Texte 7, W ou le souvenir d’enfance G. Perec . chapitre 7 :Gaspard Winckler

Texte 7,                   W ou le souvenir d’enfance   G. Perec

                                        chapitre 7 :Gaspard Winckler

 

introduction de l’extrait : dans cet extrait le narrateur a rencontré Otto Apfelstell qui lui a raconté l’histoire du vrai Gaspard Winckler dont il a utilisé le nom afin de fuir l’armée en tant objecteur de conscience (ceux qui ne veulent pas faire l’armée)

 

les entrées : Gaspard Winckler, Caecilia (la mère), le voyage, la relation Gaspard/Georges.

 

Gaspard Winckler :

 

Il est décrit à l’imparfait puisque c’est le portrait d’un enfant et que l’on sait qu’il a depuis disparu. Cet imparfait est renforcé par la locution temporelle « à l’époque » la jeunesse du petit Gaspard Winckler est annoncée par le mot « enfant » et par « huit ans » (L1-2) mais l’indication la plus important est donné dans une phrase simple et très courte : « il était sourd et muet » (L 2) cette indication est reprise à la ligne 22 avec « sa surdimutité » qui est défini comme une « infirmité » (L 6) ; on remarque que le mot « infirme »  a un caractère péjoratif . Cependant  cette soi-disant infirmité  est mise en doute  par l’accumulation hyperbolique « aucune lésion interne, aucun dérèglement génétique, aucune maladie… » (L 19/22).

. Le problème de Gaspard Winckler n’est donc pas physique mais psychologique ce que développe le narrateur « ce qui ne pouvait être imputé qu’à un traumatisme enfantin » ou encore « de nombreux psychiatres » mais les raisons de ce traumatisme restent inconnues c’est ce qu’il appelle « les tenants et les aboutissants » (L 24). Ce traumatisme a donc des répercussions sur sa vie:  Dans le cas de Gaspard Winckler sa surdimutité empêche toute relation à l’autre ce qui est expliqué aux lignes 6–7 « condamner un isolement presque total »  de plus , les termes de « prostration » (L 12), « isolement » (L 6/7), « accroupis dans un coin » (L 8) on nous le décrit encore comme refusant de se nourrir de plus l’expression « ce pauvre enfant » indique à la fois une détresse psychologique et physique (puisque sa mère est d’une grande richesse) en effet la détresse psychologique a atteint son physique puisqu’il est décrit comme « malingre et rachitique »(L 5/6).

 

La mère :

 

Elle a un prénom particulier Caecilia dont l’étymologie signifie aveugle de plus elle est cantatrice (chanteuse) .

Elle est donc totalement l’opposé de son fils,  en antithèse totale : son fils et muet alors qu’elle a une voix extraordinaire,  elle est « mondialement connu » alors que son fils est dans « un isolement total », aussi bien l’adverbe « mondialement » que l’adjectif « total » sont des hyperboles . De plus c’est une femme très forte, qui prend des décisions «? » (L 12) ou encore « c’est alors que sa mère intervint » (L 39),  elle utilise aussi le verbe « vaincre » (L 11). C’est une femme qui a l’habitude de résoudre les différents problèmes qui se posent à elle ou à son entourage. C’est elle qui résout le problème du narrateur sans passeport, mais aussi ,  qui prend une décision pour résoudre le problème de son fils (l’emmener en voyage autour du monde).

 Le narrateur évoque les relations de la mère et du fils,  en effet elle le gâte énormément on le voit à l’adjectif hyperbolique utilisé « fastueux jouets » (L 9) mais il reste cependant  un « pauvre enfant »  (on remarque l’antithèse entre « fastueux » et  » pauvre » .

Enfin,  il semblerait que son fils la rejette, ainsi que l’indiquent les participes présents « négligeant » « refusant » puisqu’il refuse tout ce qui vient de sa mère (nourriture, cadeaux)

 Il peut paraître surprenant que le mot amour ne soit pas utilisé pour évoquer la relation mère/ fils mais bien le mot « désespoir » (L 12). Cette présentation nous montre donc à la fois une mère désespérée et un fils malheureux.

 

 

 

 

Le voyage :

 

Deux voyages sont évoqués dans cet extrait :

Le premier voyage est celui du narrateur (L 41) « votre voyage ultérieur » ou encore « les relais », « les étapes » (L 40/41) et le fait que le narrateur soit en transit « votre arrivée en Suisse »(L 29) alors que s’organise son départ : de nombreux termes développent l’idée de ce voyage,  notamment               « passeport » « carte d’identité » ou encore ceux qui ont aidé à organiser ce départ « l’organisation de soutien » (L 32/33), « le fonctionnaire genevois » (L 37) ou encore « l’organisation » (L 33, L 41).

Le second voyage est un voyage curatif (qui cherche à guérir) décidé par la mere pour sortir son fils de sa prostration . Ainsi il va passer d’un environnement fermé étroit  « un coins de sa chambre » (L 8) et « un isolement presque total » (L6/7) à un horizon infini avec « tour du monde » (L 13) des lieux en totale antithèse .

Ce voyage est un changement majeur dans la vie du petit Winckler nous retrouvons en effet  le champ lexical du changement avec les termes « découvertes », « nouveau », « changement » (L 14). La mère espère que cela va complètement changer la vie de l’enfant avec à la fois de «nouveaux horizons»(L14) , mais aussi un nouveau « climat » (L 15) et encore un nouveau « rythme de vie » (L 14). Ainsi la mère espère guérir son fils. Elle évoque un « processus » par lequel elle pourrait le guérir (L 18) et lui redonner à la fois « l’ouïe et la parole »

elle espère donc un « effet salutaire » (L 15 16) de ce voyage puisque l’ensemble de la communauté médicale tant « les médecins consultés » ou « de nombreux psychiatres » (L 36) ne trouve pas les raisons de sa maladie.

 Le lien entre les deux voyages est le passeport puisque celui qui devait servir au jeune Winckler va servir au voyage du faux Winckler. Enfin c’est bien le voyage du jeune Winckler qui va avoir pour conséquence le départ du narrateur pour un voyage à sa recherche qu’il emmènera jusqu’à W.

 

 

La relation entre Gaspard et Georges :

 

Cet extrait invite à une lecture double car à travers l’enfance de gaspard Winckler le lecteur peut lire le cheminement du petit George.

Tout d’abord pour les deux ( le petit Gaspard Winckler et le petit George Perec) c’est la mère qui a décidé d’organiser un voyage dans les deux cas c’est un voyage salvateur (salutaire) donc un voyage pour leur sauver la vie. La mère de George le met dans le train de la Croix-Rouge qui l’emmènera en zone libre pour échapper aux Allemands et à une mort certaine , le petit George a une fausse maladie il fait semblant d’être malade (faux bandage) physiquement il n’a rien il fait cela pour le paraître.

le petit Gaspard lui est aussi emmené en voyage par sa mère qui fait cela aussi pour le sauver d’une maladie qui n’existe pas « aucune lésion interne » (L 19 22) accumulation pour montrer que le petit Gaspard n’a aucune maladie réelle et que son problème est uniquement psychologique bien qu’on en connaisse pas « les tenants et les aboutissants » (L 24. Les tenants et les aboutissants c’est aussi le problème de George puisque toute l’œuvre du souvenir est reliée un problème de tenants : il y a un triple trait qui le soutient le parachute, le bras en écharpe, et le bandage. Les trois « traits » ont une réalité remise en question que ce soit le parachute de Charlot (édité postérieurement),  le bras en écharpe (sa tante dit qu’il ne l’a jamais eu),  ou le pansement,  les trois ont donc peut-être été inventés par le petit George et seraient des souvenirs écrans qui dissimuleraient un traumatisme enfantin:  l’abandon par la mère.

On se rappelle que le petit Gaspard Winckler est Sourd et muet et que sa mère porte le nom d’aveugle.

 De même, le petit George voit sa mère pour la dernière fois à la gare ce qui évoque le problème de Caécilia l’aveuglement (sa propre mère s’appelle Cécile) et, à cause de sa situation d’enfant juif caché,  il sera dans une sorte de déni de la réalité : il ne l’entend pas, ne la voit pas ce qui l’amène à une sorte de surdimutité  de la mémoire.

Comme le petit Gaspard,  Georges a vu aussi de « nombreux psychiatres » (comme la célèbre Françoise Dolto) et si le petit Gaspard est aidé par une organisation (« l’organisation« ) George aussi est aidé par une organisation (la Croix-Rouge). À travers l’histoire du petit Gaspard on a donc toute la trame de l’histoire du petit George.

 

 

Les questions possibles :

 

1)      Quelle image est donnée du petit Gaspard Winckler ?

I)                    un enfant à problèmes

II)                 le double du petit George

 

2)      Que nous apprend le portrait du petit Gaspard ?

I)                    il nous présente le souvenir d’un voyage et d’une séparation

II)                Il nous montre un enfant traumatisé

 

3)      De quel voyage est-il question dans ce texte ?

I)                    le voyage salvateur du petit Gaspard Winckler

II)                 le voyage salvateur du faux Gaspard Winckler

 

4)      Comment est présentée la maladie du petit Winckler ?

I)                    une maladie physique

II)                 une maladie psychologique

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