Les Femmes Savantes Acte I scène 1

                                      Les Femmes Savantes  (texte 2)

Acte I scène 1 Analyse

 

 

Introduction :

 

Molière , de son vrai nom Jean Baptiste Poquelin,  est un dramaturge du XVIIème siècle qui reste le plus joué de nos jours. Après des premiers pas malheureux dans la tragédie , il devient un maître de la comédie qu’il introduit à la cours de Louis XIV, donnant ainsi ses lettres de noblesse à un genre populaire. Dans ses pièces, il crée un équilibre entre farce et satire sociale, reprenant à son compte le célèbre « castigat ridendo mores ». Il dénonce les travers des Hommes et s’intéresse aux problèmes de la société notamment à l’éducation des femmes qui agite la noblesse depuis les précieuses. S’il semble féministe pour son époque admettant que les femmes doivent accéder à l’éducation, ce « féminisme » a ses limites et il condamne les excès  que sont pour lui la préciosité et le désir de certaines d’être savantes…

Ainsi dans Les Femmes Savantes, il cherche à montrer à travers les déboires amoureux de Clitandre et Henriette que si une femme doit avoir « des clartés de tout » elle doit cependant rester modeste et savoir garder sa «  place »……

Ce dialogue est extrait de l’acte I scène 1 et oppose Henriette et sa sœur Armande sur la place de la femme : pour l’une c’est dans son foyer et pour l’autre dans l’étude.

 

 

Les entrées :  les études, la femme au foyer, la relation homme femme , la critique de la femme savante, les oppositions, l’argumentation

 

 

Les études :  

Armande fait l’éloge des études. Tout d’abord elle cherche à expliquer à sa sœur que les études élèvent. On remarque qu’elle utilise le champ lexical de la hauteur, repris ensuite par Henriette : « haut », « élever » (v8), « monte », « au-dessus » (v20), « élévation » (v32), « montent » (v33), « hautes régions » (v39). La métaphore filée de l’élévation est méliorative car elle correspond à la fois à la supériorité et à la spiritualité. De plus les études permettent à la femme d’être honorée reconnue à sa juste valeur,  ainsi (v13) les hyperboles « on honore en tous lieux » ou (v20) « au dessus de tout le genre humain », « des plus nobles »(v9),  de même l’utilisation d’un vocabulaire mélioratif organisé sur un rythme binaire tel que : « grand et beau génie»(v38), « de l’âme et des nobles désirs »(v44)  ou « d’esprit et de lumière »(v46). (sachant le rythme binaire met en place une sorte de symétrie qui correspond à la perfection esthétique au 17ème S)

Cependant les études demandent une réelle implication , pour Armande c’est un engagement de l’âme et de l’esprit, il y a donc un certain spiritualisme et un parallélisme avec la religion donc rejet de la matérialité : « les sens et la matière » / « Esprit » (v10/11). De plus comme une religieuse qui entre en religion, les études sont envisagées comme une union sacrée, un mariage voir l’hyperbole et l’impératif, « Mariez-vous, ma sœur »(v19) « donnez-vous toute entière »(v11). La métaphore du mariage est filée avec le champ lexical de l’amour tel que (v24) « beaux feux » « doux attachement » et (v16) » charmantes douceurs » ou (v17) « l’amour de l’étude ». Enfin les études sont associées à la lumière avec le champ lexical (v15) « clarté » , (v46) « lumière »

 

La femme au foyer :

C’est une femme moquée par sa sœur , décrite avec le champ lexical de l’étroitesse « bas »(v1,7) « petit »(v2,35), « claquemurer »(v3), « terre à terre »(v34),  « terrestre »(v41), « ici-bas »(v41).

De plus la description de la femme au foyer « ménage »(v3), « époux »(v5), « enfants »(v5) est dégradée car associée à des termes péjoratifs tels que « marmots »(v5), « grossier », « vulgaire »(v6)

Armande , pourtant très précieuse dans son vocabulaire, utilise des termes peu précis pour parler du foyer que ce soit « chose »(v3), ou « sortes »(v7) ou «gens », « personnes »(v6) et montre ainsi son mépris , mot qu’elle emploie d’ailleurs au vers 10. Elle rabaisse la femme au foyer avec des comparaisons peu élogieuses :  métaphores « en esclave asservie »(v18) et « animale »(v22) ou « bêtes »(v23). Enfin le caractère concret et matériel (opposé à la spiritualité) est souligné par le champ lexical de la terre « matière »(v10), « terre à terre »(v34), « terrestre »(v41).

 

La relation homme/femme :

C’est une relation qui n’apparait dans le discours d’Armande que comme une relation de domination. Dans la relation « classique » l’homme domine la femme  ce qui est marqué par l’hyperbole « idole d’époux »(v5),  il décide de tout comme une sorte de Dieu  « aux lois d’un homme »(v18) la soumission de femme elle est marquée par la juxtaposition de deux termes redondants « esclave asservie » . Armande , elle,  veut passer du coté de la domination avec l’hyperbole et le terme générique « au dessus de tout le genre humain »(v20) ou la périphrase « l’empire souverain »(v21).

Henriette n’évoque pas la relation homme/femme ce qu’elle oppose c’est la femme savante et la femme au foyer……..

 

La critique de la femme savante :

C’est une critique de la préciosité qui a permis de critiquer la femme savante et de rejeter la femme dans son foyer. Il s’agit donc de ridiculiser Armande notamment sur sa manière de s’exprimer trop précieuse. Elle utilise des périphrases « les choses du ménage »(v3) « aux charmantes douceurs que l’amour de l’étude épanche dans les cœurs »(v16/17) ou « l’empire souverain »(v21)  pour le pouvoir. L’exagération de l’éloge des études et les nombreuses hyperboles (cf entrée sur les études) ajoute au ridicule ainsi que le champ lexical de l’amour (cf les études). Les inversions nom /adjectif « étage/bas »(v1) ou pronom/verbe « vous« mariez-vous »( rendez sensible »(v16) enfin le ton supérieur employé par Armande contribue à la rendre antipathique et ridicule  l’exclamation « mon Dieu… »(v1) l’utilisation systématique de l’impératif « laissez »(v6) « tâchez »(v14) ou v19).  Enfin le registre didactique « exemple »(v12), « ainsi que moi »(v14)  , le verbe devoir « qui doivent »(v25) et la mise en incise de « ma sœur »(v19). En face la simplicité et la justesse des arguments d’Henriette mettent en valeur la préciosité ridicule d’Armande.

 

Les oppositions :

Elles construisent le dialogue . « Le bas » (la femme au foyer) s’oppose au « haut » (la femme savante) avec à chaque fois un champ lexical associé…  « étage bas »(v1) , « bas amusement »(v7) / « hauts objets »(v8)  « élevez »(v8), « monte »(v20). Mais aussi le spirituel et le concret : « les sens et la matière »(v10)/ »l’esprit »(v11) . La domination et la soumission : « esclave asservie »(v18) « l’empire souverain »(v21). Henriette aussi relève les oppositions entre « le votre »/ « le mien »      et la double anaphore  « vous/moi/vous/moi »(v44/47) « l’une à l’autre »(v43) et marque ces oppositions par trois termes (gradation) « différents »(v29) « deux instincts »(v37) , « contraire »

 

L’argumentation :

Deux thèses s’opposent dans ce dialogue , celle d’Armande et celle d’Henriette. Pour defendre sa thèse « mariez-vous, ma sœur, à la philosophie »(v19),  Armande utilise aussi bien convaincre que persuader en effet elle a des arguments :  le mariage (homme/femme)est fait pour les personnes vulgaires (1-7); il rabaisse la femme à l’état animal(22-23) ;  l’étude libère de l’homme (18) ; elle déclenche les mêmes sentiments que l’amour (16-17) . Mais elle exprime aussi des émotions : champ lexical du dégout « marmots » grossier » « vulgaire » « animal » « bêtes » « mépris » mais aussi de l’amour « charmantes douceurs », « amour », « cœur » , « beau feu », « doux attachements ».

Henriette ,elle,  choisi une stratégie déductive puisque sa thèse ouvre sa réplique : « Le Ciel (…)nous fabrique en naissant ; »(v28-29) son argumentation est simple  1)tout le monde n’a pas la capacité d’étudier (30-35) ; 2) il faut accepter les choix du « ciel » (36-41) ; 3) ainsi nous suivrons toutes deux l’exemple de notre mère (42-47).

4 Réponses à “Les Femmes Savantes Acte I scène 1”

  1. Olivier dit :

    Que savons nous des personnages ?
    Quelle opinion chacune a-t-elle sur le mariage?
    Quelle est celle qui paraît le plus réfléchie ?
    Quel est le ton adopté par chacune ?

  2. Anne dit :

    Ou voulez vous en venir avec vos questions ? L’explication faite en classe à abordé tous ces aspects. … Cette fiche s’adresse à MES élèves !!!!

  3. vincent dit :

    Il propose tout simplement d’autre plans qui peuvent être intéressants

  4. Anne dit :

    Je n’ai pas proposé de plan….. Ni de problématiques…… Ce sont des Entrées sur le texte , une sorte de réservoir dans lequel les élèves vont puiser pour construire un plan selon la problématique qui leur sera posée…..

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