01avr

Ubu roi , Alfred Jarry ; acte I scène 1

Ubu roi , Alfred Jarry Introduction générale : La pièce Ubu roi a été écrite par Alfred Jarry en 1888, et sa première représentation publique véritable a lieu en 1896. L’histoire d’Ubu  a été créée par des étudiants dont faisait parti l’auteur afin de se moquer de l’un de leurs professeurs,  Monsieur Hébert. Cette farce […]

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01avr

Analyse de l’excipit de W ou le souvenir d’enfance ; Perec

Texte 9 :                 W ou le souvenir D’enfance, George  Perec                                                     chapitre 36 : L’Excipit  (p219) Introduction de l’extrait : Cet extrait est l’Excipit de « W » au chapitre 36. Il est suivi cependant au chapitre 37 de l’Excipit du « Souvenir ». Le croisement de ces deux chapitres nous donne la clé de W ou le souvenir […]

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23jan

Introductions séquence le roman (Boule de Suif et L’Etranger)

                                 Introduction : Le Réquisitoire, L’étranger  A. Camus Albert camus est un écrivain français du XXème siècle.  Né en Algérie il y a passé sa jeunesse et y situe plusieurs de ses romans. C’est un  humaniste qui  s’interroge sur l’absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui donne un […]

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04jan

Texte 5 La Femme Gelée, Annie Ernaux (analyse de l’extrait)

Texte 5                    La Femme Gelée  Annie Ernaux EXTRAIT : « un mois, trois mois que nous sommes mariés […]nous dodinent tendrement , innocemment  »    Introduction : Annie Ernaux est un auteur contemporain Professeur de lettre moderne, issue d’un milieu social modeste qu’elle évoquera dans nombre de ses œuvres. C’est dans sa propre vie qu’elle puise […]

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31déc

Texte 7, W ou le souvenir d’enfance G. Perec . chapitre 7 :Gaspard Winckler

Texte 7,                   W ou le souvenir d’enfance   G. Perec                                         chapitre 7 :Gaspard Winckler   introduction de l’extrait : dans cet extrait le narrateur a rencontré Otto Apfelstell qui lui a raconté l’histoire du vrai Gaspard Winckler dont il a utilisé le nom afin de fuir l’armée en tant objecteur de conscience (ceux qui ne […]

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31déc

Texte 8 : W ou le souvenir D’enfance, Georges Perec – chapitre 13 : le vide-

Texte 8 :                 W ou le souvenir D’enfance, Georges Perec                                                     chapitre 13 : le vide Introduction de l’extrait : le chapitre 13 est le premier chapitre du souvenir dans la deuxième partie de l’œuvre. Cet extrait s’articule avec les (…) qui séparent (ou relient) les deux parties du livre. L’auteur dans cet extrait , […]

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31déc

Texte 6 : W ou le souvenir d’enfance, Perec. Chapitre 2 : incipit du « souvenir ».

Texte 6 :                                                       W ou le souvenir d’enfance           Perec.                                                           Chapitre 2 : incipit du « souvenir ». Introduction générale : Pérec est un écrivain contemporain juif d’origine polonaise née en 1936;  Il a perdu son père en 40 dans la guerre franco-allemande et sa mère décide de le faire passer en zone libre afin […]

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30déc

lettre à M. Léon Richet  » La Femme  » Victor Hugo . Texte.

8 juin 1872 Monsieur, Je m’associe du fond du cœur à votre utile manifestation. Depuis quarante ans, je plaide la grande cause sociale à laquelle vous vous dévouez noblement. Il est douloureux de le dire : dans la civilisation actuelle, il y a une esclave. La loi a des euphémismes : ce que j’appelle une esclave, elle […]

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30déc

Analyse : La Femme , Lettre à M. Léon Richet Victor Hugo

Texte 3 :                                   La Femme  , Lettre à M. Léon Richet (8 juin 1872)                     Victor Hugo Introduction : Victor Hugo est l’un des plus grands écrivains français, né avec son siècle il a été de tous les combats humanistes, politiques et sociaux , il a utilisé sa plume notamment pour défendre le droit des femmes, […]

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21juin

Dom Juan , MOLIERE acte IV scène 3 (Dom Juan et M. Dimanche)

Introduction  :  Molière est le plus célèbre dramaturge et le plus joué du XVII siècle jusqu’à nos jours. Il applique dans ses pièces la célèbre maxime « castigat ridendo mores » (c’est-à-dire corriger les mœurs par le rire). Ainsi il met en scène les différents défauts humains mais aussi certaines professions  et corporation (Ensemble de personnes exerçant la […]

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Ubu roi , Alfred Jarry ; acte I scène 1

Ubu roi , Alfred Jarry

Introduction générale :

La pièce Ubu roi a été écrite par Alfred Jarry en 1888, et sa première représentation publique véritable a lieu en 1896. L’histoire d’Ubu  a été créée par des étudiants dont faisait parti l’auteur afin de se moquer de l’un de leurs professeurs,  Monsieur Hébert. Cette farce potache qui a choqué ses contemporains lors de sa première représentation est une parodie de drame sur le pouvoir absolu. Le père Ubu prend le pouvoir par la force et exerce alors un totalitarisme ignoble.

Texte n° 10                                             Introduction acte I scène 1

Ce dialogue est extrait de la scène d’exposition et met en scène Père Ubu et Mère Ubu. Dans ce passage Mère Ubu tente de convaincre Père Ubu d’assassiner le roi de Pologne dont il est le ministre afin de prendre sa place et de régner.

 

Les entrées : une scène d’exposition, provocation et rire, parodie, père Ubu, relations entre les personnages.

1) une scène d’exposition :

Comme dans une scène d’exposition classique cette scène nous présente les personnages principaux mère Ubu et père Ubu. Père Ubu se présente lui-même pour expliquer qu’il est content de lui « capitaine des dragons etc. » la mère Ubu elle,  ne se présente pas mais apparaît à travers ses propos. Ainsi elle paraît très ambitieuse « peut-être dans huit jours serai-je reine de Pologne » elle est, de plus, très manipulatrice. Elle  s’adresse à Père Ubu et  pour le convaincre elle lui fait miroiter ce que lui apportera le trône en employant le conditionnel « tu pourrais… » elle le  tente  aussi grâce à des hyperboles telles que « indéfiniment » et tour à tour, elle le flatte ou le houspille « un véritable homme », « un gueux pauvre comme un rat » de plus elle paraît cruelle « massacrer toute la famille ».

Cette scène d’exposition nous apprend aussi que le Roi de Pologne se nomme Venceslas et qu’il a des enfants, que  le lieu où se passe l’histoire est la Pologne : « la couronne de Pologne » (L20) (c’est bien évidemment une Pologne imaginaire). Ensuite il y a une annonce de ce qui s’est passé précédemment comme le veut la règle classique de la scène d’exposition : « après avoir été roi d’Aragon ». L’intrigue de la pièce est dévoilée aussi « qui t’empêche de massacrer toute la famille de te mettre à leur place ? » (L 27).

Cependant , cette scène d’exposition est non seulement originale mais surtout surprenante tout d’abord par  le ton donné à la pièce avec le premier mot prononcé sur scène « merdre » (L 1) mais aussi par le caractère burlesque de cette scène dans laquelle un officier et sa femme envisage d’assassiner le roi et de faire un coup d’État mais sur le ton de la farce, et en employant un vocabulaire et des expressions grossiers « n’ai-je pas un cul comme les autres » (L 33,34), « passer par la casserole » (L 40). De plus, le brusque retournement de Père Ubu laisse planer un doute sur la suite de la pièce. Le caractère parodique est immédiatement mis en place dans cette scène d’exposition.

 

 

 

 

2) père Ubu :

La première image donnée de Père Ubu dans cette pièce est celle d’un personnage grossier , notamment avec l’utilisation du mot « merdre » (L 1) c’est-à-dire « merde » auquel il a ajouté une lettre ce qui le rend encore plus truculent,  plus fort et plus ridicule.  La répétition de ce mot ainsi que d’autres expressions telles que «bougre de merdre, merdre de bougres », ou l’utilisation du mot « cul » mêlées  à des expressions soutenues telles que « vous me faites injures » (L 29) ou des inversions sujet verbe comme « n’a-t-il pas » (L 26), « que ne vous assomme’ je » (L 4) ainsi que le mélange du vous et du tu « vous me faites injure » (L 29) et « qui t’empêche » en font un personnage extravagant et grossier.

C’est de plus un personnage puéril. Ainsi Mère Ubu,  pour le convaincre,  lui propose des avantages qui ne convaincraient aucune personne adulte et mature telle que « de l’andouille » ou « un grand caban »,ou encore « un parapluie » (L 42,43) et de manière complètement décalée des avantages inaccessibles tels que « augmenter tes richesses indéfiniment » (L 37,38).

Comme un enfant , il cède très rapidement aux propositions de Mère Ubu et paraît donc très facilement influençable ou manipulable « je cède à la tentation » (L 44) mais il est versatile « plutôt mourir que d’assassiner » (L 50) .

Père Ubu est d’autant plus surprenant qu’il semble un moment faire preuve de moral et de vertu lorsqu’il refuse d’assassiner le roi (L 50) ou lorsqu’il déclare : «j’aime mieux être un gentil rat qu’un méchant chat ». C’est aussi un personnage qui apparaît capable de violence il use souvent de menaces notamment lorsqu’il dit « que ne vous assomme’je » (L4), ou « vous allez passer par la casserole » (L 30), ou encore « passer un mauvais quart d’heure » (L 44).

On ne peut pas non plus oublier le caractère très visuel de la pièce mis en valeur par Jarry dans ses croquis et qui nous montrent un père Ubu avec une immense gidouille et une allure grotesque. Père Ubu est donc un personnage inattendu,  il paraît vénal,  versatile,  égoïste,  grossier.

3) la relation entre les personnages:

 Le mari et la femme ne paraissent pas se respecter. Mère Ubu ne cesse d’insulter Père Ubu dès la ligne 2     « grand voyou » ou encore « tu es si bête » (L 23) elle le compare à un rat et le traite de « pauvre malheureux, gueux » (L 32).

De son côté, on voit aussi que père Ubu la menace « que ne vous assomme » et ne s’intéresse pas vraiment à ce que dit sa femme, ainsi son « je ne comprends pas » (L 7) semble surtout un manque d’intérêt il répète d’ailleurs à la ligne 21 « je ne comprends rien » et « l’envoie promener » avec un    « et bien après, mère Ubu ? » (L 58) explicité par la didascalie : « il s’en va en claquant la porte« .

Mère Ubu semble plus intelligente que père Ubu ainsi elle le manipule, elle utilise des allusions telles que « ce n’est pas moi, c’est un autre… » (L5 6) ou encore « vous pourriez faire succéder sur votre fiole » (L 18 19). Elle passe du conditionnel au présent lorsqu’elle constate qu’il a enfin compris « qui t’empêche de massacrer » (L 27). Il semble qu’elle ait parfaitement analysé le Père Ubu puisqu’elle sait proposer ce qui le tente, elle connaît ce qu’il aime. Enfin elle paraît sûre d’elle-même « grâce à Dieu et à moi-même » (L 61)

Ce couple se vouvoie et se tutoie à tour de rôle « Madame » (L 10) ou alors « mère Ubu » (L 21) ce qui est beaucoup plus familier …   de la même manière Mère Ubu  le flatte « un véritable homme » mais aussi « père Ubu » (L9).

On se rend compte que si mère Ubu pousse son mari à commettre un coup d’État c’est, égoïstement, pour elle-même « serai-je Reine de Pologne » (L 64) enfin,  elle ne fait pas confiance à Père Ubu.

4) provocations et rire:

Dans cette pièce Jarry n’hésite pas à provoquer les spectateurs contemporains aussi bien avec le mot «merdre » qu’avec la juxtaposition des registres familiers et soutenus . en effet il fait se côtoyer des termes argotiques et des termes nobles tels que « fiole » et « couronne » (L 15) ou encore « cul et trône » (L 36) mais l’auteur utilise aussi des expressions qui ne veulent rien dire telles que « de par ma chandelle verte » (L7, 10,24) ou des formulations dignes du Moyen Âge « vous este » (L 2)  ou encore « ventre bleu » (L 53). Pour faire rire il utilise beaucoup d’exagération par exemple de la ligne 10 à la ligne 15,  il propose une accumulation de titres avec un registre soutenu dont le caractère noble est brusquement rabaissé par la Mère Ubu dans la réplique suivante « une cinquantaine d’estafiers armés  de coupe-choux » (L 20). Toujours dans le registre comique de nombreux jeux de mots sont utilisés tels que le trône qui associé au mot « cul » change de signification. Les nombreuses accumulations ressemblent plus à des listes farfelues telles qu’aux  lignes 36 ou 56. Même si le sujet de la pièce  semble être un sujet sérieux,  Alfred Jarry tire tour à tour la corde provocation ou la corde comique.

5) la parodie :

Cette scène est une parodie de Macbeth de Shakespeare. Dans la tragédie originale, Macbeth  est poussé par sa femme à assassiner son roi. Comme dans la pièce de Shakespeare,  Ubu oppose tout d’abord une certaine résistance à la proposition de sa femme;  mais le registre tragique et soutenu de Macbeth est devenu un registre familier et comique dans Ubu roi.

On remarque que cette parodie amplifie la cruauté du personnage Ubu/Macbeth « qui t’empêche de massacrer toute la famille » (L 27) de plus la relation entre Mère et Père Ubu est totalement différente de celle entre Sir et Lady Macbeth. Père Ubu parle très mal à Mère Ubu et la menace « passer à la casserole » (L 30) ou « que ne vous assomme’ je » (L 4) tandis que Mère Ubu lui répond tout aussi mal « tu est si bête » (elle 23) ou encore à la ligne « vous êtes un fort grand voyou ». De plus Père Ubu parodie le langage du chevalier avec l’accumulation de ses « titres » ainsi qu’avec son exclamation « de par ma chandelle verte » qui reprend de manière absurde la formule classique d’un chevalier avant de se battre.

 Les instruments d’apparat qui sont censés symboliser la richesse et le pouvoir sont aussi parodiés dans Ubu Roi puisqu’à la place du sceptre et de la traîne d’un roi Ubu aurait « un parapluie » et « un grand caban ». Comme on l’a dit précédemment le trône d’Ubu évoque bien plus des « toilettes » qu’un véritable trône.

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Analyse de l’excipit de W ou le souvenir d’enfance ; Perec

Texte 9 :                 W ou le souvenir D’enfance, George  Perec

                                                    chapitre 36 : L’Excipit  (p219)

Introduction de l’extrait :

Cet extrait est l’Excipit de « W » au chapitre 36. Il est suivi cependant au chapitre 37 de l’Excipit du « Souvenir ». Le croisement de ces deux chapitres nous donne la clé de W ou le souvenir d’enfance : des camps de concentration. La description définitive des sportifs de W ainsi que la découverte de la forteresse fait clairement référence aux camps de concentration de la seconde guerre mondiale.

Les entrées :

le sport, les camps, la souffrance.

1) le sport :

Le texte commence dès la ligne 1 par l’évocation des athlètes, on est donc bien dans l’évocation sportive d’autant plus qu’ils sont appelés « les sportifs » (L 2). On a, de plus, une progression thématique éclatée :  ainsi le thème, « les athlètes, » est dérivé en « ces lanceurs », « ces sauteurs » (L 5), « ces lutteurs » (L 7 8), « ces coureurs » (L 9),   » ces rescapés » (L 10).

Le narrateur développe aussi le champ lexical du sport avec des termes tels que « un sprint » (L 3), « les poids » (L 4), « s’élever », « coureur de fond » (L 9), « marathon » (L 10), « performance », « avec le 100 m, 200 m » (L 25) « les juges de touche » (L 12).

Cependant, étonnamment, ces sportifs semblent très faibles. Dès le début on retrouve une comparaison surprenante « ressemble à des caricatures sportives de 1900 » (L 2). De plus tous les termes associés au sport sont accompagnés d’explications peu avantageuses et qui tendent à rendre ridicules les descriptions du sport à W ainsi : « des caricatures » (L2), « leur sprint est grotesque » (L 3), « les sauteurs ont les chevilles entravées » (L 5), « les lutteurs enduits de goudron et de plumes » (L 8), «  sautillants et à cloche-pied » (L 9) enfin les athlètes sont décrits d’une manière terrible notamment avec l’adjectif  « squelettique » (L 13).

Ils sont décrits par une accumulation de groupes nominaux avec une gradation jusqu’à l’hyperbole « toutes ces marques indélébiles » (L 16). De même les coureurs font des scores ridicules avec « 23 minutes pour le 100 m, 51 minutes pour le 200 m et 1m30 au  saut en hauteur »(L 25,26, 27). C’est ainsi que le mot « athlète » prend une dimension ironique et que l’utopie sportive se transforme en contre utopie. Le sport évoqué dans cet extrait  est une mascarade qui ressemble au sport décrit dans la page de  l’univers concentrationnaire  de David Rousset cité par Pérec dans la dernière page de l’œuvre.

 

2) la souffrance :

Sur W , les sportifs semblent souffrir. Leur description de la ligne 13 à  la ligne 14 montre une réelle souffrance physique et psychologique. Les différents groupes nominaux sont marqués soit par des adjectifs tels que « terreux », « courbé », « purulente » accentuée par des hyperboles telles que « toujours », « indélébiles » ou alors par des compléments de noms tels que « plein de panique », « sans fin, sans fond ».

À cette souffrance physique s’ajoute une souffrance psychologique qui est décelable dans l’utilisation de termes tels que « panique », « terreur », « humiliation ».

Ces « athlètes » sont appelés « les rescapés du marathon » (L 10) et sont décrits par une accumulation (L 11) « éclopés, transis ». De plus on devine que ces « athlètes » prennent des coups (ils sont battus par les juges lorsqu’ils passent) ce que l’on comprend grâce à (L 12) « les verges et les gourdins » ; on apprend aussi (L 5) qu’ils sont « entravés »,  « enduits de goudron et de plumes » (L 8).

Enfin c’est une souffrance qui ne s’arrête jamais . On remarque à ce propos une accumulation qui va dans ce sens : « chaque jour chaque heure, chaque seconde » (L 19). Certaines évocations sont effrayantes :  « anéantissement systématique des hommes » (L 23) . Leur souffrance devient évidente dans le paragraphe suivant avec la description de l’intérieur de la forteresse.

 

3) les camps :

C’est dans cet extrait que se rejoignent définitivement l’histoire et l’Histoire.

En effet l’utopie sportive commencée dans W a bien abouti à une contre utopie, et cette dernière description de l’activité sportive sur W est bien la description d’un camp de concentration.

Dès les  lignes 1 et 2 la tenue des sportifs ressemble étrangement au costume des déportés « tenues rayées » puis la description des épreuves sportives montre l’humiliation et la torture imposée à ces hommes « chevilles entravés » (L 5), « fausses remplies de purin » (L 7), « enduits de goudron et de plumes » (L 8) et enfin ils affrontent des juges « armés de verges et de gourdins » (L 12).

Leur attitude est la même que celle des déportés dans les camps :  ils sont « éclopés, transis » (L 11), « toujours courbé » (L 14) comme les déportés des camps de concentration nazie, on leur a rasé la tête « crâne chauve » (L 14,15). Le manque de nourriture et de soins est perceptible dans l’apparence de ces soi-disant sportifs avec « squelettique » (L 14), « dévisage terreur » (L 13 14), « les plaies purulentes » (L 16) mais aussi dans leur incapacité à faire réellement du sport on apprend ainsi à la ligne 9 que l’on peut les voir « sautillants à cloche-pied » ou « à quatre pattes » (L 10), « trottinant » (L 11) ainsi leur manière de se déplacer aussi bien que leurs performances sont tout à fait ridicule (L 25 26 27).

En dehors de l’évocation de ces soi-disant sportifs de W c’est le système même qui régnait dans les camps lors de la Shoah qui semble restitué dans l’organisation de W; on retrouve aussi bien « l’anéantissement systématique des hommes » (L 22,23) qui semble hyperbolique mais qui n’est qu’une évocation de la réalité dans les camps, ou encore l’accumulation « un écrasement conscient, organisé, hiérarchisé » (L 20) ou enfin « cette machine énorme dont chaque rouage participe » (L 21) renforcé par l’adjectif «implacable » (L 22) cette dimension systématique et ce caractère implacable qui s’abat sur les sportifs de W comme sur les déportés des camps de concentration apparaît dans l’utilisation de l’accumulation anaphorique « chaque homme, chaque jour, chaque » (L 18,19). Pourtant c’est un paragraphe différent,  séparé par un astérisque,  qui décrit le mieux ce que les libérateurs ont trouvé dans les camps en y entrant (et qui reste d’ailleurs une image terrible dans la mémoire collective) par la longue accumulation (L 35–38). On comprend donc que la forteresse qui se trouve au centre de l’île de W est la clé de l’interprétation de l’œuvre.

 

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Introductions séquence le roman (Boule de Suif et L’Etranger)

                                 Introduction : Le Réquisitoire, L’étranger  A. Camus

Albert camus est un écrivain français du XXème siècle.  Né en Algérie il y a passé sa jeunesse et y situe plusieurs de ses romans. C’est un  humaniste qui  s’interroge sur l’absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui donne un sens au monde et à l’existence.  C’est dans le cadre de cette « étude » de l’absurde qu’il écrit l’étranger son premier roman.  C’est l’histoire de Meursault un homme qui vit à Alger, en Algérie française.   Meursault ne joue pas le « jeu » de la société et il est donc étranger à cette société. Il commet un meurtre mais sera condamné, non pas pour ce meurtre,  mais parce qu’il est jugé sans cœur. Cet extrait est le réquisitoire que fait le procureur contre Meursault.

Problématique , Annonce de plan.

 

                                   Introduction :  l’Excipit,  Boule de Suif, G. de Maupassant

 

Maupassant est un auteur réaliste du XIXème siècle qui s’est intéressé à la vie paysanne ainsi qu’à la société moderne à travers la vie médiocre de la petite bourgeoisie. C’est ce qu’il fait dans Boule de Suif . L’histoire se passe  pendant l’hiver, 1870-71, durant la guerre franco-prussienne. La ville de Rouen en Normandie est envahie par les Prussiens. Pour fuir l’occupation, dix personnes prennent la diligence de Dieppe : un couple de commerçants, un couple de bourgeois, un couple de nobles, deux religieuses, un démocrate et enfin la prostituée  Boule de suif. Elle  subit leur mépris et leur lâcheté bien qu’elle se conduise en héroïne en se sacrifiant pour le groupe.  Cet extrait est l’Excipit de l’œuvre.

Problématique, Annonce de plan.

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Texte 5 La Femme Gelée, Annie Ernaux (analyse de l’extrait)

Texte 5                    La Femme Gelée  Annie Ernaux

EXTRAIT :

« un mois, trois mois que nous sommes mariés […]nous dodinent tendrement , innocemment  »

 

 Introduction :

Annie Ernaux est un auteur contemporain Professeur de lettre moderne, issue d’un milieu social modeste qu’elle évoquera dans nombre de ses œuvres. C’est dans sa propre vie qu’elle puise la matière  de son écriture  que ce soit son enfance, son adolescence ou la mort de sa mère. L’œuvre dont est extrait ce passage, La femme gelée,  raconte son mariage dans les années 60.  A. Ernaux explore les limites de l’émancipation féminine dans ces années là. A travers son propre portrait c’est celui de toutes les femmes qui  apparait en filigrane. Cette œuvre autobiographique dépasse alors le cadre du récit de vie et s’inscrit dans le genre des mémoires où elle prend une portée argumentative.

Dans cet extrait, elle raconte sa désillusion au début de son mariage, quand elle s’est retrouvée confrontée à un mari progressiste dans ses propos, mais bien moins dans ses actes, ainsi que sa molle soumission à la situation malgré son refus intérieur.

Les entrées : La relation homme/femme, Les taches ménagères, l’évolution de la relation, l’argumentation

 

La relation homme – femme:

 

Une relation homme/femme se met en place à l’intérieur du foyer : « Jeune couple moderne ou intellectuel » (L 3) ce qui laisse sous-entendre une certaine égalité homme/ femme et la narratrice utilise le  » nous » «comme nous sommes sérieux » (L 2) le « nous » est appuyée par un vocabulaire tel que « ensemble » (L 2), « même » (L 6), « ensemble » (L 56) ou encore « égalité » (L 55) l’apothéose de cette soi-disant union est marquée par une phrase non verbale très courte qui juxtapose deux mots redondants : « unis, pareils » (L 7) mais cette égalité dans le couple est de très courte durée. Ce qui en marque la fin est une sorte d’alarme «sonnerie stridente » (L 7) qui retentit comme une sirène,  ceci est explicité par une phrase non verbale «finie la ressemblance » (L 8) le « nous » laisse alors la place à un clivage entre le « je » et le « il » en effet : «l’un des deux » (L 8) « moi » (L 10) « je suis seule » (L 11–12), « la seule » (L 14) s’oppose alors  à « il » (L 16).

Toujours dans cette idée de séparation la narratrice relève ce qui dans l’attitude et dans les pensées montre une sorte d’incompréhension qui participe à ce clivage ainsi « il croyait me faire un plaisir fou » (L 44) qui s’oppose à « moi je me sentais couler » (L 44) de plus le fossé qui semble s’être creusé entre eux semble sans cesse s’élargir ce que nous comprenons  à la lecture des différentes antithèses qui décrivent la situation du couple ainsi « j’envisage un échec »  (L 49)  s’oppose à « sa réussite à lui » (L 49–50) ou encore « il se ramasse » (L 51)/« moi je me dilue ».

Le mari prend très rapidement un rôle dominant (L 54) « il m’encourage », « il souhaite que » ou encore « il me dit et me répète » (L 58) de plus il a un ton supérieur « pas mal » (L 53) , ce qui est exprimé aussi dans la parole rapportée au style narrativisé  par la narratrice « il se marre » (L 17) et « je suis humiliée » (L 18) ces différences flagrantes sont apparemment effacées par la relation amoureuse évoquée dans les dernières lignes de l’extrait (L 62–64)

 

Les tâches ménagères :

 

Ce sont elles qui vont transformer la relation du couple et vont faire basculer la vie de la narratrice notamment tout ce qui a trait à la nourriture c’est d’ailleurs la « cocotte-minute » qui vient rappeler les différences (L6) on a une gradation de la place de la cuisine puisque cela commence par l’évocation de la « dînette » (L 11) et que ça se termine par « la nourriture corvée » (elle 27) on remarque que le mot « dînette » est infantilisé par le suffixe alors que l’expression « nourriture corvée » est marquée seulement par le caractère péjoratif des termes et la prononciation dure de l’allitération en R.

Cette corvée semble très compliquée pour la narratrice qui a tout à apprendre. Elle évoque un difficile apprentissage de la cuisine « je ne savais pas » (L 12) ou « aucun passé dette culinaire » (L 13–12–14) « à toi d’apprendre » (L 22) et utilise des termes péjoratifs et se dévalorise par rapport à cette tâche avec des expressions telles que « une intellectuelle pommée incapable » (L 34), « une flemmarde », « malhabile » (L 33) « une braque » (L 40).ou bien « je me suis efforcée d’être la nourricière » (L 41) on remarque l’effort nécessaire à la narratrice.

Pour évoquer la cuisine il utilise beaucoup d’accumulations qui donne l’impression qu’elle étouffe, qu’elle se sent envahie comme aux  lignes 15 ou 24 « des œufs, des pattes, des endives, toute la bouffe ».

Sa relation à la nourriture montre qu’elle n’y apporte aucun intérêt et utilise un vocabulaire familier qui montre qu’on est loin de la grande cuisine avec des termes tels que « la bouffe » (L 24) ou « les patates » (L31), « petits pois cramés » (L 41), « la purée » (L 44).

Les termes qu’elle utilise montrent  la distance qu’il y a entre elle et la cuisine ainsi on retrouve par exemple « de l’extra » (L 13) ou le verbe « manipulait » (L 24) ou encore le terme « nourricière » (L 41) ce ne sont pas des termes qui montrent une proximité avec la cuisine ( pas habituellement employés).

On remarque une gradation avec » la nourriture décors » (L 25) puis « la nourriture surprise » (elle 26) et enfin « la nourriture corvée ». Cette corvée l’affecte profondément émotionnellement ce qui apparaît dans l’utilisation de termes tels que « angoisse », « découragement » (L 23) « ressentiment » (L 29) ou encore «sans joie » (L 41).

Cette obligation de cuisinier vient altérer son rapport à la vie et l’empêche notamment d’étudier, elle l’explique  à la ligne 44, « je me sentais couler » ou encore « indifférence » (L 50) mais surtout avec l’alternance  cuisine/étude dans l’accumulation  : « Version anglaise, purée, philosophie de l’histoire, vite le supermarché va fermer », ou lorsqu’elle avoue : » Pas eu le temps de rendre un seul devoir » .

 

L’évolution de la relation:

 

L’évolution de la relation dans cet extrait est chronologique. Elle va de la rencontre jusqu’au mariage,  mais elle n’est pas donnée de manière linéaire. Cela va du début de la relation « quand nous nous sommes rencontrés dans les Alpes« (L  ) puis  » Le restaurant universitaire fermait l’été »  et. » À la fac, en octobre » , «  au premier trimestre, »,  » un mois, trois mois que nous sommes mariés »  ce qui évolue dans le relation c’est la relation aux taches ménagères  notamment à la cuisine  ainsi on apprend que le « avant »  (L27, L 26, L11) correspond à « resto universitaire » puis « la dînette »  Le « après » correspond au présent : « un mois, trois mois que nous sommes mariés » (L1)  et à la « nourriture corvée »  on se rend compte qu’avec le mariage la réalité se heurte aux idées (L 59) « intellectuellement « , « il me dit que je » (L 58) ou « il est pour ma liberté » mais dans la réalité il n’applique pas ses idées sauf pour la « mascarade » de la vaisselle qu’il oublie systématiquement.

Si, pour son mari, il y a égalité dans la parole puisqu’il a un discours d’égalité, dans les actes en revanche il y a soit un refus total « non mais tu m’imagines avec un tablier » la parenthèse (L 17) soit une sorte de stratégie faire passer la pilule avec l’utilisation d’attitude et de mots infantilisants: « ma poule à petit coco »  (L 60–66).

Il y a une évolution de la situation par rapport au couple, à la société et à la narratrice elle-même .elle proteste de plus en plus mollement « Je n’ai pas regimbé, hurlé ou annoncé froidement  » puis évolue vers  une sorte de remise en question de ses propres qualités, un engourdissement, la remise en question de ses valeurs d’égalité. Elle exprime  parfois à une révolte  «  Au nom de quelle supériorité. « (L 14–15) et parfois à une acceptation : «  Et plus rien, je ne veux pas être une emmerdeuse, est-ce que c’est vraiment important, « (L 30 31).

Quand la narratrice compare sa situation et son « modèle » avec la société qui l’entoure cela l’amène à s’auto dénigrer (L 33)  par exemple :« une braque » (L 40 ou L 19). Ce qui semble surprenant c’est son manque de réaction « en y consentant lâchement » (L 28) si elle tente quelques réactions de révolte telle que « allusions », « remarque » elle n’est pas explicite dans cette révolte et c’est finalement elle qui va s’adapter qui va changer pour entrer dans le moule attendu « à toi d’apprendre (L 22), « il fallait changer » (L 35), je me suis efforcée d’être » (L 41) et cela va s’aggraver et s’accompagner d’une sorte d’engourdissement (femme gelée) beaucoup de verbes tels que « on s’enlise » (L 5), « je me dilue » (L 51, « je m’engourdis » (L 52) « je me sentais couler » (L 44), « on s’englue » L 62) mais cet engourdissement se met en place aussi avec beaucoup de douceur…   en effet on peut relever le champ lexical de la douceur avec « attendrissante » (L 3), « m’attendrir » (L 5), ou encore « doucettement », « gentillesse » (L 62) ainsi qu’un  vocabulaire très enfantin tel que « ma pitchoune » ou « petit coco » des attitudes enfantines avec « on travaille ensemble » ou encore « dînette » (L 11) surtout de sa part à lui « il se marre »(L 17) «un air contrit d’enfant bien élevé » (L 61), « le doigt sur la bouche » la narratrice perd non seulement ses valeurs mais oublie ses buts elle ne peut donc plus se consacrer à ses études,  dès le début du texte la  » cocotte-minute » vient remplacer la Bruyère ou Verlaine (L 5-6) et à la ligne 34 elle met au même niveau « intellectuel » et « casser un œuf » cet alternance préjudiciable d’étude et de corvée apparaît dans l’accumulation de des lignes 40–45.

Les études perdent  de l’importance,  ce sont « études par petits bouts », « art d’agrément » ou encore « flou étrange » (L 49)  » échecs » .  Elle a même perdu son intérêt pour les études ce que l’on comprend lorsqu’elle les évoque « avec peine et sans goût » (L 46) « sans enthousiasme » (L 47) ou encore « je n’aurais certainement pas le CAPES » (L 48–50) elle adopte donc au fur et à mesure de leur mariage une attitude d’abandon de plus en plus marquée.

 

L’argumentation :

 

A  première vue ce texte n’est pas clairement argumentatif,  pourtant Annie Ernaux  cherche à nous convaincre que le mariage peut devenir un véritable carcan. Elle nous le prouve en utilisant son propre exemple.

Son premier argument est concessif  « oui effectivement nous somme » et le « mais » est implicite mais il est donné avec « la sonnerie de la cocotte-minute » (L 7–8).

Le deuxième argument est une question oratoire (L 14 à 15)

l’argument suivant est un argument ironique  « la plénitude des femmes mariées «  (L 38) elle souligne la charge réelle par une accumulation de taches qui étouffent la femme mariée.

Ensuite le dernier argument est développé de manière inductive :  » tous les conflits «   (L62 63).

Elle donne  à son propre cas une portée générale avec l’utilisation de déterminants indéfinis « la » (L 62).

 

De plus ce texte utilise persuader en provoquant des ressentis,  des émotions, en effet  un sentiment d’injustice qui est créé par la différence qui s’installe  entre les deux étudiants.

Tout d’abord elle partage ses propres émotions : »Je suis humiliée » (L  ),  « sans joie » (L  ) , « J’ai pensé que «  suivi de nombreux termes péjoratifs « malhabile », « flemmarde », paumée » ou « moi ,je me sentais couler » (L  )ou encore « avec peine et sans gout » (L  ) .

Le Lecteur plonge avec la narratrice dans la désillusion du mariage :« le réel c’est ça  » (L  ).

Ensuite on ressent une certaine colère devant l’attitude du jeune marié « Il se marre » (L  ) , « il me le fait sentir » (L  )  son ton supérieur  rapporté au style indirect libre « pas mal tu devrais continuer » , ou au discours narrativisé « intellectuellement il est pour ma liberté » .

Enfin la sensation d’étouffement  est prenante  « midi et soir » (L  ); « jour après jour » (L  ) la narratrice semble s’enfoncer dans l’engourdissement , engourdissement dont on a un champ lexical conséquent  « couler »(L  ) « flou »(L  ), « dilue » (L  ), « engourdis » (L  ), « dorment » (L  ), « s’englue » (L  ).

Ces émotions s’associent pour nous persuader que le mariage (dans ces années là) peut être pour la femme un véritable carcan pour la femme et l’empêcher de s’épanouir intellectuellement.

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Texte 7, W ou le souvenir d’enfance G. Perec . chapitre 7 :Gaspard Winckler

Texte 7,                   W ou le souvenir d’enfance   G. Perec

                                        chapitre 7 :Gaspard Winckler

 

introduction de l’extrait : dans cet extrait le narrateur a rencontré Otto Apfelstell qui lui a raconté l’histoire du vrai Gaspard Winckler dont il a utilisé le nom afin de fuir l’armée en tant objecteur de conscience (ceux qui ne veulent pas faire l’armée)

 

les entrées : Gaspard Winckler, Caecilia (la mère), le voyage, la relation Gaspard/Georges.

 

Gaspard Winckler :

 

Il est décrit à l’imparfait puisque c’est le portrait d’un enfant et que l’on sait qu’il a depuis disparu. Cet imparfait est renforcé par la locution temporelle « à l’époque » la jeunesse du petit Gaspard Winckler est annoncée par le mot « enfant » et par « huit ans » (L1-2) mais l’indication la plus important est donné dans une phrase simple et très courte : « il était sourd et muet » (L 2) cette indication est reprise à la ligne 22 avec « sa surdimutité » qui est défini comme une « infirmité » (L 6) ; on remarque que le mot « infirme »  a un caractère péjoratif . Cependant  cette soi-disant infirmité  est mise en doute  par l’accumulation hyperbolique « aucune lésion interne, aucun dérèglement génétique, aucune maladie… » (L 19/22).

. Le problème de Gaspard Winckler n’est donc pas physique mais psychologique ce que développe le narrateur « ce qui ne pouvait être imputé qu’à un traumatisme enfantin » ou encore « de nombreux psychiatres » mais les raisons de ce traumatisme restent inconnues c’est ce qu’il appelle « les tenants et les aboutissants » (L 24). Ce traumatisme a donc des répercussions sur sa vie:  Dans le cas de Gaspard Winckler sa surdimutité empêche toute relation à l’autre ce qui est expliqué aux lignes 6–7 « condamner un isolement presque total »  de plus , les termes de « prostration » (L 12), « isolement » (L 6/7), « accroupis dans un coin » (L 8) on nous le décrit encore comme refusant de se nourrir de plus l’expression « ce pauvre enfant » indique à la fois une détresse psychologique et physique (puisque sa mère est d’une grande richesse) en effet la détresse psychologique a atteint son physique puisqu’il est décrit comme « malingre et rachitique »(L 5/6).

 

La mère :

 

Elle a un prénom particulier Caecilia dont l’étymologie signifie aveugle de plus elle est cantatrice (chanteuse) .

Elle est donc totalement l’opposé de son fils,  en antithèse totale : son fils et muet alors qu’elle a une voix extraordinaire,  elle est « mondialement connu » alors que son fils est dans « un isolement total », aussi bien l’adverbe « mondialement » que l’adjectif « total » sont des hyperboles . De plus c’est une femme très forte, qui prend des décisions «? » (L 12) ou encore « c’est alors que sa mère intervint » (L 39),  elle utilise aussi le verbe « vaincre » (L 11). C’est une femme qui a l’habitude de résoudre les différents problèmes qui se posent à elle ou à son entourage. C’est elle qui résout le problème du narrateur sans passeport, mais aussi ,  qui prend une décision pour résoudre le problème de son fils (l’emmener en voyage autour du monde).

 Le narrateur évoque les relations de la mère et du fils,  en effet elle le gâte énormément on le voit à l’adjectif hyperbolique utilisé « fastueux jouets » (L 9) mais il reste cependant  un « pauvre enfant »  (on remarque l’antithèse entre « fastueux » et  » pauvre » .

Enfin,  il semblerait que son fils la rejette, ainsi que l’indiquent les participes présents « négligeant » « refusant » puisqu’il refuse tout ce qui vient de sa mère (nourriture, cadeaux)

 Il peut paraître surprenant que le mot amour ne soit pas utilisé pour évoquer la relation mère/ fils mais bien le mot « désespoir » (L 12). Cette présentation nous montre donc à la fois une mère désespérée et un fils malheureux.

 

 

 

 

Le voyage :

 

Deux voyages sont évoqués dans cet extrait :

Le premier voyage est celui du narrateur (L 41) « votre voyage ultérieur » ou encore « les relais », « les étapes » (L 40/41) et le fait que le narrateur soit en transit « votre arrivée en Suisse »(L 29) alors que s’organise son départ : de nombreux termes développent l’idée de ce voyage,  notamment               « passeport » « carte d’identité » ou encore ceux qui ont aidé à organiser ce départ « l’organisation de soutien » (L 32/33), « le fonctionnaire genevois » (L 37) ou encore « l’organisation » (L 33, L 41).

Le second voyage est un voyage curatif (qui cherche à guérir) décidé par la mere pour sortir son fils de sa prostration . Ainsi il va passer d’un environnement fermé étroit  « un coins de sa chambre » (L 8) et « un isolement presque total » (L6/7) à un horizon infini avec « tour du monde » (L 13) des lieux en totale antithèse .

Ce voyage est un changement majeur dans la vie du petit Winckler nous retrouvons en effet  le champ lexical du changement avec les termes « découvertes », « nouveau », « changement » (L 14). La mère espère que cela va complètement changer la vie de l’enfant avec à la fois de «nouveaux horizons»(L14) , mais aussi un nouveau « climat » (L 15) et encore un nouveau « rythme de vie » (L 14). Ainsi la mère espère guérir son fils. Elle évoque un « processus » par lequel elle pourrait le guérir (L 18) et lui redonner à la fois « l’ouïe et la parole »

elle espère donc un « effet salutaire » (L 15 16) de ce voyage puisque l’ensemble de la communauté médicale tant « les médecins consultés » ou « de nombreux psychiatres » (L 36) ne trouve pas les raisons de sa maladie.

 Le lien entre les deux voyages est le passeport puisque celui qui devait servir au jeune Winckler va servir au voyage du faux Winckler. Enfin c’est bien le voyage du jeune Winckler qui va avoir pour conséquence le départ du narrateur pour un voyage à sa recherche qu’il emmènera jusqu’à W.

 

 

La relation entre Gaspard et Georges :

 

Cet extrait invite à une lecture double car à travers l’enfance de gaspard Winckler le lecteur peut lire le cheminement du petit George.

Tout d’abord pour les deux ( le petit Gaspard Winckler et le petit George Perec) c’est la mère qui a décidé d’organiser un voyage dans les deux cas c’est un voyage salvateur (salutaire) donc un voyage pour leur sauver la vie. La mère de George le met dans le train de la Croix-Rouge qui l’emmènera en zone libre pour échapper aux Allemands et à une mort certaine , le petit George a une fausse maladie il fait semblant d’être malade (faux bandage) physiquement il n’a rien il fait cela pour le paraître.

le petit Gaspard lui est aussi emmené en voyage par sa mère qui fait cela aussi pour le sauver d’une maladie qui n’existe pas « aucune lésion interne » (L 19 22) accumulation pour montrer que le petit Gaspard n’a aucune maladie réelle et que son problème est uniquement psychologique bien qu’on en connaisse pas « les tenants et les aboutissants » (L 24. Les tenants et les aboutissants c’est aussi le problème de George puisque toute l’œuvre du souvenir est reliée un problème de tenants : il y a un triple trait qui le soutient le parachute, le bras en écharpe, et le bandage. Les trois « traits » ont une réalité remise en question que ce soit le parachute de Charlot (édité postérieurement),  le bras en écharpe (sa tante dit qu’il ne l’a jamais eu),  ou le pansement,  les trois ont donc peut-être été inventés par le petit George et seraient des souvenirs écrans qui dissimuleraient un traumatisme enfantin:  l’abandon par la mère.

On se rappelle que le petit Gaspard Winckler est Sourd et muet et que sa mère porte le nom d’aveugle.

 De même, le petit George voit sa mère pour la dernière fois à la gare ce qui évoque le problème de Caécilia l’aveuglement (sa propre mère s’appelle Cécile) et, à cause de sa situation d’enfant juif caché,  il sera dans une sorte de déni de la réalité : il ne l’entend pas, ne la voit pas ce qui l’amène à une sorte de surdimutité  de la mémoire.

Comme le petit Gaspard,  Georges a vu aussi de « nombreux psychiatres » (comme la célèbre Françoise Dolto) et si le petit Gaspard est aidé par une organisation (« l’organisation« ) George aussi est aidé par une organisation (la Croix-Rouge). À travers l’histoire du petit Gaspard on a donc toute la trame de l’histoire du petit George.

 

 

Les questions possibles :

 

1)      Quelle image est donnée du petit Gaspard Winckler ?

I)                    un enfant à problèmes

II)                 le double du petit George

 

2)      Que nous apprend le portrait du petit Gaspard ?

I)                    il nous présente le souvenir d’un voyage et d’une séparation

II)                Il nous montre un enfant traumatisé

 

3)      De quel voyage est-il question dans ce texte ?

I)                    le voyage salvateur du petit Gaspard Winckler

II)                 le voyage salvateur du faux Gaspard Winckler

 

4)      Comment est présentée la maladie du petit Winckler ?

I)                    une maladie physique

II)                 une maladie psychologique

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Texte 8 : W ou le souvenir D’enfance, Georges Perec – chapitre 13 : le vide-

Texte 8 :                 W ou le souvenir D’enfance, Georges Perec

                                                    chapitre 13 : le vide

Introduction de l’extrait :

le chapitre 13 est le premier chapitre du souvenir dans la deuxième partie de l’œuvre. Cet extrait s’articule avec les (…) qui séparent (ou relient) les deux parties du livre. L’auteur dans cet extrait , tente d’organiser les souvenirs flous et morcelés dont il dispose.

Les entrées :

Temps et chronologie, la guerre, la négation, le narrateur.

 

Temps et chronologie :

 

Dès les premiers mots de cet extrait,  le narrateur situe le moment de l’écriture de la fiction  W  à l’époque de son enfance.

Cependant les indices temporels restent très floues « entre ma 11e et ma 15e année » (L2) ce flou est accentué par la mise en incise du verbe « disons » , cette période particulière de son passé « l’époque » (L1, L14) et donc une période longue,  mal définie dans le temps,  ce qu’il démontre par la double négation « ni commencement ni fin » (L 21).

On remarque que toutes les évocations chronologiques ou temporelles sont, soit associées à la négation, soit mal définies.

Pour la négation du temps on retrouve « nulle chronologie » (L18), «plus de passé » (L 22), « plus d’avenir » (L 23) « presque rien ne les entérine » on voit que les différentes négations utilisées pour parler du temps sont :  « ni », « nuls », « plus », « rien » .

Mais le narrateur tente, tout de même, de se créer des repères temporels (qui restent toujours flous) ce qui apparaît dans les expressions telles que « au fil du temps » (19) ou encore « de temps en temps » (27) « durée»  (L 24) ou encore « pendant très longtemps » (L 22/23).

Il utilise donc son âge comme repère temporel mais il fait aussi référence à des repères temporels naturels tels que les saisons (L 20) « ou du ski ou les foins ».

Malgré sa volonté de trouver des repères temporels le narrateur avoue par l’utilisation de l’adverbe «arbitrairement » qu’il n’y a aucune exactitude au niveau du temps et de la chronologie.

 

 

La guerre :

 

 La guerre n’est pas directement évoquée dans cet extrait ,  Elle sous-tend cependant la trame de son histoire. Elle apparaît tout d’abord dans la très longue accumulation des dessins de l’enfant (L 4-13) qui sont tous des évocations de la guerre : « machine de guerre » (6), « engin de mort » (L 7), « aéroplane » (L 7), « avion » (L 10). La guerre surgit donc dans les dessins de l’enfant pourtant il ne la vit pas directement c’est une guerre qu’il fantasme.  (il est caché dans des fermes en « zone Libre »)

De même , les images qu’il représente sont morcelés « les jambes séparées des bras » (11) ce qui laisse une impression morbide .

C’est aussi dans ce qu’il raconte de sa vie quotidienne  pendant cette période, que l’on peut déceler un temps de guerre notamment à travers  les changements imposés, ses déplacements fréquents et l’utilisation du «on » de généralité.

 On suppose donc qui n’était pas le seul enfant à être déplacé ainsi (il était à un certain moment avec des membres de sa famille) : « on changeait de lieu » (L 23), « on allait dans une autre pension ou dans une autre famille » (L 28 29) ainsi le vocabulaire du changement est fréquemment utilisé avec:   »changer », « aller », « autre ».

Une autre habitude des temps de guerre apparaît dans cet extrait, celle de ne pas donner le nom des gens, (par soucis de sécurité) .Une sorte de secret accompagnait ces enfants « les choses et les lieux n’avaient pas de nom » (L 29 30) et de plus les gens n’étaient pas identifiables  « n’avaient pas de visage » (30) c’est donc à travers ce récit d’enfance  que transparait  la guerre vécue par un enfant juif caché en zone dite libre.

 

 

La négation :

 

Cet extrait semble essayer de remplir le vide du souvenir.

En réalité ce vide a été créé par le secret imposé à l’enfant , ce qui a eu pour conséquence que pour Perec,  chaque effort pour se souvenir aboutit à une négation.

Tout est évoqué dans cet extrait avec des formes négatives. Il commence par une négation hyperbolique       « rien » (L 4) qui est le maximum de la négation, puis il utilise le « ni » (6) et ensuite dans une longue accumulation malgré une ellipse du » ni » mais qui  est sous-entendu.

Enfin à la ligne 13 l’accumulation se termine par l’adjectif « aucune » qui vient confirmer la négation tandis que le reste de l’extrait utilise de très nombreuses occurrences de négation : 4 « rien », 3 « ni » et plus de 10 formes négatives ainsi que 2 « nulle ». La question se pose alors de savoir ce qui est réellement nié par cette  sur-utilisation des formes négatives.

Tout d’abord c’est le lien : tout ce qui peut rattacher les choses,  faire du lien dans les dessins, les morceaux entre eux ne sont jamais rattachés. On retrouve d’ailleurs plusieurs verbes qui vont dans ce sens « détachent » (L 10-11), « sépare » (L 12), « ne tenait pas » (L 5-6).

De plus ce morcellement ne touche pas que les dessins mais aussi les souvenirs;  or ces souvenirs sont des morceaux de vie il y a donc une impossibilité d’avoir des repères qu’ils soient temporels ou qu’ils soient spatiaux. (Voir entrée sur le temps et la chronologie)

La négation des repères spatiaux est rendue par des termes vagues, non définis, tels que « un lieu qui est loin », « mais loin d’où » (L 26-25) et « peut-être simplement loin de » (L26-27). On relève aussi « on change de lieu » (L 26) et « lieux n’avaient pas de nom » (L 30).

Ces repères sont donc des attaches impossibles aussi l’auteur utilise-t-il  la métaphore du bateau « nulle amarre » (L17), « rien ne les ancre » pour les imager. Enfin la négation touche aussi les personnes,  à la fois par l’utilisation du « on » de généralité et l’affirmation « les gens n’avaient ni nom ni visage » (31). On ne sait donc pas qui est qui.

 

Le narrateur (c’est-à-dire l’auteur) :

 

Le narrateur évoque ses propres souvenirs dans une démarche quasi psychologique. Il établit un lien entre ses dessins d’enfants et la situation qu’il vivait.

Des  procédés  quasi identiques sont appliqués à la fois au dessin et à la situation;  par exempleà propos des dessins, il écrit  « les mains n’assure aucune prise » et pour la situation (dont il se souvient si difficilement), « nul amarre, rien ne les ancre rien ne les fixe » (L 16-17). C’est donc la même approche de cet « espace », ce « vide » qui empêche aussi bien les dessins que les souvenirs de s’organiser,  de faire du lien,  de former un tout.

La première partie de cet extrait est à la première personne : « je couvris », « ma 11e année » alors que la deuxième partie (mis à part le « je » de la ligne 11 ?) emploie surtout le « on » ce qui met en valeur le caractère peu précis et peu personnel de ces souvenirs.

 On remarque aussi que Perec a du mal à se situer par rapport aux événements , on a une sorte de chronologie (L 19) mais qui est arbitrairement reconstitué ce qui est sensible à la fois dans «… ? » et dans l’utilisation de « disons » mis en incise (L2).

On comprend donc qu’il ne sait pas exactement quel âge il avait au moment des différents événements évoqués dans cet extrait.

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Texte 6 : W ou le souvenir d’enfance, Perec. Chapitre 2 : incipit du « souvenir ».

Texte 6 :                                                       W ou le souvenir d’enfance           Perec.

                                                          Chapitre 2 : incipit du « souvenir ».

Introduction générale :

Pérec est un écrivain contemporain juif d’origine polonaise née en 1936;  Il a perdu son père en 40 dans la guerre franco-allemande et sa mère décide de le faire passer en zone libre afin de lui sauver la vie, avec un convoi de la Croix-Rouge. Elle  le dépose à la gare, probablement avec un bras en écharpe, c’est la dernière fois qu’il verra sa mère, elle meurt en déportation à Auschwitz . Après la guerre, il est adopté par sa tante. Hanté par l’idée de l’absence, il est suivi  par Françoise Dolto (célèbre pédopsychiatre)  et un certain nombre de ses œuvres tournent autour de cette problématique. C’est ainsi qu’il écrit W ou le souvenir d’enfance une œuvre qui alterne une autobiographie et une fiction, sorte d’utopie sportive, étant elle-même un souvenir d’enfance puisqu’il pense l’avoir écrite vers l’âge de 14 ans. C’est Pérec lui-même qui donne une explication de ce croisement de deux histoires qui semblent à priori différentes : « ils (les deux récits) sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, (…) ce qui n’est jamais tout à fait dit dans l’un, jamais tout à fait dit dans l’autre, mais seulement dans leur fragile intersection. »

Ce passage est extrait du chapitre 2, il constitue l’incipit du souvenir d’enfance puisque l’auteur a commencé l’œuvre par un chapitre de W. Perec y présente son projet d’écriture autobiographique.

 

 

Les entrées : histoire, le souvenir, l’incipit, l’écriture

 

l’incipit :

Cet incipit sert à la fois de pacte autobiographique et de présentation de l’œuvre romanesque W. La première phrase est à la fois caractéristique de l’autobiographie, puisqu’elle commence par le « je » narrant (celui qui raconte) et met en place le pacte autobiographique tel qu’il est défini par Philippe Lejeune (je  = auteur = narrateur = personnage principal). En même temps c’est une phrase qui déstabilise le lecteur dans l’attendu d’une autobiographie puisque l’autobiographe affirme n’avoir aucune matière pour rédiger son autobiographie « je n’ai pas de souvenirs d’enfance ». Cet incipit met donc en place une autobiographie courte celle de ses 12 premières années, dont il a perdu le souvenir, et une autobiographie basée uniquement sur des références concrètes et de très vagues souvenirs dissimulés parfois par des « souvenirs écrans ». Lui-même le remarque : « mon histoire tient en quelques lignes » ensuite il se livre à une sorte d’analyse de sa relation avec sa propre histoire qu’il replace dans la grande histoire. Dans la deuxième partie de cet incipit , il présente « W » (L 25/26) comme un souvenir d’enfance en soi « une histoire de mon enfance » (L 27/28).

Ensuite c’est sa relation à l’écriture qui est présentée ainsi que son projet d’écriture le « je » narrant reprend place à la fin du texte avec l’ancrage temporel  (dans la situation d’énonciation) « aujourd’hui » (L 44) suivi d’un présent d’énonciation  « j’entreprends » (L 44).

Dans ce projet d’écriture Perec annonce l’imbrication des deux œuvres W et le souvenir d’enfance l’explication est donnée à la ligne 50 : « avec le réseau qu’ils tissent »

De plus, cet incipit met en place une chronologie on retrouve ainsi « jusqu’à ma 12e année » (L2) « à 13 ans » (L23), «en 45 » (il n’a que neuf ans) (L5), « à quatre ans » (L3), « à 6 ans » (L5) puis « à l’âge de 33 ans » (L 43).

Si toutes ces citations relèvent des indices temporels détachés, en revanche à partir de la ligne 24  nous trouvons aussi des indices temporels ancrés dans la situation d’énonciation, donc celle du « je » narrant, : « il y a sept ans » (L 27) et « quatre ans plus tard » (L 44). C’est donc un incipit qui présente à la fois le personnage principal (je narrant et je narré) la raison de l’écriture et le projet d’écriture.

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Le souvenir :

Le souvenir a une place essentielle dans cette oeuvre puisqu’il donne son nom à toute l’œuvre. La relation au souvenir est une relation avec sa propre histoire ; en réalité cette œuvre est une recherche du souvenir mais souligne bien plus souvent l’oubli, la perte de mémoire que le souvenir lui-même , on relève  l’affirmation « je l’oubliais » (L 24) ou encore toujours la forme négative : « je n’avais pratiquement aucun souvenir » (L 30) en réalité cette recherche du souvenir absent est un véritable travail que fait l’auteur,  ce qui explique l’utilisation de l’expression « ce lent déchiffrement » (L 46). On peut noter d’ailleurs que les sonorités de « lent déchiffrement » participent a créer une impression de lenteur.

Un des souvenirs du narrateur est l’histoire de « W » (L 25) « je me souvins tout à coup » ce souvenir fait donc irruption dans une mémoire totalement « blanche ». Les souvenir qui devraient être la matière même de la mémoire sont remplacés ici par le souvenir collectif ou  familial. Souvenir collectif (L 20) « Histoire avec sa grande Hache » donc des souvenirs qui sont ceux de la guerre et des camps ; Ou encore les souvenirs familiaux qui ne sont que des dates,  ce qui reste très neutre et presque sans sentiments. L’évocation du souvenir est toujours partielle,  il se compare à un enfant qui joue à cache-cache (L 36) on a alors l’antithèse formée par « rester caché et « être découvert » (référence à sa situation) mais aussi on retrouve le jeu de mot , la métaphore de l’histoire « avec sa grande H » ce qui évoque une mémoire coupée étant donné que la guerre a « tranché » ses souvenirs.

Enfin il tente une interprétation de ce manque de souvenir puisqu’il utilise les mots « rassurés », « protégés » et on voit bien donc que cette manière d’évoquer ses souvenirs est une manière de se protéger.

 

 

L’histoire :

 

Histoire de Perec s’inscrit à la fois dans l’histoire de la guerre et dans la fiction qui accompagne son autobiographie. Un autobiographe écrit de manière rétrospective sa propre histoire, or une histoire est le tissage des souvenirs perçus comme réels et des faits donnés par des documents ( concrets photos, notes, récits familiaux etc.). Cependant Perec affirme ne pas avoir de souvenirs. Il fait donc le lien entre sa propre histoire et l’histoire de la France qu’il appelle « la grande Histoire » mise en incise (L 20). Cette grande histoire est opposée à sa propre histoire qu’il évoque par une accumulation (L 10/12) avec une gradation : « mon histoire, mon histoire vécue, mon histoire réelle, mon histoire à moi » l’utilisation du pronom d’insistance « à moi » marque l’opposition avec l’histoire des autres : la grande histoire.

Pour parler de son histoire personnelle il oppose donc l’apparence et la réalité. Il reprend donc mot pour mot l’accumulation des lignes 8 et 9 mais cette fois-ci accompagnée de négation dans une nouvelle accumulation ligne 13 14. Perec cherche à montrer qu’il y a une absence d’histoire personnelle apparente,  il utilise les termes du champ lexical de la réalité avec « objectif, évidence, apparente », (L 8) alors qu’en réalité c’est une sorte de mensonge de sa mémoire qui occulte son histoire c’est pourquoi il commence le paragraphe avec « cette absence d’histoire » (L 7) qui est censée le protéger de sa propre histoire (ce qui est assez paradoxal).

Mais une troisième histoire vient s’inscrire dans cette construction, c’est l’histoire de W , il affirme qu’il « invente à 13 ans une histoire » (L 23) cette histoire est aussi imprégnée de sa propre histoire. Ces trois histoires sont évoquées à la ligne 50 par le narrateur comme un « réseau ». Enfin il utilise un chiasme « le cheminement de mon histoire et l’histoire de mon cheminement » qui nous permet de comprendre que ces histoires sont construites en miroir.

Même si l’histoire de W semble apparemment détachée de sa propre histoire, tout d’abord par le lieu « un îlot de la Terre de Feu » (L 33) et par le thème « le sport » (L 33), en réalité, il relie dans cet incipit l’histoire sportive de W à sa propre histoire -enfermée dans son inconscient- grâce à la répétition du mot « fantasme ».

L’écriture de W va donc lui permettre de travailler sur sa propre mémoire, afin de faire remonter des souvenirs et de réécrire sa propre histoire. C’est donc l’écriture, une fois de plus « les pièges de l’écriture se mire en place ».

là encore nous remarquons  une imbrication de termes et donc de « réalités »  : « l’écriture (L 34) « la lecture » (L 50) « inscrit » et « décrit » (L 51).

 

L’écriture :

 

L’autobiographie est, par essence, une écriture de soi. Ainsi donc dans le souvenir d’enfance ,Perec s’engage à écrire son autobiographie mais paradoxalement son projet (évoqué au commencement de l’œuvre) est de clôturer, de finir « j’entreprends de mettre un terme ».

Il utilise,  pour parler de l’écriture, une métaphore surprenante : « le piège de l’écriture » (L 34) renforcée par l’expression « une fois de plus » qui montre l’importance de l’écriture ; en effet on sait qu’il a commencé à écrire à l’âge de « treize ans » (L 23). L’écriture de l’autobiographie, le souvenir, vient donc clôturer l’écriture de W (on verra que la fin de W clôture l’autobiographie)

Cet extrait est donc à la fois l’écriture d’un pacte autobiographique mais aussi celle d’un pacte romanesque.

 

 

 

Questions envisageables :

 

1)      Quel lien ont l’histoire de Perec et la fiction de W ?

I)                    le lien est établi parce que la fiction est en elle-même un souvenir d’enfance

II)                  cet extrait montre que les deux histoires sont imbriquées

 

2)      Quel pacte littéraire est mis en place dans ce chapitre ?

I)                     ce chapitre met en place un pacte autobiographique

II)                   ce chapitre met aussi en place un pacte romanesque comme déchiffrement du pacte autobiographique

 

3)      Comment Perec établit-il des liens entre les trois histoires ?

I)                     le souvenir est un lien entre les trois histoires

II)                   le pacte de lecture établit ce lien entre les trois histoires

 

4)       Quelle est la place du souvenir dans cet extrait ?

I)                     bien qu’important le souvenir reste incomplet

II)                   l’absence du souvenir écrit l’histoire même de l’auteur

 

5)      En quoi cet extrait donne-t-il une triple définition de l’histoire? (comment cet extrait définit-il l’histoire ?)

I)                     l’histoire personnelle

II)                   la grande histoire

III)                 l’histoire fictionnelle de W

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lettre à M. Léon Richet  » La Femme  » Victor Hugo . Texte.

8 juin 1872

Monsieur,

Je m’associe du fond du cœur à votre utile manifestation. Depuis quarante ans, je plaide la grande cause sociale à laquelle vous vous dévouez noblement.

Il est douloureux de le dire : dans la civilisation actuelle, il y a une esclave. La loi a des euphémismes : ce que j’appelle une esclave, elle l’appelle une mineure ; cette mineure selon la loi, cette esclave selon la réalité, c’est la femme. L’homme a chargé inégalement les deux plateaux du Code, dont l’équilibre importe à la conscience humaine ; l’homme a fait verser tous les droits de son côté et tous les devoirs du côté de la femme. De là un trouble profond. De là, la servitude de la femme. Dans notre législation telle qu’elle est, la femme ne possède pas, elle n’este pas en justice, elle ne vote pas, elle ne compte pas, elle n’est pas. Il y a des citoyens, il n’y a pas de citoyennes. C’est là un état violent : il faut qu’il cesse.

Je sais que les philosophes vont vite et que les gouvernements vont lentement ; cela tient à ce que les philosophes sont dans l’absolu, et les gouvernements dans le relatif ; cependant il faut que les gouvernants finissent par rejoindre les philosophes.

Quand cette jonction est faite à temps, le progrès est obtenu et les révolutions sont évitées. Si la jonction tarde, il y a péril.

Sur beaucoup de questions à cette heure, les gouvernants sont en retard. Voyez les hésitations de l’Assemblée à propos de la peine de mort. En attendant, l’échafaud sévit.

Dans la question de l’éducation, comme dans la question de la répression, dans la question de l’irrévocable qu’il faut ôter au mariage et de l’irréparable qu’il faut ôter à la pénalité, dans la question de l’enseignement obligatoire, gratuit et laïque, dans la question de la femme, dans la question de l’enfant, il est temps que les gouvernants avisent. Il est urgent que les législateurs prennent conseil des penseurs, que les hommes d’Etats, trop souvent superficiels, tiennent compte du profond travail des écrivains, que ceux qui font les lois obéissent à ceux qui font les mœurs. La paix sociale est à ce prix.

Nous philosophes, nous contemplateurs de l’idéal social, ne nous lassons pas. Continuons notre œuvre. Étudions sous toutes ses faces, et avec une volonté croissante, ce pathétique problème de la femme dont la solution résoudrait presque la question sociale toute entière.

Apportons dans l’étude ce problème plus même que la justice ; apportons-y la vénération ; apportons-y la compassion.

Quoi ! il y a un être, un être sacré, qui nous a formés de sa chair, vivifiés de son sang, nourris de son lait, remplis de son cœur, illuminés de son âme, et cet être souffre, et cet être saigne, pleure, languit, tremble. Ah ! Dévouons-nous, servons-le, défendons-le, secourons-le, protégeons-le ! Baisons les pieds de notre mère !

Avant peu, n’en doutons pas, justice sera rendue et justice sera faite. L’homme à lui seul n’est pas l’homme : l’homme, plus la femme, plus l’enfant, cette créature une et triple constitue la vraie unité humaine. Toute l’organisation humaine doit découler de là. Assurer le droit de l’homme sous cette triple forme, tel doit être le but de cette providence d’en bas que nous appelons la loi.

Redoublons de persévérance et d’efforts. On en viendra, espérons-le, à comprendre qu’une société est mal faite quand l’enfant est laissé sans lumière, quand la femme est maintenue sans initiative, quand la servitude se déguise sous le nom de tutelle, quand la charge est d’autant plus lourde que l’épaule est plus faible : et l’on reconnaîtra que, même au point de vue de notre égoïsme, il est difficile de composer le bonheur de l’homme avec la souffrance de la femme.

( Victor Hugo, Ecrits politiques, Anthologie établie et annotée par Franck Laurent, Le livre de poche, Références, 2001 ) 

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Analyse : La Femme , Lettre à M. Léon Richet Victor Hugo

Texte 3 :                                   La Femme  , Lettre à M. Léon Richet (8 juin 1872)                     Victor Hugo

Introduction :

Victor Hugo est l’un des plus grands écrivains français, né avec son siècle il a été de tous les combats humanistes, politiques et sociaux , il a utilisé sa plume notamment pour défendre le droit des femmes, aussi bien avec des personnages romanesques tels que Fantine dans Les Misérables , que dans de l’argumentation directe comme il le fait dans cette lettre. Il adresse celle-ci à Monsieur Léon Richet, rédacteur en chef d’un journal féministe,. Dans cette lettre il dénonce les torts de la société envers la femme et imagine une société idéale dans laquelle la femme serait l’égale et la compagne de l’homme.

 

Les entrées : la femme, les torts de la société, la relation homme femme, l’argumentation, l’implication de l’écrivain.

 

Les torts de la société :

 

Dans cette lettre, la société est critiquée aussi bien à travers les lois que les législateurs. La loi est allégorisée (L 4) « Elle l’appelle » ainsi être accusé plus facilement. Selon Victor Hugo la loi ne tient pas compte de la réalité,  elle est même fréquemment en opposition avec la situation réelle: ainsi il oppose « selon la loi » et « selon la réalité » (L 4/5). À la ligne 3 il utilise le terme « euphémisme » pour montrer que la loi aborde de manière légère,  presque littéraire un problème majeur.

La loi qui est censée être la garante de la justice est en réalité totalement injuste et déséquilibrée. Il utilise le symbole même de la justice pour le prouver : « les deux plateaux  du code » (L 5) cette métaphore de la balance est filée avec les verbes « chargés », « verser » (L 6) et aussi avec les termes « plateau » et « équilibre ».

On remarque utilisation du terme « législation » (L 7). Victor Hugo cherche à montrer que la loi est profondément injuste et qu’elle se livre à une violente négation de la femme,  c’est  pourquoi il emploie une accumulation de propositions négatives (L8–9) ainsi que l’affirmation négative « il n’y a pas de citoyenne ».

De plus,  il insiste sur le caractère actuel de ce problème : « dans la civilisation actuelle » (L 3) ou « dans notre législation » (L 7) ou encore « telle qu’elle est » (L 7/8), ce qui est renforcé par l’utilisation d’un présent d’énonciation. Enfin il associe un caractère d’urgence à ce présent,  en employant le subjonctif : « il faut qu’il » (L 9), « il est temps que les gouvernants avisent » (15). La loi est injuste parce que les législateurs le sont, or  les législateurs sont des hommes !  La répétition anaphorique « l’homme » (L 5/6) mais aussi « les gouvernants » (L10) et(L15) « les législateurs » (L16), « les hommes d’État » ainsi que la périphrase « ceux qui font les lois » (L 17).

On remarque l’oxymore qui oppose les hommes et les femmes entre « faire les lois » et « obéissent » (L 17)

 

L’implication de Victor Hugo :

 

Dans cette lettre,    Victor Hugo s’implique directement « je m’associe », « je plaide » (L 1). C’est pour lui le combat de toute une vie « depuis 40 ans » (L 1) il montre que son combat s’est fait contre les législateurs avec le parallélisme : « ce que j’appelle », « elle (la loi) l’appelle » (L 4). Il utilise aussi le » nous » notamment au début de la phrase à la ligne 18 (ce qui constitue le début du paragraphe) ainsi que sur toute la première partie du texte où les verbes sont à la première personne du pluriel.

Enfin nous avons dans le dernier paragraphe le « on » de généralité qui comprend l’ensemble des hommes (dont Victor Hugo).

Victor Hugo participe à ce combat en tant qu’homme de lettres : « les penseurs » (L 15), « les écrivains » (L 16), « les philosophes » (18) ; de même les périphrases « ceux qui font les mœurs » (en opposition avec ceux qui font les lois) (L 17), ou « les contemplateurs de l’idéal social » (L 18).

 

La relation homme femme :

 

La relation homme femme qui est dénoncée par Victor Hugo et qui a cours dans la société contemporaine (de V. Hugo)  est une relation de domination. Les termes « servitude » (L 1/2) ou « esclave » pour parler de la femme montre bien que celle-ci subit une très forte domination de l’homme.

L’opposition droit/devoir montre bien que la femme est sous la loi des hommes.

Même grammaticalement la position de l’homme systématiquement en tant que sujet actif montre que qui décide et agit tandis que la femme subit l’action, ce que l’on peut voir notamment aux lignes 5–6 « a chargé », « a versé ». L’homme est donc à l’origine de l’infériorité de la femme, pour Victor Hugo.

Pour l’auteur,  cette situation est une aberration car, s’il considère que la femme est plus faible que l’homme,  il ne pense pas que ce soit une raison pour la dominer mais au contraire pour l’élever et la protéger. Pour lui la femme est à la fois un être sacré et la compagne de l’homme. Ainsi il utilise le champ lexical du sacré « vénération » (L 19), « être sacré » (L 23) mais aussi une accumulation (L 23/24) qui déifie en quelque sorte la femme en ce qu’elle donne la vie : « former », « vivifier », « nourrie », ce qui est suggéré  aussi dans l’injonction « baisons les pieds » (L 25)

Victor Hugo insiste aussi sur la protection que l’homme doit apporter à la femme avec le terme  «compassion » ainsi que l’accumulation de la ligne 25.

La femme est aussi la compagne de l’homme, d’après V. Hugo,  toute la société devrait tenir sur l’union de l’homme et de la femme (plus enfant), « vraie unité humaine » « triple forme » ce qui devrait constituer à la fois « l’organisation humaine » et « la société » (L 31).

 

La femme :

 

La femme apparaît de deux manières dans ce texte:  telle qu’elle est traitée dans la société et telle qu’elle devrait l’être d’après Victor Hugo.

 

Dans la société actuelle la femme souffre (2 occurrences)  « la souffrance de la femme » (L 35) cela paraît aussi à la ligne 24 avec une accumulation « cet être souffre » associé à une polysyndète : et… et…. Cette douleur découle de la situation, considérée par Victor Hugo comme une violence faite aux femmes, « un état violent » (L 9) marquée par le présentatif « c’est ». c’est donc  la conséquence d’une situation de servitude décrite par Victor Hugo grâce à la métaphore de l’esclavage. À l‘euphémisme des textes «mineures » il oppose une hyperbole « esclave » il confirme cette vision particulière de la femme avec les termes de « tutelle » (L 33) ou « sans initiative » (L 32) ainsi que par l’image très physique des lignes 33 et 34. L’utilisation du terme « citoyenne » est bien entendue accompagnée de la négation. Négation qui se retrouve dans l‘accumulation de la ligne 7 à la ligne 9 pour montrer que la femme n’a pas sa place dans la société du XIXe siècle.

Il insiste sur l’importance de ce problème avec certaines expressions telles que « la question de la femme » (L 14) ou encore « pathétique problème de la femme » (L 19).

 

Victor Hugo lui nous propose une vision différente de la femme,  en faisant un véritable éloge de celle-ci.

La femme est sacrée : il y a une mise en incise « un être sacré » (L 23) et l’auteur développe ce caractère sacré (voir entrer précédente). Il insiste en faisant appel à la religion, en effet,  « baisons les pieds » pourrait faire allusion à la vierge Marie, allusion reprise avec « créature une et triple » qui là encore évoque une sorte de trinité (si pour les chrétiens Dieu et le père le fils et le Saint Esprit, l’homme lui doit être l’homme la femme et le fils) ce qu’il appelle « la vraie unité humaine » le terme « providence » vient conclure cette déification.

La femme est fragile  L’idée de sacrifice est associée à l’idée de fragilité car, si la femme est fragile c’est parce qu’elle se sacrifie pour ses enfants : « Sa chair », « son sang », « son lait » (L 23/24) mais aussi « son âme ». Le registre pathétique apparaît aussi bien dans l’utilisation du comparatif de supériorité « plus faible » que dans l’accumulation (L 24) « saigne », « pleure », tremble » (L 25) ; il cherche à provoquer la compassion envers la femme.

 

L’argumentation :

 

la thèse de Victor Hugo est : il faut réformer la loi de manière à ce que la femme devienne l’égale de l’homme.

Cette thèse n’est pas écrite de manière explicite elle apparaît souvent par opposition comme à la ligne 9. Ce qui permet de comprendre que l’homme et la femme doive être des citoyens égaux et à part entière. Il commence par un constat avec le présentatif « il y a » (L 3) et avec le passé composé pour montrer une action terminée (dont les conséquences sont présentées ensuite) « a chargé », « a fait » (L 5/6). Les conséquences de cette action sont marquées par la répétition anaphorique « de là » (L 7). Cette répétition introduit des phrases nominales qui sont de l’ordre du constat.

Ses arguments sont donnés de manière inductive c’est-à-dire à la fin de chaque paragraphe avec notamment « la paix sociale est à ce prix » (L 17) ou encore à la ligne 20 l’égalité de la femme permettrait donc la paix sociale et ainsi toute la société fonctionnerait. Le deuxième argument est d’ordre sociétal : il affirme que la loi doit être « la providence d’en bas » (L 30)

Il développe aussi d’autres arguments : « la femme est un être sacré » (cette fois-ci déductif) (L 23) ainsi que le dernier argument à la fin du texte (L 35)

 

Mais Victor Hugo utilise aussi « persuader » pour cela il fait une description pathétique de la femme (voir entrée sur la femme) il utilise de même la ponctuation « ! » Qui exprime l’émotion de la ligne 23 à la ligne 26 ou encore le registre didactique avec utilisation répétée de « : » (L3, L9, L 34) enfin il présente sa lettre comme un plaidoyer (donc directement argumentatif)  « depuis 40 ans je plaide la grande cause sociale »    (L 1).

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Questions envisageables :

1) Quelle image de la femme est donnée dans ce texte ?

I) l’image d’une femme désavantagée par la société (dominée par l’homme, maintenue en servitude par

la loi)

II) l’image d’un être merveilleux (un être sacré, un élément de l’unité humaine)

 

2) Que reproche Victor Hugo à la société qui lui est contemporaine ?

I) son injustice envers la femme

II) son incapacité a légiférer correctement

 

3) D’après Victor Hugo pourquoi la femme est-elle en souffrance ?

I) la femme est en souffrance parce que la loi la méprise

II) la femme est en souffrance parce que l’homme la domine et ne la protège pas

 

4) Cette lettre est-elle un plaidoyer ou un réquisitoire ?

I) cette lettre est un réquisitoire contre la société et la loi

II) cette lettre est un plaidoyer pour la femme

 

5) Comment Victor Hugo défend-t-il les droits de la femme ?

I) en montrant que les lois sont injustes envers elle

II) en faisant l’éloge de la femme

 

6) En quoi ce texte est-il argumentatif ?

I) il utilise à la fois convaincre et persuader

II) c’est à la fois un réquisitoire et un plaidoyer.

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Dom Juan , MOLIERE acte IV scène 3 (Dom Juan et M. Dimanche)

Introduction  :

 Molière est le plus célèbre dramaturge et le plus joué du XVII siècle jusqu’à nos jours. Il applique dans ses pièces la célèbre maxime « castigat ridendo mores » (c’est-à-dire corriger les mœurs par le rire). Ainsi il met en scène les différents défauts humains mais aussi certaines professions  et corporation (Ensemble de personnes exerçant la même profession) qu’il critique. Ses principales cibles sont les médecins et  les religieux.

Alors qu’il a dû lutter contre la censure pour sa pièce le Tartuffe qui critique les faux dévots, Molière écrit Dom Juan, cette pièce, et reprend le personnage  créé par TIRSO de Molina, un libertin qui sera puni pour ses actions , à la fin de la pièce, afin de calmer les critiques. Cependant Dom Juan est, sous la plume de Molière, si complexe et si attachant qu’il devient alors un mythe. Dom Juan après avoir épousé Elvire l’abandonne et se sauve avec son valet Sganarelle afin de se livrer à d’autres conquêtes. Il finit aux enfers emporté par la statue du commandeur qu’il a tué.

                              La scène à étudier est extraite de la scène 3 de l’Acte IV. Dans cette scène, Dom Juan est chez lui, il souhaite se mettre à table lorsqu’on lui annonce l’arrivée de M. Dimanche, son créancier. Dom Juan, flatte , ridiculise et embrouille Monsieur Dimanche en l’invitant à s’asseoir et en prenant des nouvelles de sa famille .IL finit par raccompagner le marchant  sans avoir remboursé et sans même q’il ait  pu formuler sa demande.

 

Les entrées :

hypocrisie et flatterie; Monsieur dimanche ;La relation Don Juan/Monsieur Dimanche ; La tactique

 hypocrisie et flatterie :

Don Juan est un noble plein de morgue (dédain ou mépris)  qui, en général, ne prend pas le temps de faire des politesses à ses interlocuteurs or la didascalie de la ligne 1 indique « faisant de grandes civilités » le « Ah, Monsieur Dimanche » qui suit, confirme que Don Juan cherche à donner l’impression d’être très heureux de voir Monsieur Dimanche. Don Juan multiplie les hyperboles pour témoigner de sa soi-disant estime pour le commerçant « que je suis ravie » (L1), « de ne trouver jamais de porte fermée chez moi » (L3/4), « au meilleur de mes amis » (L9) ou « de tout cœur » (L 49) ou encore « il n’y a rien que je ne fisse pour vous » (L 51). Il utilise aussi des répétitions qui exagèrent son discours telles que « point, point » (L 13) ou « non, non » (L 17). Tout ce qu’il dit à Monsieur Dimanche semble le ridiculiser ainsi il utilise de manière répétée l’adjectif  « petit »  tel que « petite fille » (L 37), « petit Colin » (L 39), « petit chien » (L 41) en général l’adjectif   »petit » est utilisé de manière affectueuse mais ici il fait aussi référence à la hiérarchie sociale. Sous le couvert de l’affection, il montre que Monsieur Dimanche et sa famille sont de petites gens, bien en dessous de lui même. Il semble d’ailleurs s’intéresser à toute la famille et fait semblant de s’intéresser à des détails tout à fait inintéressants tels que la manière de s’amuser du petit dernier : « fait-il toujours bien du bruit avec son tambour ? » Ce faux intérêt apparaît si clairement que Don Juan l’explicite « ne vous étonnez pas si je m’informe des nouvelles de toute la famille, car j’y prends beaucoup d’intérêt » (L 44/45).

Il flatte aussi le marchand sur son physique mais là encore cela laisse l’impression, non pas d’une admiration, qui serait absurde, du visage de Monsieur Dimanche, mais de quelqu’un qui observe un animal avant de l’acheter, ce qui met mal à l’aise ce dernier « des lèvres fraîches, un teint vermeil, et des yeux vifs. » (L 28) (il ne lui reste plus qu’à regarder l’état des dents !)

Les exagérations de Don Juan pour flatter l’homme se font aussi dans les actes . Tout d’abord il fait semblant de gronder ses laquais « coquins, je vous apprendrai à laisser Monsieur Dimanche… » (L6), « je vous ferai connaître » (L7). Il insiste aussi pour faire asseoir Monsieur Dimanche sur un fauteuil (il faut savoir qu’à l’époque le siège sur lequel on s’asseyait correspondait à sa condition sociale un fauteuil était donc fait pour un noble,  Monsieur Dimanche ne devrait avoir droit qu’à un tabouret ou un pliant. Ce qui gêne, bien sûr, le marchand « ôtez ce pliant et apportez  un fauteuil » (L 15). Enfin la dernière phrase de Don Juan dans cet extrait « vite un flambeau pour conduire Monsieur Dimanche » ainsi que « pour l’escorter » (L 57/58) correspond aux attentions que l’on devrait avoir pour un noble. Don Juan flatte donc Monsieur Dimanche avec beaucoup d’exagération et d’hypocrisie.

 Monsieur Dimanche :

 Monsieur Dimanche est tout à fait conscient de la différence de sociale qui existe entre lui et Don Juan, il s’adresse un noble et commence donc toutes ses phrases par « Monsieur » , parfois il, utilise le terme Monsieur en incise,  (L 21 ou 23). Il utilise aussi de nombreuses marques de politesse telles que « je vous suis fort obligé » (L5) ou « je suis votre serviteur » (L 10) ou encore « c’est trop d’honneur » (L 38). Cependant Monsieur Dimanche n’est pas totalement naïf et se rend bien compte que Don Juan le manipule « vous vous moquez » (L 16) mais aussi il préfère fuir l’invitation de Don Juan « non, Monsieur, il faut que je m’en retourne tout à l’heure. » (L 56). Bien qu’interrompu systématiquement par Don Juan, Monsieur Dimanche cherche pendant toute la scène à dire ce pourquoi il était venu ainsi on retrouve « j’étais venu… » (L 10), « je viens pour… » (L 23) de nouveau « je suis venu… » (L 27) ou encore « je venais… » (L 3).

 La relation Don Juan/Monsieur Dimanche :

 Bien que faisant des démonstrations d’amitié à Monsieur dimanche Don Juan en réalité le traite comme un valet   Lorsqu’il le reçoit,  Monsieur dimanche attendait depuis trois quarts d’heure.  Il impose sa volonté : « je veux que » (L 13) ou encore « je ne veux. » (L 17) de plus, il donne des ordres à l’impératif « asseyez-vous » (L 20) « mettez vous la » (L 22) il rejette toute négation de Monsieur dimanche «Point,point » (L 13) « non , non » (L 17) « je ne vous écoute point » (L 24). Don Juan interrompt systématiquement Monsieur dimanche on le voit aux points de suspension, ( ligne 10,16, 19,21, etc.) enfin il demande des nouvelles de chaque membre de la famille de manière très précise, Madame dimanche, Claudine et Colin et même du chien. Chaque fois que Monsieur Dimanche cherche à revenir au problème de la dette, Don Juan change de sujet. Monsieur Dimanche répond de manière très polie et respectueuses à chaque question qui lui est posée. 10 « cela n’est rien » (L8) « fort bien » (L 31) Il multiplie aussi les marques de servilité « je suis votre serviteur » (L 10) ou encore « je fais ce que vous voulez » (L 25) alors que Don Juan , lui,  fait mine de donner des marques d’amitié ainsi il dit « je ne veux point qu’on mette de différence entre nous deux » (L 17) ou « êtes-vous bien de mes amis ? » (L 47) enfin avec beaucoup de sarcasme il joue sur les mots lorsque il répond à Monsieur dimanche qui dit être honoré de sa bonté : et « cela sans intérêt » puisque l’allusion aux intérêts (que Don Juan devrait payer à Monsieur Dimanche) est tout à fait claire. Ainsi Don Juan mène le dialogue, il manipule Monsieur Dimanche, aussi bien moralement que physiquement, et le raccompagne sans que ce dernier ait pu ne serait-ce que demander le remboursement  du crédit qu’il a fait à Don Juan.

 La tactique de Don Juan

Le début de la scène est occupé par toutes les simagrées que fait Don Juan autour du fauteuil sur lequel il veut asseoir Monsieur Dimanche. On remarque que 14 répliques sont échangées à ce sujet jusqu’à ce que le marchand cède « je fais ce que vous voulez » (L 25) puis quand cette première diversion est terminée Don Juan met Monsieur Dimanche sous un feu de questions à propos de sa famille et fait des digressions sur des détails sans importance tels que le tambour du petit ou les aboiements du chien.

Tout le long de la scène il coupe la parole à son interlocuteur pour l’empêcher de formuler sa demande. Enfin il lui propose de souper avec lui afin de clore la discussion et de lui faire comprendre qu’il n’est plus l’heure de parler : la didascalie de la ligne 57 « se levant » montre que Don Juan ne laisse pas, une nouvelle fois, parler Monsieur Dimanche et le fait partir rapidement « vite un flambeau pour conduire Monsieur Dimanche » (L 57). Ainsi Don Juan est arrivé à faire raccompagner Monsieur Dimanche sans qu’il ait pu parler et tout en se montrant et soi-disant attentionné.

 

Questions envisageables :

En quoi peut-on dire que Don Juan domine ce dialogue ?

1) Don Juan manipule Monsieur Dimanche

2) Monsieur Dimanche se soumet à Don Juan

 Comment Don Juan empêche-t-il Monsieur Dimanche de lui réclamer son argent ?

1) en flattant Monsieur Dimanche

2) en l’empêchant de s’exprimer

 Pourquoi peut-on parler de manipulation ?

1) parce que Don Juan se moque de Monsieur Dimanche tout en faisant semblant de le flatter

2) parce qu’il empêche Monsieur Dimanche de réclamer son argent .

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Ubu roi , Alfred Jarry ; acte I scène 1

Ubu roi , Alfred Jarry

Introduction générale :

La pièce Ubu roi a été écrite par Alfred Jarry en 1888, et sa première représentation publique véritable a lieu en 1896. L’histoire d’Ubu  a été créée par des étudiants dont faisait parti l’auteur afin de se moquer de l’un de leurs professeurs,  Monsieur Hébert. Cette farce potache qui a choqué ses contemporains lors de sa première représentation est une parodie de drame sur le pouvoir absolu. Le père Ubu prend le pouvoir par la force et exerce alors un totalitarisme ignoble.

Texte n° 10                                             Introduction acte I scène 1

Ce dialogue est extrait de la scène d’exposition et met en scène Père Ubu et Mère Ubu. Dans ce passage Mère Ubu tente de convaincre Père Ubu d’assassiner le roi de Pologne dont il est le ministre afin de prendre sa place et de régner.

 

Les entrées : une scène d’exposition, provocation et rire, parodie, père Ubu, relations entre les personnages.

1) une scène d’exposition :

Comme dans une scène d’exposition classique cette scène nous présente les personnages principaux mère Ubu et père Ubu. Père Ubu se présente lui-même pour expliquer qu’il est content de lui « capitaine des dragons etc. » la mère Ubu elle,  ne se présente pas mais apparaît à travers ses propos. Ainsi elle paraît très ambitieuse « peut-être dans huit jours serai-je reine de Pologne » elle est, de plus, très manipulatrice. Elle  s’adresse à Père Ubu et  pour le convaincre elle lui fait miroiter ce que lui apportera le trône en employant le conditionnel « tu pourrais… » elle le  tente  aussi grâce à des hyperboles telles que « indéfiniment » et tour à tour, elle le flatte ou le houspille « un véritable homme », « un gueux pauvre comme un rat » de plus elle paraît cruelle « massacrer toute la famille ».

Cette scène d’exposition nous apprend aussi que le Roi de Pologne se nomme Venceslas et qu’il a des enfants, que  le lieu où se passe l’histoire est la Pologne : « la couronne de Pologne » (L20) (c’est bien évidemment une Pologne imaginaire). Ensuite il y a une annonce de ce qui s’est passé précédemment comme le veut la règle classique de la scène d’exposition : « après avoir été roi d’Aragon ». L’intrigue de la pièce est dévoilée aussi « qui t’empêche de massacrer toute la famille de te mettre à leur place ? » (L 27).

Cependant , cette scène d’exposition est non seulement originale mais surtout surprenante tout d’abord par  le ton donné à la pièce avec le premier mot prononcé sur scène « merdre » (L 1) mais aussi par le caractère burlesque de cette scène dans laquelle un officier et sa femme envisage d’assassiner le roi et de faire un coup d’État mais sur le ton de la farce, et en employant un vocabulaire et des expressions grossiers « n’ai-je pas un cul comme les autres » (L 33,34), « passer par la casserole » (L 40). De plus, le brusque retournement de Père Ubu laisse planer un doute sur la suite de la pièce. Le caractère parodique est immédiatement mis en place dans cette scène d’exposition.

 

 

 

 

2) père Ubu :

La première image donnée de Père Ubu dans cette pièce est celle d’un personnage grossier , notamment avec l’utilisation du mot « merdre » (L 1) c’est-à-dire « merde » auquel il a ajouté une lettre ce qui le rend encore plus truculent,  plus fort et plus ridicule.  La répétition de ce mot ainsi que d’autres expressions telles que «bougre de merdre, merdre de bougres », ou l’utilisation du mot « cul » mêlées  à des expressions soutenues telles que « vous me faites injures » (L 29) ou des inversions sujet verbe comme « n’a-t-il pas » (L 26), « que ne vous assomme’ je » (L 4) ainsi que le mélange du vous et du tu « vous me faites injure » (L 29) et « qui t’empêche » en font un personnage extravagant et grossier.

C’est de plus un personnage puéril. Ainsi Mère Ubu,  pour le convaincre,  lui propose des avantages qui ne convaincraient aucune personne adulte et mature telle que « de l’andouille » ou « un grand caban »,ou encore « un parapluie » (L 42,43) et de manière complètement décalée des avantages inaccessibles tels que « augmenter tes richesses indéfiniment » (L 37,38).

Comme un enfant , il cède très rapidement aux propositions de Mère Ubu et paraît donc très facilement influençable ou manipulable « je cède à la tentation » (L 44) mais il est versatile « plutôt mourir que d’assassiner » (L 50) .

Père Ubu est d’autant plus surprenant qu’il semble un moment faire preuve de moral et de vertu lorsqu’il refuse d’assassiner le roi (L 50) ou lorsqu’il déclare : «j’aime mieux être un gentil rat qu’un méchant chat ». C’est aussi un personnage qui apparaît capable de violence il use souvent de menaces notamment lorsqu’il dit « que ne vous assomme’je » (L4), ou « vous allez passer par la casserole » (L 30), ou encore « passer un mauvais quart d’heure » (L 44).

On ne peut pas non plus oublier le caractère très visuel de la pièce mis en valeur par Jarry dans ses croquis et qui nous montrent un père Ubu avec une immense gidouille et une allure grotesque. Père Ubu est donc un personnage inattendu,  il paraît vénal,  versatile,  égoïste,  grossier.

3) la relation entre les personnages:

 Le mari et la femme ne paraissent pas se respecter. Mère Ubu ne cesse d’insulter Père Ubu dès la ligne 2     « grand voyou » ou encore « tu es si bête » (L 23) elle le compare à un rat et le traite de « pauvre malheureux, gueux » (L 32).

De son côté, on voit aussi que père Ubu la menace « que ne vous assomme » et ne s’intéresse pas vraiment à ce que dit sa femme, ainsi son « je ne comprends pas » (L 7) semble surtout un manque d’intérêt il répète d’ailleurs à la ligne 21 « je ne comprends rien » et « l’envoie promener » avec un    « et bien après, mère Ubu ? » (L 58) explicité par la didascalie : « il s’en va en claquant la porte« .

Mère Ubu semble plus intelligente que père Ubu ainsi elle le manipule, elle utilise des allusions telles que « ce n’est pas moi, c’est un autre… » (L5 6) ou encore « vous pourriez faire succéder sur votre fiole » (L 18 19). Elle passe du conditionnel au présent lorsqu’elle constate qu’il a enfin compris « qui t’empêche de massacrer » (L 27). Il semble qu’elle ait parfaitement analysé le Père Ubu puisqu’elle sait proposer ce qui le tente, elle connaît ce qu’il aime. Enfin elle paraît sûre d’elle-même « grâce à Dieu et à moi-même » (L 61)

Ce couple se vouvoie et se tutoie à tour de rôle « Madame » (L 10) ou alors « mère Ubu » (L 21) ce qui est beaucoup plus familier …   de la même manière Mère Ubu  le flatte « un véritable homme » mais aussi « père Ubu » (L9).

On se rend compte que si mère Ubu pousse son mari à commettre un coup d’État c’est, égoïstement, pour elle-même « serai-je Reine de Pologne » (L 64) enfin,  elle ne fait pas confiance à Père Ubu.

4) provocations et rire:

Dans cette pièce Jarry n’hésite pas à provoquer les spectateurs contemporains aussi bien avec le mot «merdre » qu’avec la juxtaposition des registres familiers et soutenus . en effet il fait se côtoyer des termes argotiques et des termes nobles tels que « fiole » et « couronne » (L 15) ou encore « cul et trône » (L 36) mais l’auteur utilise aussi des expressions qui ne veulent rien dire telles que « de par ma chandelle verte » (L7, 10,24) ou des formulations dignes du Moyen Âge « vous este » (L 2)  ou encore « ventre bleu » (L 53). Pour faire rire il utilise beaucoup d’exagération par exemple de la ligne 10 à la ligne 15,  il propose une accumulation de titres avec un registre soutenu dont le caractère noble est brusquement rabaissé par la Mère Ubu dans la réplique suivante « une cinquantaine d’estafiers armés  de coupe-choux » (L 20). Toujours dans le registre comique de nombreux jeux de mots sont utilisés tels que le trône qui associé au mot « cul » change de signification. Les nombreuses accumulations ressemblent plus à des listes farfelues telles qu’aux  lignes 36 ou 56. Même si le sujet de la pièce  semble être un sujet sérieux,  Alfred Jarry tire tour à tour la corde provocation ou la corde comique.

5) la parodie :

Cette scène est une parodie de Macbeth de Shakespeare. Dans la tragédie originale, Macbeth  est poussé par sa femme à assassiner son roi. Comme dans la pièce de Shakespeare,  Ubu oppose tout d’abord une certaine résistance à la proposition de sa femme;  mais le registre tragique et soutenu de Macbeth est devenu un registre familier et comique dans Ubu roi.

On remarque que cette parodie amplifie la cruauté du personnage Ubu/Macbeth « qui t’empêche de massacrer toute la famille » (L 27) de plus la relation entre Mère et Père Ubu est totalement différente de celle entre Sir et Lady Macbeth. Père Ubu parle très mal à Mère Ubu et la menace « passer à la casserole » (L 30) ou « que ne vous assomme’ je » (L 4) tandis que Mère Ubu lui répond tout aussi mal « tu est si bête » (elle 23) ou encore à la ligne « vous êtes un fort grand voyou ». De plus Père Ubu parodie le langage du chevalier avec l’accumulation de ses « titres » ainsi qu’avec son exclamation « de par ma chandelle verte » qui reprend de manière absurde la formule classique d’un chevalier avant de se battre.

 Les instruments d’apparat qui sont censés symboliser la richesse et le pouvoir sont aussi parodiés dans Ubu Roi puisqu’à la place du sceptre et de la traîne d’un roi Ubu aurait « un parapluie » et « un grand caban ». Comme on l’a dit précédemment le trône d’Ubu évoque bien plus des « toilettes » qu’un véritable trône.

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Analyse de l’excipit de W ou le souvenir d’enfance ; Perec

Texte 9 :                 W ou le souvenir D’enfance, George  Perec

                                                    chapitre 36 : L’Excipit  (p219)

Introduction de l’extrait :

Cet extrait est l’Excipit de « W » au chapitre 36. Il est suivi cependant au chapitre 37 de l’Excipit du « Souvenir ». Le croisement de ces deux chapitres nous donne la clé de W ou le souvenir d’enfance : des camps de concentration. La description définitive des sportifs de W ainsi que la découverte de la forteresse fait clairement référence aux camps de concentration de la seconde guerre mondiale.

Les entrées :

le sport, les camps, la souffrance.

1) le sport :

Le texte commence dès la ligne 1 par l’évocation des athlètes, on est donc bien dans l’évocation sportive d’autant plus qu’ils sont appelés « les sportifs » (L 2). On a, de plus, une progression thématique éclatée :  ainsi le thème, « les athlètes, » est dérivé en « ces lanceurs », « ces sauteurs » (L 5), « ces lutteurs » (L 7 8), « ces coureurs » (L 9),   » ces rescapés » (L 10).

Le narrateur développe aussi le champ lexical du sport avec des termes tels que « un sprint » (L 3), « les poids » (L 4), « s’élever », « coureur de fond » (L 9), « marathon » (L 10), « performance », « avec le 100 m, 200 m » (L 25) « les juges de touche » (L 12).

Cependant, étonnamment, ces sportifs semblent très faibles. Dès le début on retrouve une comparaison surprenante « ressemble à des caricatures sportives de 1900 » (L 2). De plus tous les termes associés au sport sont accompagnés d’explications peu avantageuses et qui tendent à rendre ridicules les descriptions du sport à W ainsi : « des caricatures » (L2), « leur sprint est grotesque » (L 3), « les sauteurs ont les chevilles entravées » (L 5), « les lutteurs enduits de goudron et de plumes » (L 8), «  sautillants et à cloche-pied » (L 9) enfin les athlètes sont décrits d’une manière terrible notamment avec l’adjectif  « squelettique » (L 13).

Ils sont décrits par une accumulation de groupes nominaux avec une gradation jusqu’à l’hyperbole « toutes ces marques indélébiles » (L 16). De même les coureurs font des scores ridicules avec « 23 minutes pour le 100 m, 51 minutes pour le 200 m et 1m30 au  saut en hauteur »(L 25,26, 27). C’est ainsi que le mot « athlète » prend une dimension ironique et que l’utopie sportive se transforme en contre utopie. Le sport évoqué dans cet extrait  est une mascarade qui ressemble au sport décrit dans la page de  l’univers concentrationnaire  de David Rousset cité par Pérec dans la dernière page de l’œuvre.

 

2) la souffrance :

Sur W , les sportifs semblent souffrir. Leur description de la ligne 13 à  la ligne 14 montre une réelle souffrance physique et psychologique. Les différents groupes nominaux sont marqués soit par des adjectifs tels que « terreux », « courbé », « purulente » accentuée par des hyperboles telles que « toujours », « indélébiles » ou alors par des compléments de noms tels que « plein de panique », « sans fin, sans fond ».

À cette souffrance physique s’ajoute une souffrance psychologique qui est décelable dans l’utilisation de termes tels que « panique », « terreur », « humiliation ».

Ces « athlètes » sont appelés « les rescapés du marathon » (L 10) et sont décrits par une accumulation (L 11) « éclopés, transis ». De plus on devine que ces « athlètes » prennent des coups (ils sont battus par les juges lorsqu’ils passent) ce que l’on comprend grâce à (L 12) « les verges et les gourdins » ; on apprend aussi (L 5) qu’ils sont « entravés »,  « enduits de goudron et de plumes » (L 8).

Enfin c’est une souffrance qui ne s’arrête jamais . On remarque à ce propos une accumulation qui va dans ce sens : « chaque jour chaque heure, chaque seconde » (L 19). Certaines évocations sont effrayantes :  « anéantissement systématique des hommes » (L 23) . Leur souffrance devient évidente dans le paragraphe suivant avec la description de l’intérieur de la forteresse.

 

3) les camps :

C’est dans cet extrait que se rejoignent définitivement l’histoire et l’Histoire.

En effet l’utopie sportive commencée dans W a bien abouti à une contre utopie, et cette dernière description de l’activité sportive sur W est bien la description d’un camp de concentration.

Dès les  lignes 1 et 2 la tenue des sportifs ressemble étrangement au costume des déportés « tenues rayées » puis la description des épreuves sportives montre l’humiliation et la torture imposée à ces hommes « chevilles entravés » (L 5), « fausses remplies de purin » (L 7), « enduits de goudron et de plumes » (L 8) et enfin ils affrontent des juges « armés de verges et de gourdins » (L 12).

Leur attitude est la même que celle des déportés dans les camps :  ils sont « éclopés, transis » (L 11), « toujours courbé » (L 14) comme les déportés des camps de concentration nazie, on leur a rasé la tête « crâne chauve » (L 14,15). Le manque de nourriture et de soins est perceptible dans l’apparence de ces soi-disant sportifs avec « squelettique » (L 14), « dévisage terreur » (L 13 14), « les plaies purulentes » (L 16) mais aussi dans leur incapacité à faire réellement du sport on apprend ainsi à la ligne 9 que l’on peut les voir « sautillants à cloche-pied » ou « à quatre pattes » (L 10), « trottinant » (L 11) ainsi leur manière de se déplacer aussi bien que leurs performances sont tout à fait ridicule (L 25 26 27).

En dehors de l’évocation de ces soi-disant sportifs de W c’est le système même qui régnait dans les camps lors de la Shoah qui semble restitué dans l’organisation de W; on retrouve aussi bien « l’anéantissement systématique des hommes » (L 22,23) qui semble hyperbolique mais qui n’est qu’une évocation de la réalité dans les camps, ou encore l’accumulation « un écrasement conscient, organisé, hiérarchisé » (L 20) ou enfin « cette machine énorme dont chaque rouage participe » (L 21) renforcé par l’adjectif «implacable » (L 22) cette dimension systématique et ce caractère implacable qui s’abat sur les sportifs de W comme sur les déportés des camps de concentration apparaît dans l’utilisation de l’accumulation anaphorique « chaque homme, chaque jour, chaque » (L 18,19). Pourtant c’est un paragraphe différent,  séparé par un astérisque,  qui décrit le mieux ce que les libérateurs ont trouvé dans les camps en y entrant (et qui reste d’ailleurs une image terrible dans la mémoire collective) par la longue accumulation (L 35–38). On comprend donc que la forteresse qui se trouve au centre de l’île de W est la clé de l’interprétation de l’œuvre.

 

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Introductions séquence le roman (Boule de Suif et L’Etranger)

                                 Introduction : Le Réquisitoire, L’étranger  A. Camus

Albert camus est un écrivain français du XXème siècle.  Né en Algérie il y a passé sa jeunesse et y situe plusieurs de ses romans. C’est un  humaniste qui  s’interroge sur l’absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui donne un sens au monde et à l’existence.  C’est dans le cadre de cette « étude » de l’absurde qu’il écrit l’étranger son premier roman.  C’est l’histoire de Meursault un homme qui vit à Alger, en Algérie française.   Meursault ne joue pas le « jeu » de la société et il est donc étranger à cette société. Il commet un meurtre mais sera condamné, non pas pour ce meurtre,  mais parce qu’il est jugé sans cœur. Cet extrait est le réquisitoire que fait le procureur contre Meursault.

Problématique , Annonce de plan.

 

                                   Introduction :  l’Excipit,  Boule de Suif, G. de Maupassant

 

Maupassant est un auteur réaliste du XIXème siècle qui s’est intéressé à la vie paysanne ainsi qu’à la société moderne à travers la vie médiocre de la petite bourgeoisie. C’est ce qu’il fait dans Boule de Suif . L’histoire se passe  pendant l’hiver, 1870-71, durant la guerre franco-prussienne. La ville de Rouen en Normandie est envahie par les Prussiens. Pour fuir l’occupation, dix personnes prennent la diligence de Dieppe : un couple de commerçants, un couple de bourgeois, un couple de nobles, deux religieuses, un démocrate et enfin la prostituée  Boule de suif. Elle  subit leur mépris et leur lâcheté bien qu’elle se conduise en héroïne en se sacrifiant pour le groupe.  Cet extrait est l’Excipit de l’œuvre.

Problématique, Annonce de plan.

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Texte 5 La Femme Gelée, Annie Ernaux (analyse de l’extrait)

Texte 5                    La Femme Gelée  Annie Ernaux

EXTRAIT :

« un mois, trois mois que nous sommes mariés […]nous dodinent tendrement , innocemment  »

 

 Introduction :

Annie Ernaux est un auteur contemporain Professeur de lettre moderne, issue d’un milieu social modeste qu’elle évoquera dans nombre de ses œuvres. C’est dans sa propre vie qu’elle puise la matière  de son écriture  que ce soit son enfance, son adolescence ou la mort de sa mère. L’œuvre dont est extrait ce passage, La femme gelée,  raconte son mariage dans les années 60.  A. Ernaux explore les limites de l’émancipation féminine dans ces années là. A travers son propre portrait c’est celui de toutes les femmes qui  apparait en filigrane. Cette œuvre autobiographique dépasse alors le cadre du récit de vie et s’inscrit dans le genre des mémoires où elle prend une portée argumentative.

Dans cet extrait, elle raconte sa désillusion au début de son mariage, quand elle s’est retrouvée confrontée à un mari progressiste dans ses propos, mais bien moins dans ses actes, ainsi que sa molle soumission à la situation malgré son refus intérieur.

Les entrées : La relation homme/femme, Les taches ménagères, l’évolution de la relation, l’argumentation

 

La relation homme – femme:

 

Une relation homme/femme se met en place à l’intérieur du foyer : « Jeune couple moderne ou intellectuel » (L 3) ce qui laisse sous-entendre une certaine égalité homme/ femme et la narratrice utilise le  » nous » «comme nous sommes sérieux » (L 2) le « nous » est appuyée par un vocabulaire tel que « ensemble » (L 2), « même » (L 6), « ensemble » (L 56) ou encore « égalité » (L 55) l’apothéose de cette soi-disant union est marquée par une phrase non verbale très courte qui juxtapose deux mots redondants : « unis, pareils » (L 7) mais cette égalité dans le couple est de très courte durée. Ce qui en marque la fin est une sorte d’alarme «sonnerie stridente » (L 7) qui retentit comme une sirène,  ceci est explicité par une phrase non verbale «finie la ressemblance » (L 8) le « nous » laisse alors la place à un clivage entre le « je » et le « il » en effet : «l’un des deux » (L 8) « moi » (L 10) « je suis seule » (L 11–12), « la seule » (L 14) s’oppose alors  à « il » (L 16).

Toujours dans cette idée de séparation la narratrice relève ce qui dans l’attitude et dans les pensées montre une sorte d’incompréhension qui participe à ce clivage ainsi « il croyait me faire un plaisir fou » (L 44) qui s’oppose à « moi je me sentais couler » (L 44) de plus le fossé qui semble s’être creusé entre eux semble sans cesse s’élargir ce que nous comprenons  à la lecture des différentes antithèses qui décrivent la situation du couple ainsi « j’envisage un échec »  (L 49)  s’oppose à « sa réussite à lui » (L 49–50) ou encore « il se ramasse » (L 51)/« moi je me dilue ».

Le mari prend très rapidement un rôle dominant (L 54) « il m’encourage », « il souhaite que » ou encore « il me dit et me répète » (L 58) de plus il a un ton supérieur « pas mal » (L 53) , ce qui est exprimé aussi dans la parole rapportée au style narrativisé  par la narratrice « il se marre » (L 17) et « je suis humiliée » (L 18) ces différences flagrantes sont apparemment effacées par la relation amoureuse évoquée dans les dernières lignes de l’extrait (L 62–64)

 

Les tâches ménagères :

 

Ce sont elles qui vont transformer la relation du couple et vont faire basculer la vie de la narratrice notamment tout ce qui a trait à la nourriture c’est d’ailleurs la « cocotte-minute » qui vient rappeler les différences (L6) on a une gradation de la place de la cuisine puisque cela commence par l’évocation de la « dînette » (L 11) et que ça se termine par « la nourriture corvée » (elle 27) on remarque que le mot « dînette » est infantilisé par le suffixe alors que l’expression « nourriture corvée » est marquée seulement par le caractère péjoratif des termes et la prononciation dure de l’allitération en R.

Cette corvée semble très compliquée pour la narratrice qui a tout à apprendre. Elle évoque un difficile apprentissage de la cuisine « je ne savais pas » (L 12) ou « aucun passé dette culinaire » (L 13–12–14) « à toi d’apprendre » (L 22) et utilise des termes péjoratifs et se dévalorise par rapport à cette tâche avec des expressions telles que « une intellectuelle pommée incapable » (L 34), « une flemmarde », « malhabile » (L 33) « une braque » (L 40).ou bien « je me suis efforcée d’être la nourricière » (L 41) on remarque l’effort nécessaire à la narratrice.

Pour évoquer la cuisine il utilise beaucoup d’accumulations qui donne l’impression qu’elle étouffe, qu’elle se sent envahie comme aux  lignes 15 ou 24 « des œufs, des pattes, des endives, toute la bouffe ».

Sa relation à la nourriture montre qu’elle n’y apporte aucun intérêt et utilise un vocabulaire familier qui montre qu’on est loin de la grande cuisine avec des termes tels que « la bouffe » (L 24) ou « les patates » (L31), « petits pois cramés » (L 41), « la purée » (L 44).

Les termes qu’elle utilise montrent  la distance qu’il y a entre elle et la cuisine ainsi on retrouve par exemple « de l’extra » (L 13) ou le verbe « manipulait » (L 24) ou encore le terme « nourricière » (L 41) ce ne sont pas des termes qui montrent une proximité avec la cuisine ( pas habituellement employés).

On remarque une gradation avec » la nourriture décors » (L 25) puis « la nourriture surprise » (elle 26) et enfin « la nourriture corvée ». Cette corvée l’affecte profondément émotionnellement ce qui apparaît dans l’utilisation de termes tels que « angoisse », « découragement » (L 23) « ressentiment » (L 29) ou encore «sans joie » (L 41).

Cette obligation de cuisinier vient altérer son rapport à la vie et l’empêche notamment d’étudier, elle l’explique  à la ligne 44, « je me sentais couler » ou encore « indifférence » (L 50) mais surtout avec l’alternance  cuisine/étude dans l’accumulation  : « Version anglaise, purée, philosophie de l’histoire, vite le supermarché va fermer », ou lorsqu’elle avoue : » Pas eu le temps de rendre un seul devoir » .

 

L’évolution de la relation:

 

L’évolution de la relation dans cet extrait est chronologique. Elle va de la rencontre jusqu’au mariage,  mais elle n’est pas donnée de manière linéaire. Cela va du début de la relation « quand nous nous sommes rencontrés dans les Alpes« (L  ) puis  » Le restaurant universitaire fermait l’été »  et. » À la fac, en octobre » , «  au premier trimestre, »,  » un mois, trois mois que nous sommes mariés »  ce qui évolue dans le relation c’est la relation aux taches ménagères  notamment à la cuisine  ainsi on apprend que le « avant »  (L27, L 26, L11) correspond à « resto universitaire » puis « la dînette »  Le « après » correspond au présent : « un mois, trois mois que nous sommes mariés » (L1)  et à la « nourriture corvée »  on se rend compte qu’avec le mariage la réalité se heurte aux idées (L 59) « intellectuellement « , « il me dit que je » (L 58) ou « il est pour ma liberté » mais dans la réalité il n’applique pas ses idées sauf pour la « mascarade » de la vaisselle qu’il oublie systématiquement.

Si, pour son mari, il y a égalité dans la parole puisqu’il a un discours d’égalité, dans les actes en revanche il y a soit un refus total « non mais tu m’imagines avec un tablier » la parenthèse (L 17) soit une sorte de stratégie faire passer la pilule avec l’utilisation d’attitude et de mots infantilisants: « ma poule à petit coco »  (L 60–66).

Il y a une évolution de la situation par rapport au couple, à la société et à la narratrice elle-même .elle proteste de plus en plus mollement « Je n’ai pas regimbé, hurlé ou annoncé froidement  » puis évolue vers  une sorte de remise en question de ses propres qualités, un engourdissement, la remise en question de ses valeurs d’égalité. Elle exprime  parfois à une révolte  «  Au nom de quelle supériorité. « (L 14–15) et parfois à une acceptation : «  Et plus rien, je ne veux pas être une emmerdeuse, est-ce que c’est vraiment important, « (L 30 31).

Quand la narratrice compare sa situation et son « modèle » avec la société qui l’entoure cela l’amène à s’auto dénigrer (L 33)  par exemple :« une braque » (L 40 ou L 19). Ce qui semble surprenant c’est son manque de réaction « en y consentant lâchement » (L 28) si elle tente quelques réactions de révolte telle que « allusions », « remarque » elle n’est pas explicite dans cette révolte et c’est finalement elle qui va s’adapter qui va changer pour entrer dans le moule attendu « à toi d’apprendre (L 22), « il fallait changer » (L 35), je me suis efforcée d’être » (L 41) et cela va s’aggraver et s’accompagner d’une sorte d’engourdissement (femme gelée) beaucoup de verbes tels que « on s’enlise » (L 5), « je me dilue » (L 51, « je m’engourdis » (L 52) « je me sentais couler » (L 44), « on s’englue » L 62) mais cet engourdissement se met en place aussi avec beaucoup de douceur…   en effet on peut relever le champ lexical de la douceur avec « attendrissante » (L 3), « m’attendrir » (L 5), ou encore « doucettement », « gentillesse » (L 62) ainsi qu’un  vocabulaire très enfantin tel que « ma pitchoune » ou « petit coco » des attitudes enfantines avec « on travaille ensemble » ou encore « dînette » (L 11) surtout de sa part à lui « il se marre »(L 17) «un air contrit d’enfant bien élevé » (L 61), « le doigt sur la bouche » la narratrice perd non seulement ses valeurs mais oublie ses buts elle ne peut donc plus se consacrer à ses études,  dès le début du texte la  » cocotte-minute » vient remplacer la Bruyère ou Verlaine (L 5-6) et à la ligne 34 elle met au même niveau « intellectuel » et « casser un œuf » cet alternance préjudiciable d’étude et de corvée apparaît dans l’accumulation de des lignes 40–45.

Les études perdent  de l’importance,  ce sont « études par petits bouts », « art d’agrément » ou encore « flou étrange » (L 49)  » échecs » .  Elle a même perdu son intérêt pour les études ce que l’on comprend lorsqu’elle les évoque « avec peine et sans goût » (L 46) « sans enthousiasme » (L 47) ou encore « je n’aurais certainement pas le CAPES » (L 48–50) elle adopte donc au fur et à mesure de leur mariage une attitude d’abandon de plus en plus marquée.

 

L’argumentation :

 

A  première vue ce texte n’est pas clairement argumentatif,  pourtant Annie Ernaux  cherche à nous convaincre que le mariage peut devenir un véritable carcan. Elle nous le prouve en utilisant son propre exemple.

Son premier argument est concessif  « oui effectivement nous somme » et le « mais » est implicite mais il est donné avec « la sonnerie de la cocotte-minute » (L 7–8).

Le deuxième argument est une question oratoire (L 14 à 15)

l’argument suivant est un argument ironique  « la plénitude des femmes mariées «  (L 38) elle souligne la charge réelle par une accumulation de taches qui étouffent la femme mariée.

Ensuite le dernier argument est développé de manière inductive :  » tous les conflits «   (L62 63).

Elle donne  à son propre cas une portée générale avec l’utilisation de déterminants indéfinis « la » (L 62).

 

De plus ce texte utilise persuader en provoquant des ressentis,  des émotions, en effet  un sentiment d’injustice qui est créé par la différence qui s’installe  entre les deux étudiants.

Tout d’abord elle partage ses propres émotions : »Je suis humiliée » (L  ),  « sans joie » (L  ) , « J’ai pensé que «  suivi de nombreux termes péjoratifs « malhabile », « flemmarde », paumée » ou « moi ,je me sentais couler » (L  )ou encore « avec peine et sans gout » (L  ) .

Le Lecteur plonge avec la narratrice dans la désillusion du mariage :« le réel c’est ça  » (L  ).

Ensuite on ressent une certaine colère devant l’attitude du jeune marié « Il se marre » (L  ) , « il me le fait sentir » (L  )  son ton supérieur  rapporté au style indirect libre « pas mal tu devrais continuer » , ou au discours narrativisé « intellectuellement il est pour ma liberté » .

Enfin la sensation d’étouffement  est prenante  « midi et soir » (L  ); « jour après jour » (L  ) la narratrice semble s’enfoncer dans l’engourdissement , engourdissement dont on a un champ lexical conséquent  « couler »(L  ) « flou »(L  ), « dilue » (L  ), « engourdis » (L  ), « dorment » (L  ), « s’englue » (L  ).

Ces émotions s’associent pour nous persuader que le mariage (dans ces années là) peut être pour la femme un véritable carcan pour la femme et l’empêcher de s’épanouir intellectuellement.

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Texte 7, W ou le souvenir d’enfance G. Perec . chapitre 7 :Gaspard Winckler

Texte 7,                   W ou le souvenir d’enfance   G. Perec

                                        chapitre 7 :Gaspard Winckler

 

introduction de l’extrait : dans cet extrait le narrateur a rencontré Otto Apfelstell qui lui a raconté l’histoire du vrai Gaspard Winckler dont il a utilisé le nom afin de fuir l’armée en tant objecteur de conscience (ceux qui ne veulent pas faire l’armée)

 

les entrées : Gaspard Winckler, Caecilia (la mère), le voyage, la relation Gaspard/Georges.

 

Gaspard Winckler :

 

Il est décrit à l’imparfait puisque c’est le portrait d’un enfant et que l’on sait qu’il a depuis disparu. Cet imparfait est renforcé par la locution temporelle « à l’époque » la jeunesse du petit Gaspard Winckler est annoncée par le mot « enfant » et par « huit ans » (L1-2) mais l’indication la plus important est donné dans une phrase simple et très courte : « il était sourd et muet » (L 2) cette indication est reprise à la ligne 22 avec « sa surdimutité » qui est défini comme une « infirmité » (L 6) ; on remarque que le mot « infirme »  a un caractère péjoratif . Cependant  cette soi-disant infirmité  est mise en doute  par l’accumulation hyperbolique « aucune lésion interne, aucun dérèglement génétique, aucune maladie… » (L 19/22).

. Le problème de Gaspard Winckler n’est donc pas physique mais psychologique ce que développe le narrateur « ce qui ne pouvait être imputé qu’à un traumatisme enfantin » ou encore « de nombreux psychiatres » mais les raisons de ce traumatisme restent inconnues c’est ce qu’il appelle « les tenants et les aboutissants » (L 24). Ce traumatisme a donc des répercussions sur sa vie:  Dans le cas de Gaspard Winckler sa surdimutité empêche toute relation à l’autre ce qui est expliqué aux lignes 6–7 « condamner un isolement presque total »  de plus , les termes de « prostration » (L 12), « isolement » (L 6/7), « accroupis dans un coin » (L 8) on nous le décrit encore comme refusant de se nourrir de plus l’expression « ce pauvre enfant » indique à la fois une détresse psychologique et physique (puisque sa mère est d’une grande richesse) en effet la détresse psychologique a atteint son physique puisqu’il est décrit comme « malingre et rachitique »(L 5/6).

 

La mère :

 

Elle a un prénom particulier Caecilia dont l’étymologie signifie aveugle de plus elle est cantatrice (chanteuse) .

Elle est donc totalement l’opposé de son fils,  en antithèse totale : son fils et muet alors qu’elle a une voix extraordinaire,  elle est « mondialement connu » alors que son fils est dans « un isolement total », aussi bien l’adverbe « mondialement » que l’adjectif « total » sont des hyperboles . De plus c’est une femme très forte, qui prend des décisions «? » (L 12) ou encore « c’est alors que sa mère intervint » (L 39),  elle utilise aussi le verbe « vaincre » (L 11). C’est une femme qui a l’habitude de résoudre les différents problèmes qui se posent à elle ou à son entourage. C’est elle qui résout le problème du narrateur sans passeport, mais aussi ,  qui prend une décision pour résoudre le problème de son fils (l’emmener en voyage autour du monde).

 Le narrateur évoque les relations de la mère et du fils,  en effet elle le gâte énormément on le voit à l’adjectif hyperbolique utilisé « fastueux jouets » (L 9) mais il reste cependant  un « pauvre enfant »  (on remarque l’antithèse entre « fastueux » et  » pauvre » .

Enfin,  il semblerait que son fils la rejette, ainsi que l’indiquent les participes présents « négligeant » « refusant » puisqu’il refuse tout ce qui vient de sa mère (nourriture, cadeaux)

 Il peut paraître surprenant que le mot amour ne soit pas utilisé pour évoquer la relation mère/ fils mais bien le mot « désespoir » (L 12). Cette présentation nous montre donc à la fois une mère désespérée et un fils malheureux.

 

 

 

 

Le voyage :

 

Deux voyages sont évoqués dans cet extrait :

Le premier voyage est celui du narrateur (L 41) « votre voyage ultérieur » ou encore « les relais », « les étapes » (L 40/41) et le fait que le narrateur soit en transit « votre arrivée en Suisse »(L 29) alors que s’organise son départ : de nombreux termes développent l’idée de ce voyage,  notamment               « passeport » « carte d’identité » ou encore ceux qui ont aidé à organiser ce départ « l’organisation de soutien » (L 32/33), « le fonctionnaire genevois » (L 37) ou encore « l’organisation » (L 33, L 41).

Le second voyage est un voyage curatif (qui cherche à guérir) décidé par la mere pour sortir son fils de sa prostration . Ainsi il va passer d’un environnement fermé étroit  « un coins de sa chambre » (L 8) et « un isolement presque total » (L6/7) à un horizon infini avec « tour du monde » (L 13) des lieux en totale antithèse .

Ce voyage est un changement majeur dans la vie du petit Winckler nous retrouvons en effet  le champ lexical du changement avec les termes « découvertes », « nouveau », « changement » (L 14). La mère espère que cela va complètement changer la vie de l’enfant avec à la fois de «nouveaux horizons»(L14) , mais aussi un nouveau « climat » (L 15) et encore un nouveau « rythme de vie » (L 14). Ainsi la mère espère guérir son fils. Elle évoque un « processus » par lequel elle pourrait le guérir (L 18) et lui redonner à la fois « l’ouïe et la parole »

elle espère donc un « effet salutaire » (L 15 16) de ce voyage puisque l’ensemble de la communauté médicale tant « les médecins consultés » ou « de nombreux psychiatres » (L 36) ne trouve pas les raisons de sa maladie.

 Le lien entre les deux voyages est le passeport puisque celui qui devait servir au jeune Winckler va servir au voyage du faux Winckler. Enfin c’est bien le voyage du jeune Winckler qui va avoir pour conséquence le départ du narrateur pour un voyage à sa recherche qu’il emmènera jusqu’à W.

 

 

La relation entre Gaspard et Georges :

 

Cet extrait invite à une lecture double car à travers l’enfance de gaspard Winckler le lecteur peut lire le cheminement du petit George.

Tout d’abord pour les deux ( le petit Gaspard Winckler et le petit George Perec) c’est la mère qui a décidé d’organiser un voyage dans les deux cas c’est un voyage salvateur (salutaire) donc un voyage pour leur sauver la vie. La mère de George le met dans le train de la Croix-Rouge qui l’emmènera en zone libre pour échapper aux Allemands et à une mort certaine , le petit George a une fausse maladie il fait semblant d’être malade (faux bandage) physiquement il n’a rien il fait cela pour le paraître.

le petit Gaspard lui est aussi emmené en voyage par sa mère qui fait cela aussi pour le sauver d’une maladie qui n’existe pas « aucune lésion interne » (L 19 22) accumulation pour montrer que le petit Gaspard n’a aucune maladie réelle et que son problème est uniquement psychologique bien qu’on en connaisse pas « les tenants et les aboutissants » (L 24. Les tenants et les aboutissants c’est aussi le problème de George puisque toute l’œuvre du souvenir est reliée un problème de tenants : il y a un triple trait qui le soutient le parachute, le bras en écharpe, et le bandage. Les trois « traits » ont une réalité remise en question que ce soit le parachute de Charlot (édité postérieurement),  le bras en écharpe (sa tante dit qu’il ne l’a jamais eu),  ou le pansement,  les trois ont donc peut-être été inventés par le petit George et seraient des souvenirs écrans qui dissimuleraient un traumatisme enfantin:  l’abandon par la mère.

On se rappelle que le petit Gaspard Winckler est Sourd et muet et que sa mère porte le nom d’aveugle.

 De même, le petit George voit sa mère pour la dernière fois à la gare ce qui évoque le problème de Caécilia l’aveuglement (sa propre mère s’appelle Cécile) et, à cause de sa situation d’enfant juif caché,  il sera dans une sorte de déni de la réalité : il ne l’entend pas, ne la voit pas ce qui l’amène à une sorte de surdimutité  de la mémoire.

Comme le petit Gaspard,  Georges a vu aussi de « nombreux psychiatres » (comme la célèbre Françoise Dolto) et si le petit Gaspard est aidé par une organisation (« l’organisation« ) George aussi est aidé par une organisation (la Croix-Rouge). À travers l’histoire du petit Gaspard on a donc toute la trame de l’histoire du petit George.

 

 

Les questions possibles :

 

1)      Quelle image est donnée du petit Gaspard Winckler ?

I)                    un enfant à problèmes

II)                 le double du petit George

 

2)      Que nous apprend le portrait du petit Gaspard ?

I)                    il nous présente le souvenir d’un voyage et d’une séparation

II)                Il nous montre un enfant traumatisé

 

3)      De quel voyage est-il question dans ce texte ?

I)                    le voyage salvateur du petit Gaspard Winckler

II)                 le voyage salvateur du faux Gaspard Winckler

 

4)      Comment est présentée la maladie du petit Winckler ?

I)                    une maladie physique

II)                 une maladie psychologique

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Texte 8 : W ou le souvenir D’enfance, Georges Perec – chapitre 13 : le vide-

Texte 8 :                 W ou le souvenir D’enfance, Georges Perec

                                                    chapitre 13 : le vide

Introduction de l’extrait :

le chapitre 13 est le premier chapitre du souvenir dans la deuxième partie de l’œuvre. Cet extrait s’articule avec les (…) qui séparent (ou relient) les deux parties du livre. L’auteur dans cet extrait , tente d’organiser les souvenirs flous et morcelés dont il dispose.

Les entrées :

Temps et chronologie, la guerre, la négation, le narrateur.

 

Temps et chronologie :

 

Dès les premiers mots de cet extrait,  le narrateur situe le moment de l’écriture de la fiction  W  à l’époque de son enfance.

Cependant les indices temporels restent très floues « entre ma 11e et ma 15e année » (L2) ce flou est accentué par la mise en incise du verbe « disons » , cette période particulière de son passé « l’époque » (L1, L14) et donc une période longue,  mal définie dans le temps,  ce qu’il démontre par la double négation « ni commencement ni fin » (L 21).

On remarque que toutes les évocations chronologiques ou temporelles sont, soit associées à la négation, soit mal définies.

Pour la négation du temps on retrouve « nulle chronologie » (L18), «plus de passé » (L 22), « plus d’avenir » (L 23) « presque rien ne les entérine » on voit que les différentes négations utilisées pour parler du temps sont :  « ni », « nuls », « plus », « rien » .

Mais le narrateur tente, tout de même, de se créer des repères temporels (qui restent toujours flous) ce qui apparaît dans les expressions telles que « au fil du temps » (19) ou encore « de temps en temps » (27) « durée»  (L 24) ou encore « pendant très longtemps » (L 22/23).

Il utilise donc son âge comme repère temporel mais il fait aussi référence à des repères temporels naturels tels que les saisons (L 20) « ou du ski ou les foins ».

Malgré sa volonté de trouver des repères temporels le narrateur avoue par l’utilisation de l’adverbe «arbitrairement » qu’il n’y a aucune exactitude au niveau du temps et de la chronologie.

 

 

La guerre :

 

 La guerre n’est pas directement évoquée dans cet extrait ,  Elle sous-tend cependant la trame de son histoire. Elle apparaît tout d’abord dans la très longue accumulation des dessins de l’enfant (L 4-13) qui sont tous des évocations de la guerre : « machine de guerre » (6), « engin de mort » (L 7), « aéroplane » (L 7), « avion » (L 10). La guerre surgit donc dans les dessins de l’enfant pourtant il ne la vit pas directement c’est une guerre qu’il fantasme.  (il est caché dans des fermes en « zone Libre »)

De même , les images qu’il représente sont morcelés « les jambes séparées des bras » (11) ce qui laisse une impression morbide .

C’est aussi dans ce qu’il raconte de sa vie quotidienne  pendant cette période, que l’on peut déceler un temps de guerre notamment à travers  les changements imposés, ses déplacements fréquents et l’utilisation du «on » de généralité.

 On suppose donc qui n’était pas le seul enfant à être déplacé ainsi (il était à un certain moment avec des membres de sa famille) : « on changeait de lieu » (L 23), « on allait dans une autre pension ou dans une autre famille » (L 28 29) ainsi le vocabulaire du changement est fréquemment utilisé avec:   »changer », « aller », « autre ».

Une autre habitude des temps de guerre apparaît dans cet extrait, celle de ne pas donner le nom des gens, (par soucis de sécurité) .Une sorte de secret accompagnait ces enfants « les choses et les lieux n’avaient pas de nom » (L 29 30) et de plus les gens n’étaient pas identifiables  « n’avaient pas de visage » (30) c’est donc à travers ce récit d’enfance  que transparait  la guerre vécue par un enfant juif caché en zone dite libre.

 

 

La négation :

 

Cet extrait semble essayer de remplir le vide du souvenir.

En réalité ce vide a été créé par le secret imposé à l’enfant , ce qui a eu pour conséquence que pour Perec,  chaque effort pour se souvenir aboutit à une négation.

Tout est évoqué dans cet extrait avec des formes négatives. Il commence par une négation hyperbolique       « rien » (L 4) qui est le maximum de la négation, puis il utilise le « ni » (6) et ensuite dans une longue accumulation malgré une ellipse du » ni » mais qui  est sous-entendu.

Enfin à la ligne 13 l’accumulation se termine par l’adjectif « aucune » qui vient confirmer la négation tandis que le reste de l’extrait utilise de très nombreuses occurrences de négation : 4 « rien », 3 « ni » et plus de 10 formes négatives ainsi que 2 « nulle ». La question se pose alors de savoir ce qui est réellement nié par cette  sur-utilisation des formes négatives.

Tout d’abord c’est le lien : tout ce qui peut rattacher les choses,  faire du lien dans les dessins, les morceaux entre eux ne sont jamais rattachés. On retrouve d’ailleurs plusieurs verbes qui vont dans ce sens « détachent » (L 10-11), « sépare » (L 12), « ne tenait pas » (L 5-6).

De plus ce morcellement ne touche pas que les dessins mais aussi les souvenirs;  or ces souvenirs sont des morceaux de vie il y a donc une impossibilité d’avoir des repères qu’ils soient temporels ou qu’ils soient spatiaux. (Voir entrée sur le temps et la chronologie)

La négation des repères spatiaux est rendue par des termes vagues, non définis, tels que « un lieu qui est loin », « mais loin d’où » (L 26-25) et « peut-être simplement loin de » (L26-27). On relève aussi « on change de lieu » (L 26) et « lieux n’avaient pas de nom » (L 30).

Ces repères sont donc des attaches impossibles aussi l’auteur utilise-t-il  la métaphore du bateau « nulle amarre » (L17), « rien ne les ancre » pour les imager. Enfin la négation touche aussi les personnes,  à la fois par l’utilisation du « on » de généralité et l’affirmation « les gens n’avaient ni nom ni visage » (31). On ne sait donc pas qui est qui.

 

Le narrateur (c’est-à-dire l’auteur) :

 

Le narrateur évoque ses propres souvenirs dans une démarche quasi psychologique. Il établit un lien entre ses dessins d’enfants et la situation qu’il vivait.

Des  procédés  quasi identiques sont appliqués à la fois au dessin et à la situation;  par exempleà propos des dessins, il écrit  « les mains n’assure aucune prise » et pour la situation (dont il se souvient si difficilement), « nul amarre, rien ne les ancre rien ne les fixe » (L 16-17). C’est donc la même approche de cet « espace », ce « vide » qui empêche aussi bien les dessins que les souvenirs de s’organiser,  de faire du lien,  de former un tout.

La première partie de cet extrait est à la première personne : « je couvris », « ma 11e année » alors que la deuxième partie (mis à part le « je » de la ligne 11 ?) emploie surtout le « on » ce qui met en valeur le caractère peu précis et peu personnel de ces souvenirs.

 On remarque aussi que Perec a du mal à se situer par rapport aux événements , on a une sorte de chronologie (L 19) mais qui est arbitrairement reconstitué ce qui est sensible à la fois dans «… ? » et dans l’utilisation de « disons » mis en incise (L2).

On comprend donc qu’il ne sait pas exactement quel âge il avait au moment des différents événements évoqués dans cet extrait.

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Texte 6 : W ou le souvenir d’enfance, Perec. Chapitre 2 : incipit du « souvenir ».

Texte 6 :                                                       W ou le souvenir d’enfance           Perec.

                                                          Chapitre 2 : incipit du « souvenir ».

Introduction générale :

Pérec est un écrivain contemporain juif d’origine polonaise née en 1936;  Il a perdu son père en 40 dans la guerre franco-allemande et sa mère décide de le faire passer en zone libre afin de lui sauver la vie, avec un convoi de la Croix-Rouge. Elle  le dépose à la gare, probablement avec un bras en écharpe, c’est la dernière fois qu’il verra sa mère, elle meurt en déportation à Auschwitz . Après la guerre, il est adopté par sa tante. Hanté par l’idée de l’absence, il est suivi  par Françoise Dolto (célèbre pédopsychiatre)  et un certain nombre de ses œuvres tournent autour de cette problématique. C’est ainsi qu’il écrit W ou le souvenir d’enfance une œuvre qui alterne une autobiographie et une fiction, sorte d’utopie sportive, étant elle-même un souvenir d’enfance puisqu’il pense l’avoir écrite vers l’âge de 14 ans. C’est Pérec lui-même qui donne une explication de ce croisement de deux histoires qui semblent à priori différentes : « ils (les deux récits) sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, (…) ce qui n’est jamais tout à fait dit dans l’un, jamais tout à fait dit dans l’autre, mais seulement dans leur fragile intersection. »

Ce passage est extrait du chapitre 2, il constitue l’incipit du souvenir d’enfance puisque l’auteur a commencé l’œuvre par un chapitre de W. Perec y présente son projet d’écriture autobiographique.

 

 

Les entrées : histoire, le souvenir, l’incipit, l’écriture

 

l’incipit :

Cet incipit sert à la fois de pacte autobiographique et de présentation de l’œuvre romanesque W. La première phrase est à la fois caractéristique de l’autobiographie, puisqu’elle commence par le « je » narrant (celui qui raconte) et met en place le pacte autobiographique tel qu’il est défini par Philippe Lejeune (je  = auteur = narrateur = personnage principal). En même temps c’est une phrase qui déstabilise le lecteur dans l’attendu d’une autobiographie puisque l’autobiographe affirme n’avoir aucune matière pour rédiger son autobiographie « je n’ai pas de souvenirs d’enfance ». Cet incipit met donc en place une autobiographie courte celle de ses 12 premières années, dont il a perdu le souvenir, et une autobiographie basée uniquement sur des références concrètes et de très vagues souvenirs dissimulés parfois par des « souvenirs écrans ». Lui-même le remarque : « mon histoire tient en quelques lignes » ensuite il se livre à une sorte d’analyse de sa relation avec sa propre histoire qu’il replace dans la grande histoire. Dans la deuxième partie de cet incipit , il présente « W » (L 25/26) comme un souvenir d’enfance en soi « une histoire de mon enfance » (L 27/28).

Ensuite c’est sa relation à l’écriture qui est présentée ainsi que son projet d’écriture le « je » narrant reprend place à la fin du texte avec l’ancrage temporel  (dans la situation d’énonciation) « aujourd’hui » (L 44) suivi d’un présent d’énonciation  « j’entreprends » (L 44).

Dans ce projet d’écriture Perec annonce l’imbrication des deux œuvres W et le souvenir d’enfance l’explication est donnée à la ligne 50 : « avec le réseau qu’ils tissent »

De plus, cet incipit met en place une chronologie on retrouve ainsi « jusqu’à ma 12e année » (L2) « à 13 ans » (L23), «en 45 » (il n’a que neuf ans) (L5), « à quatre ans » (L3), « à 6 ans » (L5) puis « à l’âge de 33 ans » (L 43).

Si toutes ces citations relèvent des indices temporels détachés, en revanche à partir de la ligne 24  nous trouvons aussi des indices temporels ancrés dans la situation d’énonciation, donc celle du « je » narrant, : « il y a sept ans » (L 27) et « quatre ans plus tard » (L 44). C’est donc un incipit qui présente à la fois le personnage principal (je narrant et je narré) la raison de l’écriture et le projet d’écriture.

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Le souvenir :

Le souvenir a une place essentielle dans cette oeuvre puisqu’il donne son nom à toute l’œuvre. La relation au souvenir est une relation avec sa propre histoire ; en réalité cette œuvre est une recherche du souvenir mais souligne bien plus souvent l’oubli, la perte de mémoire que le souvenir lui-même , on relève  l’affirmation « je l’oubliais » (L 24) ou encore toujours la forme négative : « je n’avais pratiquement aucun souvenir » (L 30) en réalité cette recherche du souvenir absent est un véritable travail que fait l’auteur,  ce qui explique l’utilisation de l’expression « ce lent déchiffrement » (L 46). On peut noter d’ailleurs que les sonorités de « lent déchiffrement » participent a créer une impression de lenteur.

Un des souvenirs du narrateur est l’histoire de « W » (L 25) « je me souvins tout à coup » ce souvenir fait donc irruption dans une mémoire totalement « blanche ». Les souvenir qui devraient être la matière même de la mémoire sont remplacés ici par le souvenir collectif ou  familial. Souvenir collectif (L 20) « Histoire avec sa grande Hache » donc des souvenirs qui sont ceux de la guerre et des camps ; Ou encore les souvenirs familiaux qui ne sont que des dates,  ce qui reste très neutre et presque sans sentiments. L’évocation du souvenir est toujours partielle,  il se compare à un enfant qui joue à cache-cache (L 36) on a alors l’antithèse formée par « rester caché et « être découvert » (référence à sa situation) mais aussi on retrouve le jeu de mot , la métaphore de l’histoire « avec sa grande H » ce qui évoque une mémoire coupée étant donné que la guerre a « tranché » ses souvenirs.

Enfin il tente une interprétation de ce manque de souvenir puisqu’il utilise les mots « rassurés », « protégés » et on voit bien donc que cette manière d’évoquer ses souvenirs est une manière de se protéger.

 

 

L’histoire :

 

Histoire de Perec s’inscrit à la fois dans l’histoire de la guerre et dans la fiction qui accompagne son autobiographie. Un autobiographe écrit de manière rétrospective sa propre histoire, or une histoire est le tissage des souvenirs perçus comme réels et des faits donnés par des documents ( concrets photos, notes, récits familiaux etc.). Cependant Perec affirme ne pas avoir de souvenirs. Il fait donc le lien entre sa propre histoire et l’histoire de la France qu’il appelle « la grande Histoire » mise en incise (L 20). Cette grande histoire est opposée à sa propre histoire qu’il évoque par une accumulation (L 10/12) avec une gradation : « mon histoire, mon histoire vécue, mon histoire réelle, mon histoire à moi » l’utilisation du pronom d’insistance « à moi » marque l’opposition avec l’histoire des autres : la grande histoire.

Pour parler de son histoire personnelle il oppose donc l’apparence et la réalité. Il reprend donc mot pour mot l’accumulation des lignes 8 et 9 mais cette fois-ci accompagnée de négation dans une nouvelle accumulation ligne 13 14. Perec cherche à montrer qu’il y a une absence d’histoire personnelle apparente,  il utilise les termes du champ lexical de la réalité avec « objectif, évidence, apparente », (L 8) alors qu’en réalité c’est une sorte de mensonge de sa mémoire qui occulte son histoire c’est pourquoi il commence le paragraphe avec « cette absence d’histoire » (L 7) qui est censée le protéger de sa propre histoire (ce qui est assez paradoxal).

Mais une troisième histoire vient s’inscrire dans cette construction, c’est l’histoire de W , il affirme qu’il « invente à 13 ans une histoire » (L 23) cette histoire est aussi imprégnée de sa propre histoire. Ces trois histoires sont évoquées à la ligne 50 par le narrateur comme un « réseau ». Enfin il utilise un chiasme « le cheminement de mon histoire et l’histoire de mon cheminement » qui nous permet de comprendre que ces histoires sont construites en miroir.

Même si l’histoire de W semble apparemment détachée de sa propre histoire, tout d’abord par le lieu « un îlot de la Terre de Feu » (L 33) et par le thème « le sport » (L 33), en réalité, il relie dans cet incipit l’histoire sportive de W à sa propre histoire -enfermée dans son inconscient- grâce à la répétition du mot « fantasme ».

L’écriture de W va donc lui permettre de travailler sur sa propre mémoire, afin de faire remonter des souvenirs et de réécrire sa propre histoire. C’est donc l’écriture, une fois de plus « les pièges de l’écriture se mire en place ».

là encore nous remarquons  une imbrication de termes et donc de « réalités »  : « l’écriture (L 34) « la lecture » (L 50) « inscrit » et « décrit » (L 51).

 

L’écriture :

 

L’autobiographie est, par essence, une écriture de soi. Ainsi donc dans le souvenir d’enfance ,Perec s’engage à écrire son autobiographie mais paradoxalement son projet (évoqué au commencement de l’œuvre) est de clôturer, de finir « j’entreprends de mettre un terme ».

Il utilise,  pour parler de l’écriture, une métaphore surprenante : « le piège de l’écriture » (L 34) renforcée par l’expression « une fois de plus » qui montre l’importance de l’écriture ; en effet on sait qu’il a commencé à écrire à l’âge de « treize ans » (L 23). L’écriture de l’autobiographie, le souvenir, vient donc clôturer l’écriture de W (on verra que la fin de W clôture l’autobiographie)

Cet extrait est donc à la fois l’écriture d’un pacte autobiographique mais aussi celle d’un pacte romanesque.

 

 

 

Questions envisageables :

 

1)      Quel lien ont l’histoire de Perec et la fiction de W ?

I)                    le lien est établi parce que la fiction est en elle-même un souvenir d’enfance

II)                  cet extrait montre que les deux histoires sont imbriquées

 

2)      Quel pacte littéraire est mis en place dans ce chapitre ?

I)                     ce chapitre met en place un pacte autobiographique

II)                   ce chapitre met aussi en place un pacte romanesque comme déchiffrement du pacte autobiographique

 

3)      Comment Perec établit-il des liens entre les trois histoires ?

I)                     le souvenir est un lien entre les trois histoires

II)                   le pacte de lecture établit ce lien entre les trois histoires

 

4)       Quelle est la place du souvenir dans cet extrait ?

I)                     bien qu’important le souvenir reste incomplet

II)                   l’absence du souvenir écrit l’histoire même de l’auteur

 

5)      En quoi cet extrait donne-t-il une triple définition de l’histoire? (comment cet extrait définit-il l’histoire ?)

I)                     l’histoire personnelle

II)                   la grande histoire

III)                 l’histoire fictionnelle de W

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lettre à M. Léon Richet  » La Femme  » Victor Hugo . Texte.

8 juin 1872

Monsieur,

Je m’associe du fond du cœur à votre utile manifestation. Depuis quarante ans, je plaide la grande cause sociale à laquelle vous vous dévouez noblement.

Il est douloureux de le dire : dans la civilisation actuelle, il y a une esclave. La loi a des euphémismes : ce que j’appelle une esclave, elle l’appelle une mineure ; cette mineure selon la loi, cette esclave selon la réalité, c’est la femme. L’homme a chargé inégalement les deux plateaux du Code, dont l’équilibre importe à la conscience humaine ; l’homme a fait verser tous les droits de son côté et tous les devoirs du côté de la femme. De là un trouble profond. De là, la servitude de la femme. Dans notre législation telle qu’elle est, la femme ne possède pas, elle n’este pas en justice, elle ne vote pas, elle ne compte pas, elle n’est pas. Il y a des citoyens, il n’y a pas de citoyennes. C’est là un état violent : il faut qu’il cesse.

Je sais que les philosophes vont vite et que les gouvernements vont lentement ; cela tient à ce que les philosophes sont dans l’absolu, et les gouvernements dans le relatif ; cependant il faut que les gouvernants finissent par rejoindre les philosophes.

Quand cette jonction est faite à temps, le progrès est obtenu et les révolutions sont évitées. Si la jonction tarde, il y a péril.

Sur beaucoup de questions à cette heure, les gouvernants sont en retard. Voyez les hésitations de l’Assemblée à propos de la peine de mort. En attendant, l’échafaud sévit.

Dans la question de l’éducation, comme dans la question de la répression, dans la question de l’irrévocable qu’il faut ôter au mariage et de l’irréparable qu’il faut ôter à la pénalité, dans la question de l’enseignement obligatoire, gratuit et laïque, dans la question de la femme, dans la question de l’enfant, il est temps que les gouvernants avisent. Il est urgent que les législateurs prennent conseil des penseurs, que les hommes d’Etats, trop souvent superficiels, tiennent compte du profond travail des écrivains, que ceux qui font les lois obéissent à ceux qui font les mœurs. La paix sociale est à ce prix.

Nous philosophes, nous contemplateurs de l’idéal social, ne nous lassons pas. Continuons notre œuvre. Étudions sous toutes ses faces, et avec une volonté croissante, ce pathétique problème de la femme dont la solution résoudrait presque la question sociale toute entière.

Apportons dans l’étude ce problème plus même que la justice ; apportons-y la vénération ; apportons-y la compassion.

Quoi ! il y a un être, un être sacré, qui nous a formés de sa chair, vivifiés de son sang, nourris de son lait, remplis de son cœur, illuminés de son âme, et cet être souffre, et cet être saigne, pleure, languit, tremble. Ah ! Dévouons-nous, servons-le, défendons-le, secourons-le, protégeons-le ! Baisons les pieds de notre mère !

Avant peu, n’en doutons pas, justice sera rendue et justice sera faite. L’homme à lui seul n’est pas l’homme : l’homme, plus la femme, plus l’enfant, cette créature une et triple constitue la vraie unité humaine. Toute l’organisation humaine doit découler de là. Assurer le droit de l’homme sous cette triple forme, tel doit être le but de cette providence d’en bas que nous appelons la loi.

Redoublons de persévérance et d’efforts. On en viendra, espérons-le, à comprendre qu’une société est mal faite quand l’enfant est laissé sans lumière, quand la femme est maintenue sans initiative, quand la servitude se déguise sous le nom de tutelle, quand la charge est d’autant plus lourde que l’épaule est plus faible : et l’on reconnaîtra que, même au point de vue de notre égoïsme, il est difficile de composer le bonheur de l’homme avec la souffrance de la femme.

( Victor Hugo, Ecrits politiques, Anthologie établie et annotée par Franck Laurent, Le livre de poche, Références, 2001 ) 

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Analyse : La Femme , Lettre à M. Léon Richet Victor Hugo

Texte 3 :                                   La Femme  , Lettre à M. Léon Richet (8 juin 1872)                     Victor Hugo

Introduction :

Victor Hugo est l’un des plus grands écrivains français, né avec son siècle il a été de tous les combats humanistes, politiques et sociaux , il a utilisé sa plume notamment pour défendre le droit des femmes, aussi bien avec des personnages romanesques tels que Fantine dans Les Misérables , que dans de l’argumentation directe comme il le fait dans cette lettre. Il adresse celle-ci à Monsieur Léon Richet, rédacteur en chef d’un journal féministe,. Dans cette lettre il dénonce les torts de la société envers la femme et imagine une société idéale dans laquelle la femme serait l’égale et la compagne de l’homme.

 

Les entrées : la femme, les torts de la société, la relation homme femme, l’argumentation, l’implication de l’écrivain.

 

Les torts de la société :

 

Dans cette lettre, la société est critiquée aussi bien à travers les lois que les législateurs. La loi est allégorisée (L 4) « Elle l’appelle » ainsi être accusé plus facilement. Selon Victor Hugo la loi ne tient pas compte de la réalité,  elle est même fréquemment en opposition avec la situation réelle: ainsi il oppose « selon la loi » et « selon la réalité » (L 4/5). À la ligne 3 il utilise le terme « euphémisme » pour montrer que la loi aborde de manière légère,  presque littéraire un problème majeur.

La loi qui est censée être la garante de la justice est en réalité totalement injuste et déséquilibrée. Il utilise le symbole même de la justice pour le prouver : « les deux plateaux  du code » (L 5) cette métaphore de la balance est filée avec les verbes « chargés », « verser » (L 6) et aussi avec les termes « plateau » et « équilibre ».

On remarque utilisation du terme « législation » (L 7). Victor Hugo cherche à montrer que la loi est profondément injuste et qu’elle se livre à une violente négation de la femme,  c’est  pourquoi il emploie une accumulation de propositions négatives (L8–9) ainsi que l’affirmation négative « il n’y a pas de citoyenne ».

De plus,  il insiste sur le caractère actuel de ce problème : « dans la civilisation actuelle » (L 3) ou « dans notre législation » (L 7) ou encore « telle qu’elle est » (L 7/8), ce qui est renforcé par l’utilisation d’un présent d’énonciation. Enfin il associe un caractère d’urgence à ce présent,  en employant le subjonctif : « il faut qu’il » (L 9), « il est temps que les gouvernants avisent » (15). La loi est injuste parce que les législateurs le sont, or  les législateurs sont des hommes !  La répétition anaphorique « l’homme » (L 5/6) mais aussi « les gouvernants » (L10) et(L15) « les législateurs » (L16), « les hommes d’État » ainsi que la périphrase « ceux qui font les lois » (L 17).

On remarque l’oxymore qui oppose les hommes et les femmes entre « faire les lois » et « obéissent » (L 17)

 

L’implication de Victor Hugo :

 

Dans cette lettre,    Victor Hugo s’implique directement « je m’associe », « je plaide » (L 1). C’est pour lui le combat de toute une vie « depuis 40 ans » (L 1) il montre que son combat s’est fait contre les législateurs avec le parallélisme : « ce que j’appelle », « elle (la loi) l’appelle » (L 4). Il utilise aussi le » nous » notamment au début de la phrase à la ligne 18 (ce qui constitue le début du paragraphe) ainsi que sur toute la première partie du texte où les verbes sont à la première personne du pluriel.

Enfin nous avons dans le dernier paragraphe le « on » de généralité qui comprend l’ensemble des hommes (dont Victor Hugo).

Victor Hugo participe à ce combat en tant qu’homme de lettres : « les penseurs » (L 15), « les écrivains » (L 16), « les philosophes » (18) ; de même les périphrases « ceux qui font les mœurs » (en opposition avec ceux qui font les lois) (L 17), ou « les contemplateurs de l’idéal social » (L 18).

 

La relation homme femme :

 

La relation homme femme qui est dénoncée par Victor Hugo et qui a cours dans la société contemporaine (de V. Hugo)  est une relation de domination. Les termes « servitude » (L 1/2) ou « esclave » pour parler de la femme montre bien que celle-ci subit une très forte domination de l’homme.

L’opposition droit/devoir montre bien que la femme est sous la loi des hommes.

Même grammaticalement la position de l’homme systématiquement en tant que sujet actif montre que qui décide et agit tandis que la femme subit l’action, ce que l’on peut voir notamment aux lignes 5–6 « a chargé », « a versé ». L’homme est donc à l’origine de l’infériorité de la femme, pour Victor Hugo.

Pour l’auteur,  cette situation est une aberration car, s’il considère que la femme est plus faible que l’homme,  il ne pense pas que ce soit une raison pour la dominer mais au contraire pour l’élever et la protéger. Pour lui la femme est à la fois un être sacré et la compagne de l’homme. Ainsi il utilise le champ lexical du sacré « vénération » (L 19), « être sacré » (L 23) mais aussi une accumulation (L 23/24) qui déifie en quelque sorte la femme en ce qu’elle donne la vie : « former », « vivifier », « nourrie », ce qui est suggéré  aussi dans l’injonction « baisons les pieds » (L 25)

Victor Hugo insiste aussi sur la protection que l’homme doit apporter à la femme avec le terme  «compassion » ainsi que l’accumulation de la ligne 25.

La femme est aussi la compagne de l’homme, d’après V. Hugo,  toute la société devrait tenir sur l’union de l’homme et de la femme (plus enfant), « vraie unité humaine » « triple forme » ce qui devrait constituer à la fois « l’organisation humaine » et « la société » (L 31).

 

La femme :

 

La femme apparaît de deux manières dans ce texte:  telle qu’elle est traitée dans la société et telle qu’elle devrait l’être d’après Victor Hugo.

 

Dans la société actuelle la femme souffre (2 occurrences)  « la souffrance de la femme » (L 35) cela paraît aussi à la ligne 24 avec une accumulation « cet être souffre » associé à une polysyndète : et… et…. Cette douleur découle de la situation, considérée par Victor Hugo comme une violence faite aux femmes, « un état violent » (L 9) marquée par le présentatif « c’est ». c’est donc  la conséquence d’une situation de servitude décrite par Victor Hugo grâce à la métaphore de l’esclavage. À l‘euphémisme des textes «mineures » il oppose une hyperbole « esclave » il confirme cette vision particulière de la femme avec les termes de « tutelle » (L 33) ou « sans initiative » (L 32) ainsi que par l’image très physique des lignes 33 et 34. L’utilisation du terme « citoyenne » est bien entendue accompagnée de la négation. Négation qui se retrouve dans l‘accumulation de la ligne 7 à la ligne 9 pour montrer que la femme n’a pas sa place dans la société du XIXe siècle.

Il insiste sur l’importance de ce problème avec certaines expressions telles que « la question de la femme » (L 14) ou encore « pathétique problème de la femme » (L 19).

 

Victor Hugo lui nous propose une vision différente de la femme,  en faisant un véritable éloge de celle-ci.

La femme est sacrée : il y a une mise en incise « un être sacré » (L 23) et l’auteur développe ce caractère sacré (voir entrer précédente). Il insiste en faisant appel à la religion, en effet,  « baisons les pieds » pourrait faire allusion à la vierge Marie, allusion reprise avec « créature une et triple » qui là encore évoque une sorte de trinité (si pour les chrétiens Dieu et le père le fils et le Saint Esprit, l’homme lui doit être l’homme la femme et le fils) ce qu’il appelle « la vraie unité humaine » le terme « providence » vient conclure cette déification.

La femme est fragile  L’idée de sacrifice est associée à l’idée de fragilité car, si la femme est fragile c’est parce qu’elle se sacrifie pour ses enfants : « Sa chair », « son sang », « son lait » (L 23/24) mais aussi « son âme ». Le registre pathétique apparaît aussi bien dans l’utilisation du comparatif de supériorité « plus faible » que dans l’accumulation (L 24) « saigne », « pleure », tremble » (L 25) ; il cherche à provoquer la compassion envers la femme.

 

L’argumentation :

 

la thèse de Victor Hugo est : il faut réformer la loi de manière à ce que la femme devienne l’égale de l’homme.

Cette thèse n’est pas écrite de manière explicite elle apparaît souvent par opposition comme à la ligne 9. Ce qui permet de comprendre que l’homme et la femme doive être des citoyens égaux et à part entière. Il commence par un constat avec le présentatif « il y a » (L 3) et avec le passé composé pour montrer une action terminée (dont les conséquences sont présentées ensuite) « a chargé », « a fait » (L 5/6). Les conséquences de cette action sont marquées par la répétition anaphorique « de là » (L 7). Cette répétition introduit des phrases nominales qui sont de l’ordre du constat.

Ses arguments sont donnés de manière inductive c’est-à-dire à la fin de chaque paragraphe avec notamment « la paix sociale est à ce prix » (L 17) ou encore à la ligne 20 l’égalité de la femme permettrait donc la paix sociale et ainsi toute la société fonctionnerait. Le deuxième argument est d’ordre sociétal : il affirme que la loi doit être « la providence d’en bas » (L 30)

Il développe aussi d’autres arguments : « la femme est un être sacré » (cette fois-ci déductif) (L 23) ainsi que le dernier argument à la fin du texte (L 35)

 

Mais Victor Hugo utilise aussi « persuader » pour cela il fait une description pathétique de la femme (voir entrée sur la femme) il utilise de même la ponctuation « ! » Qui exprime l’émotion de la ligne 23 à la ligne 26 ou encore le registre didactique avec utilisation répétée de « : » (L3, L9, L 34) enfin il présente sa lettre comme un plaidoyer (donc directement argumentatif)  « depuis 40 ans je plaide la grande cause sociale »    (L 1).

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Questions envisageables :

1) Quelle image de la femme est donnée dans ce texte ?

I) l’image d’une femme désavantagée par la société (dominée par l’homme, maintenue en servitude par

la loi)

II) l’image d’un être merveilleux (un être sacré, un élément de l’unité humaine)

 

2) Que reproche Victor Hugo à la société qui lui est contemporaine ?

I) son injustice envers la femme

II) son incapacité a légiférer correctement

 

3) D’après Victor Hugo pourquoi la femme est-elle en souffrance ?

I) la femme est en souffrance parce que la loi la méprise

II) la femme est en souffrance parce que l’homme la domine et ne la protège pas

 

4) Cette lettre est-elle un plaidoyer ou un réquisitoire ?

I) cette lettre est un réquisitoire contre la société et la loi

II) cette lettre est un plaidoyer pour la femme

 

5) Comment Victor Hugo défend-t-il les droits de la femme ?

I) en montrant que les lois sont injustes envers elle

II) en faisant l’éloge de la femme

 

6) En quoi ce texte est-il argumentatif ?

I) il utilise à la fois convaincre et persuader

II) c’est à la fois un réquisitoire et un plaidoyer.

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Dom Juan , MOLIERE acte IV scène 3 (Dom Juan et M. Dimanche)

Introduction  :

 Molière est le plus célèbre dramaturge et le plus joué du XVII siècle jusqu’à nos jours. Il applique dans ses pièces la célèbre maxime « castigat ridendo mores » (c’est-à-dire corriger les mœurs par le rire). Ainsi il met en scène les différents défauts humains mais aussi certaines professions  et corporation (Ensemble de personnes exerçant la même profession) qu’il critique. Ses principales cibles sont les médecins et  les religieux.

Alors qu’il a dû lutter contre la censure pour sa pièce le Tartuffe qui critique les faux dévots, Molière écrit Dom Juan, cette pièce, et reprend le personnage  créé par TIRSO de Molina, un libertin qui sera puni pour ses actions , à la fin de la pièce, afin de calmer les critiques. Cependant Dom Juan est, sous la plume de Molière, si complexe et si attachant qu’il devient alors un mythe. Dom Juan après avoir épousé Elvire l’abandonne et se sauve avec son valet Sganarelle afin de se livrer à d’autres conquêtes. Il finit aux enfers emporté par la statue du commandeur qu’il a tué.

                              La scène à étudier est extraite de la scène 3 de l’Acte IV. Dans cette scène, Dom Juan est chez lui, il souhaite se mettre à table lorsqu’on lui annonce l’arrivée de M. Dimanche, son créancier. Dom Juan, flatte , ridiculise et embrouille Monsieur Dimanche en l’invitant à s’asseoir et en prenant des nouvelles de sa famille .IL finit par raccompagner le marchant  sans avoir remboursé et sans même q’il ait  pu formuler sa demande.

 

Les entrées :

hypocrisie et flatterie; Monsieur dimanche ;La relation Don Juan/Monsieur Dimanche ; La tactique

 hypocrisie et flatterie :

Don Juan est un noble plein de morgue (dédain ou mépris)  qui, en général, ne prend pas le temps de faire des politesses à ses interlocuteurs or la didascalie de la ligne 1 indique « faisant de grandes civilités » le « Ah, Monsieur Dimanche » qui suit, confirme que Don Juan cherche à donner l’impression d’être très heureux de voir Monsieur Dimanche. Don Juan multiplie les hyperboles pour témoigner de sa soi-disant estime pour le commerçant « que je suis ravie » (L1), « de ne trouver jamais de porte fermée chez moi » (L3/4), « au meilleur de mes amis » (L9) ou « de tout cœur » (L 49) ou encore « il n’y a rien que je ne fisse pour vous » (L 51). Il utilise aussi des répétitions qui exagèrent son discours telles que « point, point » (L 13) ou « non, non » (L 17). Tout ce qu’il dit à Monsieur Dimanche semble le ridiculiser ainsi il utilise de manière répétée l’adjectif  « petit »  tel que « petite fille » (L 37), « petit Colin » (L 39), « petit chien » (L 41) en général l’adjectif   »petit » est utilisé de manière affectueuse mais ici il fait aussi référence à la hiérarchie sociale. Sous le couvert de l’affection, il montre que Monsieur Dimanche et sa famille sont de petites gens, bien en dessous de lui même. Il semble d’ailleurs s’intéresser à toute la famille et fait semblant de s’intéresser à des détails tout à fait inintéressants tels que la manière de s’amuser du petit dernier : « fait-il toujours bien du bruit avec son tambour ? » Ce faux intérêt apparaît si clairement que Don Juan l’explicite « ne vous étonnez pas si je m’informe des nouvelles de toute la famille, car j’y prends beaucoup d’intérêt » (L 44/45).

Il flatte aussi le marchand sur son physique mais là encore cela laisse l’impression, non pas d’une admiration, qui serait absurde, du visage de Monsieur Dimanche, mais de quelqu’un qui observe un animal avant de l’acheter, ce qui met mal à l’aise ce dernier « des lèvres fraîches, un teint vermeil, et des yeux vifs. » (L 28) (il ne lui reste plus qu’à regarder l’état des dents !)

Les exagérations de Don Juan pour flatter l’homme se font aussi dans les actes . Tout d’abord il fait semblant de gronder ses laquais « coquins, je vous apprendrai à laisser Monsieur Dimanche… » (L6), « je vous ferai connaître » (L7). Il insiste aussi pour faire asseoir Monsieur Dimanche sur un fauteuil (il faut savoir qu’à l’époque le siège sur lequel on s’asseyait correspondait à sa condition sociale un fauteuil était donc fait pour un noble,  Monsieur Dimanche ne devrait avoir droit qu’à un tabouret ou un pliant. Ce qui gêne, bien sûr, le marchand « ôtez ce pliant et apportez  un fauteuil » (L 15). Enfin la dernière phrase de Don Juan dans cet extrait « vite un flambeau pour conduire Monsieur Dimanche » ainsi que « pour l’escorter » (L 57/58) correspond aux attentions que l’on devrait avoir pour un noble. Don Juan flatte donc Monsieur Dimanche avec beaucoup d’exagération et d’hypocrisie.

 Monsieur Dimanche :

 Monsieur Dimanche est tout à fait conscient de la différence de sociale qui existe entre lui et Don Juan, il s’adresse un noble et commence donc toutes ses phrases par « Monsieur » , parfois il, utilise le terme Monsieur en incise,  (L 21 ou 23). Il utilise aussi de nombreuses marques de politesse telles que « je vous suis fort obligé » (L5) ou « je suis votre serviteur » (L 10) ou encore « c’est trop d’honneur » (L 38). Cependant Monsieur Dimanche n’est pas totalement naïf et se rend bien compte que Don Juan le manipule « vous vous moquez » (L 16) mais aussi il préfère fuir l’invitation de Don Juan « non, Monsieur, il faut que je m’en retourne tout à l’heure. » (L 56). Bien qu’interrompu systématiquement par Don Juan, Monsieur Dimanche cherche pendant toute la scène à dire ce pourquoi il était venu ainsi on retrouve « j’étais venu… » (L 10), « je viens pour… » (L 23) de nouveau « je suis venu… » (L 27) ou encore « je venais… » (L 3).

 La relation Don Juan/Monsieur Dimanche :

 Bien que faisant des démonstrations d’amitié à Monsieur dimanche Don Juan en réalité le traite comme un valet   Lorsqu’il le reçoit,  Monsieur dimanche attendait depuis trois quarts d’heure.  Il impose sa volonté : « je veux que » (L 13) ou encore « je ne veux. » (L 17) de plus, il donne des ordres à l’impératif « asseyez-vous » (L 20) « mettez vous la » (L 22) il rejette toute négation de Monsieur dimanche «Point,point » (L 13) « non , non » (L 17) « je ne vous écoute point » (L 24). Don Juan interrompt systématiquement Monsieur dimanche on le voit aux points de suspension, ( ligne 10,16, 19,21, etc.) enfin il demande des nouvelles de chaque membre de la famille de manière très précise, Madame dimanche, Claudine et Colin et même du chien. Chaque fois que Monsieur Dimanche cherche à revenir au problème de la dette, Don Juan change de sujet. Monsieur Dimanche répond de manière très polie et respectueuses à chaque question qui lui est posée. 10 « cela n’est rien » (L8) « fort bien » (L 31) Il multiplie aussi les marques de servilité « je suis votre serviteur » (L 10) ou encore « je fais ce que vous voulez » (L 25) alors que Don Juan , lui,  fait mine de donner des marques d’amitié ainsi il dit « je ne veux point qu’on mette de différence entre nous deux » (L 17) ou « êtes-vous bien de mes amis ? » (L 47) enfin avec beaucoup de sarcasme il joue sur les mots lorsque il répond à Monsieur dimanche qui dit être honoré de sa bonté : et « cela sans intérêt » puisque l’allusion aux intérêts (que Don Juan devrait payer à Monsieur Dimanche) est tout à fait claire. Ainsi Don Juan mène le dialogue, il manipule Monsieur Dimanche, aussi bien moralement que physiquement, et le raccompagne sans que ce dernier ait pu ne serait-ce que demander le remboursement  du crédit qu’il a fait à Don Juan.

 La tactique de Don Juan

Le début de la scène est occupé par toutes les simagrées que fait Don Juan autour du fauteuil sur lequel il veut asseoir Monsieur Dimanche. On remarque que 14 répliques sont échangées à ce sujet jusqu’à ce que le marchand cède « je fais ce que vous voulez » (L 25) puis quand cette première diversion est terminée Don Juan met Monsieur Dimanche sous un feu de questions à propos de sa famille et fait des digressions sur des détails sans importance tels que le tambour du petit ou les aboiements du chien.

Tout le long de la scène il coupe la parole à son interlocuteur pour l’empêcher de formuler sa demande. Enfin il lui propose de souper avec lui afin de clore la discussion et de lui faire comprendre qu’il n’est plus l’heure de parler : la didascalie de la ligne 57 « se levant » montre que Don Juan ne laisse pas, une nouvelle fois, parler Monsieur Dimanche et le fait partir rapidement « vite un flambeau pour conduire Monsieur Dimanche » (L 57). Ainsi Don Juan est arrivé à faire raccompagner Monsieur Dimanche sans qu’il ait pu parler et tout en se montrant et soi-disant attentionné.

 

Questions envisageables :

En quoi peut-on dire que Don Juan domine ce dialogue ?

1) Don Juan manipule Monsieur Dimanche

2) Monsieur Dimanche se soumet à Don Juan

 Comment Don Juan empêche-t-il Monsieur Dimanche de lui réclamer son argent ?

1) en flattant Monsieur Dimanche

2) en l’empêchant de s’exprimer

 Pourquoi peut-on parler de manipulation ?

1) parce que Don Juan se moque de Monsieur Dimanche tout en faisant semblant de le flatter

2) parce qu’il empêche Monsieur Dimanche de réclamer son argent .

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