utilisation du « nous » texte 1) 

 

Les personnages :

La mère :Elle reste anonyme Elle a 25 ans Elle est poissonnière aux Halles. Elle dégage une forte odeur ( poisson) mais ne sent plus rien ! Elle est donc l’exact opposé de Grenouille. Elle meurt parce que liu refuse de mourir.

Jeanne Bussie : C’est une des nourrices de Grenouille , son absence d’odeur l’affole …. elle évoque alors le diable !

Mme Gaillard : Elle n’offre à Grenouille aucune chaleur humaine et se débarrasse de lui. Elle comprend qu’il a des pouvoirs prodigieux, qu’elle pense surnaturels.

Grimal : Il exploite les enfants à la tannerie

Baldini : Maître parfumeur, c’est surtout un très bon artisan sans talent Il joue un rôle considérable dans le destin de Grenouille .

Procope(le médecin) et Pelissier(le parfumeur) : ils représentent tout deux une critique des exagérations du siècle des lumières.

Antoine Richis(le père de laure) : c’est le seul adversaire presque à la hauteur de Grenouille …..  d’instinct il a tout compris , c’est un riche bourgeois d’une quarantaine d’année. S’il évite la psychose générale c’est grâce à son esprit d’analyse (propre aux Lumières)

Laure : Elle est la pièce manquante du parfum idéal , elle est elle même un idéal de beauté de séduction de candeur et de pureté….

III)  Une vision de l’homme et du monde

ce roman est un roman historique puisqu’il décrit réellement la France du XVIIIe S , tout y est : la vie quotidienne, économique, sociale, mais aussi l’histoire et la géographie ainsi que les courants de pensée des Lumières.

C’est une vision du monde dans la mesure où le lecteur a accès à une nouvelle « vision » (le mot est mal choisi) par l’odorat . tout d’abord la société du XVIIIeS apparaît sous un jour nouveau très loin des clichés habituels et qui met sur un pieds d’égalité toutes les couches de la société : tout le monde pue (incipit).. dans un monde que nous appréhendons par tous les sens mais qui est plus souvent représenté par la vue et l’ouïe, ce monde des odeurs nous semble étrange et remet en question la vision du monde qui nous entoure : on ne sort pas indemne de la lecture du parfum et sa conception du monde.

A travers les personnages nous avons aussi une vision de l’homme particulière : presque tous les personnages semblent obsédés par l’argent  ce qui orientera la vie de Grenouille depuis son rejet par la nourrice .          De plus les sept péchés capitaux sont représentés par les personnages (ex : la luxure/la veuve Arnulfi ou l’orgueil/Richis). Lorsque la nourrice se plaint au Père Terrier que le bébé grenouille n’a pas d’odeur , il répond que « l’odeur humaine est toujours charnelle , c’est donc une odeur de péché » le seul être pur est donc un monstre……  être un homme (humain) c’est être souillé par un odeur corporelle…… 

IV) Le diable ou la raison   

Le XVIIIe S est considéré comme le siècle de la raison  et le roman mets souvent en avant la rationalité (parfois caricaturée) de la réflexion et la sc, ne serait-ce que celle de la distillation…..   cependant, Les siences occultes sont aussi à la mode  (de nombreux romans sont édités dont les héros pactisent avec le diable) et dans Le Parfum  la présence du diable est souvent évoquée . Dés le début la nourrice accuse Grenouille d’être diabolique. Le don de Grenouille semble surnaturel , de plus il échappe « miraculeusement » à la mort à plusieurs reprises….. Dans la « grotte »  grenouille devient « son propre dieu » qu’il compare à celui des églises…….  Rappelons aussi que Grenouille est né d’un père qui n’est pas évoqué dans le roman et qu’il s’appelle Jean Baptiste (comme le saint). Enfin tous ceux qui lui ont fait du mal meurent mystérieusement……. 

V) Conclusion 

Ce roman est à la fois une fresque historique et un Roman « policier » celui d’un « sérial killer » c’est aussi une nouvelle vision de l’homme et du monde qui provoque à la fois surprise, dégoût et fascination chez le lecteur. La fin laisse pourtant le lecteur sur sa faim car l’acte d’amour provoqué par Grenouille est encore plus étrange , il se traduit par un acte de cannibalisme monstrueux ; tandis que le « monstre » grenouille est appelé « ange » …….

1ère ES2 Introductions textes séquence 5

 

Oeuvre intégrale : Le parfum

2 extraits

Patrick suskind est un écrivain allemand contemporain. Scénariste puis dramaturge, il devient célèbre avec son premier roman ; le Parfum , il nous raconte l’histoire de J B Grenouille, qui possède un sens olfactive incroyable, et qui devient un meurtrier. Ses aventures se déroulent dans le paris du XVIII.

Texte 1

Cet extrait est l’incipit du roman . Il décrit un Paris étrange pour le lecteur du XXème S Un Paris nauséabond où commence l’histoire de Jean Baptiste Grenouille.

Texte 2

Ce passage est extrait du chapitre 26 . Il décrit l’expérience intérieure de Grenouille dans une crypte rocheuse où il a trouvé refuge. Cette grotte a la particularité de n’avoir aucune trace d’odeur humaine.

Extraits :Notre dame de Paris

Victor Hugo est un monument de la littérature française, il a traversé le XIXème ses conflits , ses questions, ses avancées littéraires et artistiques… s’il n’a appartenu à aucun mouvement littéraire et ne s’est restreint à aucun genre…. c’est l’homme du renouveau littéraire et de la démesure avec une vision manichéenne du monde. Notre Dame de Paris est son premier grand chef d’oeuvre romanesque écrit en 1831 ; Cet immense roman (56chapitres) se passe au moyen age et raconte l’histoire de Quasimodo (-à peu près- en latin) du prêtre Frollo et du soldat Phoebus attirés vers la beauté inaccessible d’Esméralda tous contribuant, malgré eux à sa mort.

Texte 3

Ce passage est un portrait de Quasimodo élu Pape des fou durant la fête populaire qui met à l’honneur la plus vilaine grimace, la plus laide ,le jour des Rois.

Texte 4

Ce passage est extrait du chapitre 3 du livre IV. C’est une sorte de portrait moral de Quasimodo

Victor Hugo est un monument de la littérature française, il a traversé le XIXème ses conflits , ses questions, ses avancées littéraires et artistiques… s’il n’a appartenu à aucun mouvement littéraire et ne s’est restreint à aucun genre…. c’est l’homme du renouveau littéraire et de la démesure avec une vision manichéenne du monde. En 1869 il écrit l’Homme qui rit , ce roman se passe en Angleterre, à la fin du XIXème s et raconte l’histoire de Gwynplaine , défiguré dans son enfance pour devenir un monstre de cirque . Ce héros «monstrueux» proclamera la souveraineté du peuple dénonçant violemment les riches et les puissants. Ce que son lectorat ne lui pardonna pas…. ce fut un échec.

Cet extrait est le portrait de Gwynplain devenu adulte et analyse les réactions qu’il suscite.

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